Le culte de la Liberté

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samedi 18 avril 2026

Analyse de la question palestinienne de l’Antiquité à 2006

 Il y a aujourd'hui beaucoup d'efforts pour changer l'histoire palestinienne. Cela va de pair avec une délégitimation d'Israël ou, au bas mot, avec une critique acerbe d'Israël. Cette analyse était écrite en 2006. Elle ne prend donc pas en compte les derniers vingt ans. Mais elle donne un résumé objectif de la situation.


La Palestine : un peuple ou un pays ?

L’idée d’un peuple palestinien est récente. C’est un mythe moderne, créé de toutes pièces depuis l’indépendance d’Israël en 1948 et dont le but est de servir de pendant au Sionisme. Bien que la solution de deux états pour en finir avec la lutte entre Juifs et Arabes ait été mentionnée avant 1948, il faut attendre les années ’90 pour que l’idée d’un état palestinien prenne forme. Historiquement pourtant, la Palestine est une région et non un état. Comme la Palestine n’a jamais été un état souverain, elle n’a jamais eu de capitale, de monnaie ou de langue spécifique. Elle n’a jamais été un pays d’accueil ethnique ou religieux pour les Arabes comme elle l’est pour les Juifs. Dans toute la longue histoire de ce pays il n’y a jamais eu un groupe qui s’est considéré comme “des Palestiniens”. Qui peut alors prétendre avoir eu des ancêtres palestiniens, enracinés profondément dans ce pays depuis des générations ? Pour répondre à cette question, il faut analyser l’histoire de cette région et des peuples qui y ont habité.

L’antiquité

Le premier groupe qui a habité durablement dans le pays était le peuple d’Israël. Depuis presque 1500 avant Jésus-Christ jusqu’à l’an 70 de notre ère, Israël a survécu à plusieurs occupants, à savoir les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs et les Romains. Malgré ces invasions et une captivité, les Israélites se sont rétablis comme peuple, meurtri mais vivant.

Vers 960 avant Christ :

Construction du premier temple à Jérusalem.

Vers 586 avant Christ :

Destruction du premier temple et captivité babylonienne.

Vers 536 avant Christ :

Retour des Juifs de Babylone.

Vers 520-515 avant Christ :

Construction du deuxième temple à Jérusalem.

Jérusalem et ce deuxième temple resteront à leur place jusqu’au premier siècle de notre ère. Mais en 70 AD, après avoir été investie par les Romains, suite à la Guerre des Juifs qui avait éclaté en 66, la Ville Sainte et le deuxième temple sont détruits. Le massacre et la destruction conduisent à la dispersion des Juifs à travers tout l’Empire romain.

Plus tard, sous l’empereur Hadrien au début du deuxième siècle, l’expulsion des Juifs hors d’Israël est devenue plus systématique. Suite à la résistance sans fin des Juifs contre la domination romaine, Hadrien mena une campagne acharnée pour ôter l’épine juive de l’Empire romain. Il y eut d’abord une tentative de briser la religion et la culture juive : la législation de la Tora fut interdite, le calendrier juif fut supprimé, les savants juifs furent exécutés et les ruines du Mont du Temple furent transformées en un lieu d’adoration des divinités romaines.

Après cela, Hadrien a encore étendu cette politique très dure. Il voulait effacer tous les liens historiques et religieux des Juifs avec leur pays. Le résultat fut la mort de plus de 500.000 Juifs. Au moins un millier de villages furent rasés.

Les noms Israël et Jérusalem furent enlevés des cartes géographiques. Hadrien donna à Jérusalem le nom d’Aelia Capitolina, renvoi à un de ses propres noms et au nom de Jupiter. Pour bonne mesure, le pays d’Israël reçut le nom de Palestine, nom de l’ancien peuple ennemi des Juifs, les Philistins.

Pourtant, il restait des communautés juives à Safed, à Tibériade, à Hébron et à Jérusalem, et de nombreuses petites communautés ailleurs dans le pays, preuve que la politique de nettoyage ethnique d’Hadrien a échouée. Leur survie et leur croissance témoignaient de la continuation de l’histoire juive du pays, témoignage ininterrompu depuis l’établissement de Jérusalem comme capitale d’Israël par le roi David vers 1000 avant Christ.

La domination musulmane et la persécution croissante en Europe

En l’an 637, Jérusalem fut conquise par les Arabes musulmans qui ont dominé le pays jusqu’au début des croisades en 1099. À cette époque, des Juifs ont combattu du côté des Arabo-musulmans pour défendre Jérusalem. Les croisés, avec le signe de la croix peint sur leurs boucliers, étaient sans pitié devant les populations juive et arabe.

En 1291, les Musulmans ont repris le contrôle de la région. Après avoir chassé les croisés, les Mamelouks y ont régné jusqu’en 1516. Bien que les Musulmans, comme les croisés avant eux, aient souvent fait preuve de cruauté à l’égard des Juifs, leur domination a été, dans l’ensemble, plus tolérante que celle des croisés.

Après la grande dispersion des Juifs dans tout l’empire romain, les communautés juives en Europe ont connu un grand essor. À tel point qu’au début du 13e siècle, les persécutions des Juifs reprirent. De nouveau, on bannit les Juifs de leurs maisons et de leurs communautés. C’était la conséquence de leur prospérité et de leur influence croissantes, mal vécues par beaucoup d’Européens. L’idée du Juif errant — sans lieu qui lui appartienne — s’est enracinée dans le sol fertile de l’Antisémitisme européen. Dans certains cas, les Juifs furent expulsés d’endroits où ils avaient vécu depuis mille ans. Ces persécutions européennes ont été la semence du Sionisme moderne et de la conviction que le pays d’Israël constituait l’unique patrie sûre pour les Juifs. L’histoire raconte les expulsions des Juifs d’Espagne et d’autres pays européens au 15e siècle, et les vagues de retour, d’Aliya, vers leur ancienne patrie historique. Cette tendance s’est poursuivie lorsque les Ottomans ont obtenu l’autorité sur la Palestine. Les Juifs continuaient à chercher un lieu sûr devant les persécutions et les expulsions en Europe chrétienne. Beaucoup se sont établis dans l’empire ottoman où ils pouvaient prospérer. Cette tendance d’immigration dans un empire ottoman aux apparences si tolérant a duré jusqu’au début du 19e siècle.

À la fin du 19e siècle, suite aux pogroms antisémites en Europe de l’Est et en Russie, de plus en plus de Juifs ont émigré vers la Palestine. Ils achetaient des terres aux propriétaires européens, turcs et arabes, souvent à des prix exorbitants. Ils asséchèrent les marécages, rendirent fertiles les déserts et bâtirent des villes. Le pays se mit à fleurir comme par le passé. Les Juifs s’établirent sur des terres délaissées et, par leur travail et leur persévérance, en firent un pays prospère, chose que les Arabes n’avaient jamais réussi. Mais cela attisait leur jalousie et leur fit craindre le Sionisme. Des tensions inévitables entre immigrants juifs et le monde arabe, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Palestine, enracinées dans des inimitiés séculaires, revinrent à la surface. Au fur et à mesure que le pays se développait, l’idée de la renaissance d’une identité juive nationale naissait dans la pensée sioniste. Ils voulaient réaliser ce qui n’avait jamais été qu’un rêve pour leurs ancêtres en Europe : créer un état juif dans le pays d’Israël, leur patrie.

Les nouvelles frontières au Moyen-Orient

Lorsqu’à la fin de la Première Guerre Mondiale, en 1918, les Ottomans avaient perdu leur empire, la Société des Nations remit l’avenir du Moyen-Orient entre les mains des puissances européennes. Comme en Europe, de nouvelles frontières furent tracées après la guerre. La Grande Bretagne obtint l’autorité sur la Palestine et accorda, du moins sur papier, une grande partie de cette région aux Juifs par la fameuse déclaration de Balfour de 1917. Après sa publication, les Juifs ont commencé ouvertement à y construire une patrie. La population arabe ne vit pas d’un bon œil l’idée du Sionisme et l’arrivée de toujours plus d’immigrants juifs, fuyants les persécutions en Europe. Une guérilla contre les Juifs en fut le résultat. Ce n’est pas très clair qui a tiré le premier, mais vers 1920, le pays était déchiré par des actes de guérilla, des milices populaires et des combats de rue des deux côtés. La tactique était très différente entre Juifs et Arabes. Du côté juif, l’Agence Juive et le Haganah s’efforçaient de limiter les actions des extrémistes sionistes, qui ont fini par être dissolus légalement. Par contre, les actes de terreur arabe contre les Juifs ne furent pas seulement tolérés, mais encouragés par les autorités et les gouvernements arabes.

Le Mufti de Jérusalem

Le dirigeant spirituel des Arabes en Palestine était le Mufti de Jérusalem, Hadj Amin al-Husseini. Il poussait à commettre des accrochages, des attentats à la bombe et des assassinats contre les Juifs. On le considéra comme un des fidèles d’Hitler et l’organisateur des SS bosniaques. Il se servait de Berlin comme base pour ses émissions de propagande pour les troupes islamiques qui combattaient pour les Nazis.

La solution à deux états

Suite aux mois de révolte et de terreur arabes, le ministre britannique Peel publia un rapport avec le conseil de diviser la Palestine en deux parties, un état juif et un état arabe. Les Juifs acceptèrent le rapport, parce qu’ils se rendaient compte que la collaboration dans le cadre d’une législation internationale était le seul moyen pour qu’un état juif soit reconnu. Les Arabes rejetèrent la proposition et, au lieu de préparer un gouvernement, investirent le présent comme l’avenir dans un effort d’élimination des Juifs afin d’obtenir un état par après. Cette erreur fatale doit être vue comme la cause principale de beaucoup de souffrance palestinienne/arabe aujourd’hui. Puisque la Grande Bretagne n’avait pu trouver une solution pacifique, elle transmit la question de l’avenir de la Palestine aux Nations Unies.

Le 29 novembre 1947, l’Assemblée Générale de l’ONU vota le projet d’une solution à deux états, l’un juif, l’autre arabe. Cette décision fut immédiatement rejetée par les Arabes qui déclenchèrent une attaque contre les localités juives de la terre disputée.

Le “Plan de partage” contenait un chapitre sur une union économique entre les deux nouveaux états. Le rejet de ce plan par les Arabes signifiait bien sûr aussi le rejet du volet économique.

Dans les jours et les semaines qui ont suivi le vote du Plan de partage de l’ONU en novembre 1947, beaucoup de Juifs périrent ou furent blessés dans de nombreuses attaques terroristes.

La naissance d’une nation

Le 14 mai 1948 fut proclamé, unilatéralement, l’indépendance d’Israël. Le 15 mai, le lendemain, six armées arabes envahirent l’état qui venait de naître. Israël s’est défendu et a réussi, non seulement à défendre ses frontières nouvelles, mais même à les étendre. Le monde vit avec étonnement comment ce jeune état juif a pu vaincre malgré des revers et survivre à une attaque organisée d’armées arabes largement supérieures en nombre et bien décidées à le détruire.

Le problème des réfugiés

Pour différentes raisons, avant le début de ce que nous connaissons aujourd’hui comme la guerre d’indépendance d’Israël, les Arabes ont commencé à quitter leurs villages pour se réfugier dans les pays limitrophes, la Jordanie, la Syrie et le Liban. On croyait dans les pays arabes que les Juifs si pauvrement équipés n’allaient pas faire long feu devant leurs ennemis et que les Arabes palestiniens retrouveraient alors leurs maisons. Mais les Arabes ont perdu la guerre et les Palestiniens réfugiés se sont retrouvés dans une situation sans issue. Il n’est pratiquement pas possible d’obtenir des chiffres exacts du nombre de Palestiniens devenus réfugiés par le conflit et la victoire inattendue d’Israël. Les estimations varient entre 600.000 et 750.000. Maintenant, des générations plus tard, il y en a plus de 4 millions. Leur niveau de vie est tout sauf enviable.

Ce qu’on oublie un peu facilement est que les Arabes qui ne sont pas partis en attendant la défaite d’Israël, sont ensuite devenus des citoyens à part entière de l’état d’Israël.

Ils sont aujourd’hui plus d’un million et ont leurs représentants dans le parlement démocratique d’Israël, la Knesset. Ils jouissent des mêmes droits civiques et économiques et d’autres avantages que les autres habitants d’Israël.

Ce qu’on oublie aussi, parfois volontairement, est qu’il y avait en même temps un autre problème de réfugiés, mais, contrairement au problème palestinien, celui-là a été résolu. En 1948, plus de 850.000 Juifs habitaient dans les pays arabes, souvent dans des communautés fondées au temps des Romains. À cause du conflit grandissant entre les Arabes et les Juifs, ils ont été forcés de fuir leurs maisons. Ils ont tout perdu, mais trouvèrent rapidement une nouvelle maison à l’intérieur des frontières d’Israël. Cela tranche avec les réfugiés arabes à qui les pays arabes ont refusé une solution semblable.

En 1949, un armistice fut signé entre Israël et les Arabes. Cela n’a pas débouché sur une paix durable. Tout au plus, cela a limité quelque peu les hostilités. En 1956, de nouvelles menaces avaient pour cause la fermeture par l’Égypte du Canal de Suez pour les bateaux israéliens ou à destination d’Israël. Cette menace a abouti au prochain conflit armé pendant lequel Israël a conquis la bande de Gaza et le Sinaï.

La guerre de Six Jours

Les années ’60 furent marquées par l’escalade des attaques terroristes arabes à travers les frontières égyptiennes et jordaniennes. Il y eut aussi des bombardements incessants à partir des hauteurs du Golan sur les villages agraires de la Galilée. La guerre éclata en juin 1967, lorsque les gouvernements syrien, iraquien, jordanien et saoudien, excités par l’Égypte, massaient leurs troupes aux frontières d’Israël. Les déclarations anti-israéliennes des leaders arabes et l’exigence de l’Égypte que les troupes de l’ONU se retirent du Sinaï, ont convaincu Israël que la guerre était inévitable. Pour garder l’initiative, les forces israéliennes ont décidé de frapper les premiers. Le résultat fut une victoire éclatante en six jours et une augmentation considérable du territoire.

Après six jours de combats intenses, Israël avait réussi à reconquérir les terres bibliques de Judée et de Samarie, Gaza et les hauteurs du Golan, ce qui fit enfin disparaître la menace permanente de bombardements sur les villages du Nord de la Galilée. Les bateaux israéliens pouvaient de nouveau passer librement par le détroit de Tirana. Et, bien plus important, Jérusalem, qui avait été occupée durant des siècles et qui avait été partagée entre la Jordanie et Israël, se retrouvait enfin réunie sous autorité israélienne.

Dans les décennies qui suivirent, Israël avait le défi difficile de transformer les victoires militaires en une paix durable, tout en étant continuellement soumis à des actes de terreur et à des bruits de guerre. À cela s’ajouta, avec une grande régularité, la pression internationale pour échanger des territoires contre une paix toujours hors atteinte.

En même temps, la situation des réfugiés palestiniens devenait brûlante. Leur vie devenait de plus en plus insupportable, souffrant d’un conflit qui s’était enlisé et d’un malaise économique. Par une aide financière et humanitaire, Israël s’est efforcé à améliorer leur qualité de vie. En contraste, l’aide des états arabes est restée bien maigre. Il faut noter qu’Israël a allégé le sort des réfugiés sans y avoir été obligé et sans pression internationale.

Le mythe palestinien

Après la Guerre de Six Jours de 1967, l’Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP) sous la conduite de Yasser Arafat a progressivement imposé son leadership sur les Arabes palestiniens. L’OLP avait pour but de détruire l’état juif et de créer un état palestinien à sa place. C’est en ce temps qu’est né le mythe d’un état palestinien. Il servait d’argument de propagande pour montrer que les Palestiniens étaient les propriétaires légitimes du territoire de la Palestine. Ils seraient les seuls habitants qui pouvaient se targuer d’un lien historique ininterrompu avec le pays, du moins, jusqu’au moment où l’agresseur, Israël, les en a chassés.

Les accords d’Oslo

En 1993 fut signé sur la pelouse devant la Maison Blanche à Washington un accord qui entrerait dans l’histoire sous le nom des Accords d’Oslo. Tandis que, mal à l’aise, le premier ministre Rabin prenait la main tendue de Yasser Arafat, les spectateurs émerveillés espéraient que cela aboutirait enfin à la paix. Ainsi, il n’est guère étonnant que les attentes fussent palpables en cette veille de Camp David II, pendant l’été de l’an 2000. Mais Yasser Arafat quitta la table des négociations pour lancer une nouvelle campagne de terreur contre Israël, mieux connue sous le nom de l’intifada. Les victimes étaient nombreuses des deux côtés. Quelqu’un a dit un jour : « Arafat ne rate jamais une occasion pour rater une occasion. »

Beaucoup de poètes palestiniens se sont lamentés de cette tragédie qui a transformé leur société d’un peuple paisible en une société qui glorifie l’enfant martyr qui sacrifie sa vie dans un bain de sang innocent.

La paix ?

Au Moyen-Orient, le statuquo ne dure jamais très longtemps. Le leadership de l’Autorité Palestinienne a changé. La mort de Yasser Arafat à Paris fin 2004 a conduit à une lutte pour le pouvoir. Des factions terroristes, comme le Hamas, se sont battues pour obtenir le contrôle de la population palestinienne. Le Hamas a pris beaucoup d’ampleur. Il est au pouvoir dans la bande de Gaza qu’Israël a quitté en 2005. Mais il n’y eut pas de paix. Chaque jour, des roquettes sont lancées sur Israël à partir de Gaza. Au Liban, la menace du Hezbollah est réelle. En 2006, dans une courte guerre, Israël a essayé, en vain, d’en finir avec cette menace de terreur. Depuis, une force internationale doit veiller à ce que la paix sur la frontière entre Israël et le Liban soit maintenue.

Entretemps, l’appel pour la paix dans cette région du monde ne faiblit pas. Les Etats-Unis et d’autres pays sont fatigués du problème palestinien. Réussira-t-on à trouver la paix ? Seul l’avenir nous le dira. Mais il est tristement clair que la guerre d’usure contre Israël, avec des morts et des blessés des deux côtés, ne montre aucun signe de fléchissement.

En fin de compte, et malgré tous les efforts pour établir la paix, seule la venue du Messie conduira à une paix véritable.

 

Chapitre 6 supplément dans l’étude Focus op Israel, Christenen voor Israel Educatief, Chai Press 2006.

Traduction : Egbert Egberts, 2025.


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