Le culte de la Liberté

Le culte de la Liberté

vendredi 7 juin 2019

Du bon usage des mots en politique


La campagne électorale et le début des négociations qui en est la conséquence logique a fait apparaître quelques mots politiques avec une fréquence assez importante. J’aimerais traiter ici de trois de ces mots : extrême droite, progressiste et démocratique.

Extrême droite :
Comment définir ce genre de mot ? L’usage en est souvent péjoratif. Il est essentiellement utilisé par ceux qui se considèrent comme les ennemis de l’extrême droite. Pourquoi en sont-ils les ennemis ? A cause du passé, bien sûr. Hitler et Mussolini ont passé par là. C’est pour cela que l’on parle de “peste brune”, rappel de la couleur des chemise des SA. L’extrême droite est donc avant tout l’héritière des mouvements fascistes et nazis des années 1930-1945. Traiter quelqu’un ou un parti d’extrême droite implique qu’il est infréquentable, facilement violent et fondamentalement opposé au respect de l’être humain.
Notre radio et télévision francophone, la RTBF, voulant expliquer le caractère irréductiblement extrême droite du Vlaams Belang, a cru nécessaire de le faire d’une manière surprenante. Le Belang est extrême droite, a-t-elle dit un soir au JT, parce qu’il est ouvertement opposé à l’avortement, à l’euthanasie et aux homosexuels. La conclusion qui s’impose est que, pour elle, ces valeurs sont donc typiquement celles de l’extrême droite.
Ce que l’on oublie un peu vite est que le non-respect de la vie humaine était justement une caractéristique typique du Nazisme. C’est lui qui va mettre en action à grande échelle un programme d’euthanasie. Et l’avortement ? Si les Nazis ont durci la législation contre l’avortement pour les femmes considérées comme supérieures, ils publient en même temps une circulaire secrète en 1934 aux Offices de la santé du peuple autorisant l’avortement pour les femmes si une “descendance héréditairement malade” était considérée comme prévisible. Le décret secret du 19 novembre 1940 a été plus loin en rendant obligatoire l’avortement pour les femmes “inférieures”.[1]
Cela est très intéressant ! En révélant que l’extrême droite propose une éthique opposée au Nazisme – je l’ignorais –, la RTBF nous rappelle, sans le dire, bien sûr, et sans le vouloir !, que les vrais héritiers du Nazisme, sur ce point, sont là où on ne croyait pas devoir les chercher ! On les trouve, entre autres, à gauche. Quand on appelle l’extrême droite fasciste et infréquentable, ce qui peut être vrai, on tait prudemment sa propre communion de pensée avec le Nazisme !
Ceci n’est pas pour dire que, donc, le Vlaams Belang est un parti au-delà de tout soupçon. Je l’ignore, comme la plupart des gens. Tout ce que je veux dire est que la RTBF a révélé, sans le vouloir, l’hypocrisie qui se cache derrière les mots “extrême droite”.

Progressiste :
Voici un autre adjectif qui mérite réflexion. Autant que le précédent est un mot péjoratif que l’on attribue seulement aux autres pour mieux les exclure, celui-ci est perçu comme entièrement positif et on ne se l’attribue qu’à soi-même ou à ses semblables. On mentionne cela si naturellement que l’on ne remarque même plus qu’on est en train de se donner un compliment, genre : nous sommes les seuls à travailler au progrès de la société.
Mais que veut dire être progressiste ? Wikipédia propose la définition suivante : Le progressisme est la volonté d’instaurer ou d’imposer un progrès social par des réformes ou par la violence en opposition au conservatisme. En tant que philosophie, le progressisme se fonde sur le progrès social et l’idée que les avancées en matière de science, technologie, développement économique et l’organisation sociale sont vitaux à l’amélioration de la condition humaine.
C’est une définition intéressante par son usage des mots à problème suivants : “s’imposer” et “par la violence” si besoin. Ce n’est donc pas une philosophie innocente ! Le même article en trace l’histoire : être progressiste devient le trait d’union de toutes les forces qui soutiennent l’URSS stalinienne, surtout après 1945. A l’ère de la division entre deux blocs, à l’époque de la guerre froide, le camp communiste se définit par “progressiste” par opposition au camp américain “réactionnaire”, “colonialiste” ou “néocolonialiste”, soumis à des “forces obscures”. En 1949 au moment du 70e anniversaire de Staline, Malenkov parlait du dictateur comme d’un “guide de l’humanité progressiste”.
Ce court détour par l’histoire est utile pour saisir le lien direct entre l’adjectif progressiste et le Stalinisme. Qui l’eut cru ? Nous sommes donc devant un courant de pensée caractérisée historiquement par la répression et la dictature. Le progrès de la société qu’il préconise n’est pas nécessairement ce que M. Tout-le-monde appellerait le progrès. C’est peut-être même le contraire.
Curieusement, ce que les progressistes, comme ceux de la RTBF, dénoncent comme étant typique de l’extrême droite correspond d’assez près à ce qui caractérise les forces progressistes : avoir une vision claire et impérialiste de l’avenir vers lequel on veut conduire l’humanité, malgré elle si besoin, et utiliser tous les moyens nécessaires pour y parvenir. C’est glaçant ! Et si les effets éthiques de cette philosophie dans le monde actuel sont une indication de l’avenir, il y a des soucis à se faire.

Démocratique :
Voici un adjectif surement sans problèmes ! Et pourtant ! Le mot est souvent utilisé tant par nos politiciens que par la RTBF. Mais l’usage en est étrange. Il est tantôt utilisé positivement – les partis démocratiques – tantôt de manière franchement négative : tel parti n’est pas démocratique. Nous avons donc dans le paysage politique belge des partis qui sont assez systématiquement traités de non-démocratiques. Du coup, il faut se poser quelques questions ! Qui détermine l’attribution des points en démocratie ? Que veut dire démocratique ? Quelles sont les conséquences d’une discrimination dans ce domaine ?
Commençons par le dictionnaire. Selon le Larousse, la démocratie est un :
·         Système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple.
·         Etat ayant ce type de gouvernement.
·         Système de rapports établis à l’intérieur d’une institution, d’un groupe, etc., où il est tenu compte, aux divers niveaux hiérarchiques, des avis de ceux qui ont à exécuter les tâches commandées.
Tout parti qui s’inscrit dans un processus dans lequel la souveraineté émane du peuple devrait être regardé comme démocratique. Bien sûr, un parti peut participer au jeu démocratique et s’en servir pour instaurer un régime absolutiste. Les exemples abondent, notamment aux extrêmes : les Nazis, les communistes et les islamistes. Il est clair que la participation à des élections dans ces cas n’exprima aucunement un désir de respecter la démocratie. Dans l’éventail des partis politiques belges, on peut suspecter un parti islamiste de nourrir ce genre d’idées.
Cependant, il est dans l’intention de la plupart des partis politiques d’instaurer un régime où la minorité n’aura qu’à accepter ce que dicte la majorité. Un gouvernement où les Ecolos auraient la liberté d’exécuter la totalité de leur programme, tout simplement parce qu’ils auraient obtenu une majorité absolue, serait une dictature pour beaucoup et, avant bien longtemps, pour presque tout le monde. La même chose vaut sans doute pour le PTB marxiste, et, peut-être, pour le Vlaams Belang (le peut-être du fait que ce parti est exclusivement régional. Il ne semble pas avoir de projet pour la Wallonie) Le fait qu’aucun parti n’obtient ce genre de majorité nous garde de bien de déboires peu démocratiques !
Qui peut se permettre d’attribuer les points en démocratie ? Tout d’abord, c’est toujours l’électeur qui a raison, même si cet électeur est flamand ! Tout parti qui est prêt à jouer le jeu politique mérite au moins le nom démocratique, même un parti qui voudrait abolir l’avortement. Si on nie cela on trahit son refus de la démocratie ! Après tout, l’avortement a été établi par un vote “démocratique” (les guillemets pour rappeler qu’une campagne orchestrée de désinformation massive a précédé ce vote. Sa valeur démocratique est donc quelque peu entachée). Il reste un fait, nié par beaucoup aujourd’hui, qu’un vote démocratique peut renverser une telle loi. Celui qui rejette cela, dévoile le dictateur qui sommeille en lui.
La RTBF s’arroge assez facilement le droit de distribuer les points. Par exemple, pendant la campagne électorale, elle a décidé de n’accorder aucun temps d’antenne au Parti Populaire. Elle a organisé un débat entre les présidents des six plus grands partis francophones. Comme au parlement fédéral précédent, il n’y avait que sept partis francophones, ce “six plus grands partis” (ça sonne joliment démocratique !) ne veut plus rien dire d’autre que : “Nous décidons d’exclure tel parti que nous n’apprécions pas.” Mais alors, on n’est plus en démocratie. On est en dictature. La même RTBF ajoute la blessure à l’insulte en mettant au JT, quelques jours plus tard, la démission du président du PP.
Mon seul point ici est de démontrer que le mot démocratie est d’un usage fort élastique. Il ne veut dès lors plus dire grand-chose.

L’extrême droite est, semble-t-il, opposée aux pratiques éthiques méprisables du Nazisme, là même où d’autres partis qui se félicitent de leur démocratie bon teint se dévoilent être les héritiers du Nazisme sur ces mêmes points.
Les partis progressistes se trouvent être les héritiers en ligne directe du Stalinisme qui a prouvé être une régression de premier ordre. Et si être progressiste est plus une tare qu’un label de qualité ?
La démocratie est à géométrie variable. Tout dépend. De quoi ? Trop souvent de l’orgueil de celui qui prétend être au-dessus de toute suspicion.
Le bon usage des mots en politique ? On n’est peut-être même pas encore au niveau CEB.



[1] Wikipédia : Eugénisme sous le régime nazi.


jeudi 2 mai 2019

Un anniversaire pénible

Entre le 9 et le 13 mai, le monde protestant célèbre un anniversaire pénible. Le 9 mai, il y a 400 ans eut lieu la dernière réunion du Synode de Dordrecht aux Pays-Bas. Il s’agissait d’une réunion des responsables des églises réformées de plusieurs pays européens. On y a défini la théologie réformée – héritière de Jean Calvin – en opposition aux thèses arminiennes. Encore aujourd’hui, la théologie réformée est fondée sur les décisions de ce Synode. Mais ce n’est pas là le point que je veux souligner ici. Voici ce que j’en écrivais dans mon livre Une “tulipe” peu ordinaire, le calvinisme en question, éditions Oasis 2016 :

Un synode national sera finalement convoqué le 13 novembre 1618 à Dordrecht. Il s’achève le 9 mai 1619. Le 14 janvier 1619, les délégués remontrants ou arminiens sont exclus des réunions. Ils n’y étaient pas vraiment des participants égaux, mais plutôt des accusés. Après leur condamnation, ils sont exclus de l’Eglise, 200 pasteurs sont exclus du ministère pastoral et les églises favorables à leurs doctrines sont fermées. Ils sont acculés à l’exil par les autorités politiques et fondent une fraternité remontrante à Anvers. Quatre jours après la fin du synode, le protecteur des arminiens, Oldenbarnevelt, grand pensionnaire de la république (nous dirions premier ministre) et conseiller des princes d’Orange, est décapité à La Haye. On n’échappe pas à l’impression que l’Inquisition était de retour …
Il y a un enchaînement troublant entre ces 9 et 13 mai 1619. Comme ce fut le cas pour l’Inquisition catholique, tant avant qu’après, la condamnation par le Synode de Dordt est suivie par l’exécution d’Oldenbarnevelt. Il a été “livré au bras séculier”, comme on dit, pour que le politique se salisse les mains et que les pasteurs synodaux puissent garder les leurs bien propres et lavées.

Peu importe qu’il fut officiellement exécuté pour trahison … imaginaire : il était, en fait, jugé essentiel d’extirper tout danger qu’une conviction en désaccord avec le Calvinisme synodal puisse encore lever sa tête. Alors, on bannit, on interdit, on discrédite, on met au ban et on fait tuer. Et cela en plein Protestantisme reconnu !

Ce n’était pas un accident regrettable mais, heureusement, exceptionnel. Cette intolérance grave, injurieuse, se retrouvait déjà chez Jean Calvin en personne. Non seulement dans le cas de la condamnation au bûcher de Michel Servet, que Calvin aurait pu empêcher d’un seul mot; non seulement dans sa guerre sans relâche contre Sébastien Castellion qui posait le problème du droit à l’opinion personnelle en matière de foi dans le nouveau régime réformée genevois [1]; mais encore par son opposition sans merci aux Anabaptistes. En écrivant au roi d’Angleterre, Henry VIII, Calvin recommandait que les anabaptistes soient brûlés pour servir d’exemple aux autres Anglais. Car, écrit-il, “il vaut mieux que deux ou trois soient brûlés que ne périssent des milliers en enfer”. L’une des raisons données pour l’exécution de Michel Servet en 1553 était son opposition au baptême des enfants. En défendant la décision de Calvin à l’égard de Servet, Théodore de Bèze écrit : “Il y a peu de villes de Suisse et d’Allemagne où l’on n’ait fait mourir des anabaptistes et à bon droit…”[2]

Le but de ces quelques lignes n’est pas de salir qui que ce soit. Mais le Protestantisme s’est trop indigné, à raison, contre l’Inquisition catholique pour ne pas admettre honnêtement que, du moins, le Calvinisme a un passé peu reluisant dans ce même domaine de l’intolérance et de la persécution religieuse.

J’ignore si on va célébrer cet anniversaire du Synode de Dordrecht. Puis-je suggérer qu’il n’y a rien à célébrer, mais qu’il y a plutôt à s’en lamenter, à avoir honte d’un tel christianisme et, peut-être, à s’en repentir ?



[1] On connaît de lui cette citation de son Traité des hérétiques : Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle”.
[2] Pour les sources, voir mon On n’apprendra plus la guerre, vers un pacifisme chrétien, à paraître aux éditions Oasis en 2019.

samedi 16 mars 2019

Une indignation à géométrie variable


Le drame d’hier à Christchurch en Nouvelle Zélande a soulevé une grande indignation. Cela est normal. Une vie humaine est sacrée :
“Et de même, de votre sang, qui est votre propre vie, je demanderai compte à toute bête et j’en demanderai compte à l’homme : à chacun je demanderai compte de la vie de son frère. Qui verse le sang de l’homme, par l’homme verra son sang versé; car à l’image de Dieu, Dieu a fait l’homme.” (Genèse 9.5-6 TOB)
Cependant, cette indignation – surtout occidentale – soulève une question inquiétante : Pourquoi s’indigne-t-on pour des morts musulmans dans une mosquée et ne s’indigne-t-on guère pour des morts dans des églises chrétiennes au Moyen-Orient, et cela à répétition ? Puis-je suggérer qu’une telle indignation sélective est immorale ?
Il y a quelque temps, pour les média déjà une éternité, on s’est indigné pour les Rohingyas musulmans de la Birmanie. Mais jamais on ne s’est inquiété de la persécution au moins aussi terrible des Karens de Birmanie. Parce que ceux-là sont chrétiens ? Avec un ami, nous avions envoyé images et rapports à la RTBF et à Euronews. Aucune réaction. Aucune pitié. Malgré la belle devise d’Euronews, “All views”, certains points de vue sont manifestement proscrits. Dans ce cas, l’indignation est immorale. Car elle est une forme de racisme.
Pour nos politiciens en campagne électorale, cette indignation est suspecte. L’infection électoraliste est trop endémique dans leur milieu pour que leurs belles phrases soient autre chose que du bla-bla-bla.
Tant que certains morts se comptent à l’unité et d’autres en milliers, l’indignation est immorale.
Tant qu’on comptabilise les morts palestiniens et qu’on tait les morts juifs, l’indignation est immorale.
Tant qu’on s’indigne devant des morts musulmans et qu’on oublie des morts chrétiens et juifs, cette indignation est immorale.
Tant qu’on verse des larmes de crocodile devant les morts de Christchurch et qu’on continue à soutenir des régimes tueurs de leurs propres compatriotes, comme l’Iran, l’Autorité palestinienne et la Chine, l’indignation est immorale.
Tant qu’on essuie une petite larme devant les 148 coups de fouet et les 10 ans de prison supplémentaires pour l’Iranienne Nasrin Sotoudeh, avocate des droits des femmes, et que l’on offre en même temps une place à l’Iran au sein du Comité pour la condition des femmes, une instance chargée de faire des propositions sur tous les types de violences faites aux femmes [1], l’indignation est immorale.
Je pourrais continuer. En est-il vraiment besoin ? L’indignation ne peut être partielle en s’accompagnant de l’indifférence morale la plus crasse. Elle ne peut se contenter d’un dosage homéopathique pour les causes dont on préfère ne rien savoir. A géométrie variable, l’indignation perd sa crédibilité et dévoile l’hypocrisie des indignés.
Triste.


samedi 16 février 2019

L’image la plus choquante du siècle ... jusqu’ici !


 
LES DERNIERS 5000 ANS – FORAGE GLACIAIRE AU GROENLAND (GISP2)
(Présentation Conférence de BRISBANE en Mai 2007)

Au milieu de toutes les démonstrations “pour la planète” et de tout le matraquage médiatique, voici l’image choc. Il s’agit des relevés d’une carotte glaciaire qui donne une indication des températures des derniers 5000 ans. Voici la légende :
Série d’isotopes oxygène/temps des derniers 5000 ans, GISP2, forage glaciaire au Groenland … La période chaude actuelle, fin 20e, début 21e siècle, représente le dernier d’un cycle millénial régulier de périodes chaudes semblables, marquées en vert. Cette période pourrait égaliser celle de la période chaude du Moyen-Age, mais elle n’a toujours pas atteint les températures des périodes chaudes romaine ou minoenne.
Pourquoi cette image est-elle révolutionnaire ? 
Parce qu’elle montre que l’influence humaine (= l’effet anthropique) sur le climat est négligeable. Il s’agit d’un cycle. Donc, toutes les mesures draconiennes que l’on voudrait imposer pour juguler le climat seront totalement sans effet sur le climat. Elles auront seulement un effet draconien sur l’humanité.

Aujourd’hui, on présente les choses selon l’illustration du stick de hockey : Par le moyen de cette illustration on prétend qu’il n’y a jamais eu de hausses de températures aussi dramatiques que de notre temps, et que la cause en est le CO2 produit par l’homme. Mais cette illustration est fausse. Bien sûr, on ne reprend plus cette illustration fausse, mais on présente pourtant les choses comme si elle était vraie. Autrement dit, on trompe le monde !

Sur ce stick de hockey, cf. l’article suivant : https://www.john-daly.com/hockey/hockey.htm.

Voir aussi, en anglais, la lettre ouverte de 100 scientifiques reconnus dans ce domaine au secrétaire générale de l’ONU : http://scienceandpublicpolicy.org/images/stories/papers/reprint/UN_open_letter.pdf

Un article plus technique, par un professeur à l’ULB, sur l’effet du CO2 sur le réchauffement climatique se trouve ici : http://www.science-climat-energie.be/2019/02/14/le-rechauffement-climatique-dorigine-anthropique/

En voici les conclusions (c’est moi qui accentue) :
De cet exposé on peut conclure que :
1° L’effet de serre, qui résulterait de la désactivation radiative (fluorescence) de molécules ayant absorbé une fraction du rayonnement thermique de la Terre, ne  peut exister au niveau des basses couches atmosphériques.
2° Au niveau des basses couches atmosphériques, les molécules ayant absorbé une fraction du rayonnement thermique de la Terre se désactivent par collisions avec les molécules environnantes principalement N2 et O2.
3° La conversion d’énergie de vibration des molécules de CO2 en énergie de translation des molécules environnantes ne modifie pas le bilan énergétique global de la Terre.
4° Le CO2 ne peut contribuer en aucune manière à un réchauffement ni de la surface terrestre ni des basses couches atmosphériques.
5° La théorie du réchauffement climatique d’origine anthropique basée sur l’existence d’un effet de serre n’a aucune justification ni théorique ni expérimentale.

Cela ne veut pas dire que le réchauffement est illusoire. Cela veut dire que l’homme n’y est pour rien. Voici une dernière graphique officielle sur l’état actuel de ce réchauffement :
Il semble possible d’en conclure que le pic est derrière nous. Mais là, il manque bien sûr du recul.







La conclusion ?
Ces questions sont beaucoup trop importantes pour les abandonner à des groupes de pression qui veulent semer la panique.



vendredi 1 février 2019

Réponse à la pétition “Plus d’ambitions climatiques”


 L'article suivant a été posté sur le site Science, climat et énergie. Dans la panique et la frénésie actuelles qui entourent les questions du climat, il est grand temps d'écouter ce que dit haut et fort la science. Il n'est pas trop tard de revenir à son bon sens. Mais il est grand temps.


Chers Collègues scientifiques signataires de la pétition (ici),
Vous avez signé une pétition en tant qu’académique scientifique. Tous les signataires le sont-ils ? Avez-vous remarqué des signataires qui n’ont pas existé ou qui sont décédés ? Trofik Lysenkom, inconnu sur Google, par contre Trofim Lysenko a bien existé (1898-1976) et reste de triste mémoire dans le monde scientifique. Outre cet aspect cocasse, il y a plus grave : en tant que signataires vous cautionnez que la science est dite (‘the science is settled’) et si tel est bien le cas alors vous ignorez de très nombreuses publications scientifiques, émanant de scientifiques de ‘haut vol’ qui montrent que le doute est permis, qu’il doit rester la règle en science, et que la climatologie ne se résume pas aux énoncés simplistes de la pétition (qui ne mentionne aucune références pour argumenter). Bien entendu vous avez peut-être lu des articles et vous vous êtes fait une opinion. Dans ce cas, vous avez exercé votre esprit critique et vous avez tout compris de la climatologie. Il n’y a donc plus de doute pour vous, et du fait de votre signature la science est effectivement dite. L’essentiel des politiques et médias, bien qu’ils n’aient pas une grande connaissance scientifique, pensent comme vous.
Dans cet article, qui se veut une ouverture au débat, nous allons donner notre point de vue aux questions qui ont suscité votre adhésion. Nous ne ferons pas de politique, notre site Science, Climat et Energie (SCE) ayant une vocation scientifique. Nous souhaitons cependant que ceux qui n’ont pas fait l’effort de lire la manière dont les publications sont validées par le GIEC aillent consulter le site du GIEC.
Vous l’aurez compris, la climatologie est une science jeune, fort complexe, et contrairement aux affirmations et ‘matraquages’ quotidiens, elle est loin d’être comprise.
Passons maintenant aux éléments factuels.
1. Le texte dit : “La terre se réchauffe. La température moyenne de la surface de la Terre a été augmentée d’environ 1°C (par rapport à la température moyenne entre 1850 et 1900).”
Un léger réchauffement est en effet observé, mais :
– Globalement, la température de l’atmosphère n’a augmenté que de 0,8°C en 138 ans. Cela fait 0,58°C en 100 ans. Ceci est parfaitement imperceptible. N’oubliez pas que la température peut varier de 15-20°C en une seule journée, au cours des saisons etc., et que toutes les espèces animales y compris l’homme sont bien adaptées à ces variations. En tant que scientifiques vérifiez par vous-même ici ;
– La température de la Terre à toujours varié. Au cours de l’Optimum Climatique Médiéval, vers l’an 1000, lorsqu’il n’y avait pas de voitures ni d’industries, la température moyenne de l’atmosphère était aussi chaude qu’actuellement, voire un peu plus. Ceci est montré par exemple par l’étude de Ge et al. (2017) [1] qui utilisent 28 proxies différents pour la température. Cette étude nous montre que la température n’augmente pas plus vite aujourd’hui que par le passé (voir ici). Rappelons que la courbe des températures de Mann et al. (1999) ou ‘courbe en crosse de hockey’ qui a servi de base aux travaux du GIEC dans le rapport 2001 s’est avérée fausse, car mathématiquement biaisée (ici). Cette courbe fut très médiatisée, notamment par Al Gore et fut à l’origine de la thématique du réchauffement climatique ;
2. Le texte dit: “Près de 100% du réchauffement observé est dû aux activités humaines.”
– Ceci est faux et nie les centaines d’articles scientifiques qui disent le contraire (une liste régulièrement mise à jour est disponible sur le site scientifique NoTricksZone, la plupart revus par des pairs : sélectionnez quelques articles au hasard et informez-vous). Les auteurs de cette phrase ne citent d’ailleurs aucune référence. Une équipe du CERN nous montre par exemple dans une publication récente dans Nature [2] que le réchauffement global peut être expliqué par l’interaction de rayons cosmiques avec l’atmosphère, ce qui fait varier la couverture nuageuse. Dans ce mécanisme le CO2 n’a aucun rôle. Voir ici. Notons que l’équipe de Svensmark (2017) propose d’autres mécanismes basés sur les rayons cosmiques, et tout comme dans le mécanisme proposé par Kirkby, le CO2 ne joue aucun rôle. Les dernières recherches de Svensmark sont publiées dans la revue Nature Communications ;
– Lorsqu’il y avait peu d’humains sur la planète, par exemple au cours d’un autre optimum, l’Optimum Climatique de l’Holocène (OCH), la température était plus élevée qu’actuellement. L’OCH est une période chaude allant environ de –9000 à –5000 ans (BP, Before Present). Au cours de l’OCH la température atteignait 4°C au niveau du Pôle Nord (avec probablement très peu de glace en été). Actuellement, en hiver (janvier), la température au Pôle Nord peut varier de −43 à −26 °C, pour une moyenne de −34 °C; la température moyenne d’été (juillet) du Pôle Nord se situe actuellement autour du point de congélation (0 °C). Durant l’OCH on atteignait jusque 9°C en Sibérie centrale [3]. Ceci est démontré par la découverte d’arbres fossiles dans la région ;
– Notons aussi que l’extension de la glace arctique semble suivre des cycles avec avancées dans les années ’40, encadrées de périodes de recul avant (années 1910) et après (années 1970). Ici aussi la cyclicité n’est pas encore bien comprise (ici). A nouveau les extrapolations sont délicates, pour preuve, c’est par exemple Al Gore (et le GIEC) qui en 2007, lorsqu’il reçut le Prix Nobel de la Paix a annoncé que dans 10 ans toute la glace arctique aurait disparu, et sans doute même, avant en 2013 (ici). Il prédit également d’autres événements qui ne n’ont pas été réalisés (ici) ;
3. Le texte dit : “Le seul réchauffement actuel de 1°C entraîne déjà une augmentation de l’occurrence et de l’intensité des extrêmes climatiques tels que les canicules, les sécheresses ou encore les inondations. Plus la terre se réchauffe, plus de tels phénomènes auront lieu. Un réchauffement au-delà des 2°C signifierait que la Nature elle-même se mette à libérer des gaz à effets de serre renforçant de fait le réchauffement climatique. Un effet boule de neige en somme, duquel découlent des températures encore plus élevées”.
– Ceci est faux et démontré par plusieurs études scientifiques. Par exemple celle de Kelly (2016) qui nous montre que le climat était plus extrême dans la première moitié du 20e Siècle. Les rapports annuels des compagnies d’assurances qui doivent dédommager les sinistrés vous le démontrent également. Par exemple, la compagnie AON, dans son “Annual Global Climate and Catastrophe Report” nous montre qu’il n’y a pas plus de cyclones tropicaux, toutes catégories confondues. Voir ici. Finalement, vous pouvez également consulter la “International Disaster Database” qui nous montre que le nombre de morts causés par le climat (inondations, sécheresses, tempêtes, feux, températures extrêmes) ne fait que chuter depuis 1920 (voir ici). Il faut être plus critiques et sur ce thème ne pas écouter les médias avides de catastrophisme ;
– Pour l’effet boule de neige, ceci est une vision simpliste qui découle de notre mauvaise connaissance des écosystèmes. L’étude de Koltz et al. (2018) [4] publiée dans les PNAS suggère même l’inverse. Ce que montrent Koltz et ses collaborateurs est que lorsque la toundra d’Alaska se réchauffe légèrement (de 1 à 2°C), ce n’est pas plus mais moins de matière organique qui est dégradée dans le sol… Et donc finalement moins de CO2 qui est produit ;
4. Le texte dit : “Il est essentiel de limiter le changement climatique et les mécanismes de rétroaction qui le renforcent. Pour limiter le réchauffement du climat à 2°C, les émissions de CO2 doivent avoir diminué d’environ 25% en 2030, et de 85% en 2050. Pour rester en-dessous d’un réchauffement de 1,5°C, les émissions nettes devraient être nulles en 2050. Afin d’y parvenir, il est impératif que des mesures politiques drastiques soient prises MAINTENANT. Plus on attend pour réduire les émissions, plus lourds seront les efforts à fournir pour maintenir le réchauffement (largement) en-dessous des 2°C”.
– La Terre n’est pas une chaudière que l’on peut régler avec un seul thermostat, en l’occurrence le CO2. La biosphère est bien plus complexe que cela! Toutes les prévisions mentionnées ci-dessus sont basées sur des modèles informatiques du GIEC comportant des centaines de paramètres différents. La nature n’est pas un modèle informatique et jusqu’à présent toutes les prédictions des modèles se sont avérées fausses (voir par exemple l’étude de Scafetta et al. 2017) ;
– Disons-le clairement : la théorie de l’effet de serre radiatif est très discutable et devrait être abandonnée. Effectivement, lorsque l’on confronte des données de terrain à la théorie on voit très souvent qu’elle ne fonctionne pas. Par exemple, au centre de vastes zones de millions de km2 situées en plein centre de tous les continents, aussi bien en Europe, en Asie, en Australie et en Amérique (voir ici). Un autre exemple : la théorie ne fonctionne pas lorsque l’on utilise les données fournies par les capteurs infra-rouges de la NOAA (stations SURFRAD). Voir ici ;
– En plus du fait que la théorie ne colle pas aux observations, il faut savoir que la théorie de l’effet de serre est également basée sur des concepts théoriques discutables : transferts de chaleur uniquement radiatifs, phénomène de ‘backradiation’, gaz considérés comme des corps noirs, etc. Les problèmes théoriques concernent notamment la loi de Stefan-Boltzmann (voir ici) et la réémission d’infra-rouges par le CO2 (voir ici);
– En 2018 plusieurs physiciens et chimistes ont clairement remis en cause la théorie de l’effet de serre dans des publications relues par les pairs. Quelques-unes de ces publications sont listées ci-dessous [5];
– Notons également que le taux de CO2 atmosphérique fut de plusieurs milliers de ppm au cours des temps géologiques depuis le Cambrien il y a 541 millions d’années (ici) et de plusieurs dizaines de milliers de ppm avant au cours du Précambrien, les valeurs étaient donc bien plus importantes que les ±410 ppm actuels ;
5. Le texte dit : “Les mesures politiques actuelles sont largement insuffisantes pour réduire les émissions de gaz à effets de serre. En effet, les émissions de CO2 ne cessent d’augmenter d’année en année à l’échelle mondiale alors qu’elles devraient déjà décroître. En outre, les mesures proposées ne soutiennent en rien une diminution drastique des émissions, que ce soit au niveau local, belge, européen ou mondial. Les propositions actuellement discutées mèneraient à un réchauffement de plus de 3°C de notre planète d’ici la fin du siècle. Bien que cela paraisse peu, les conséquences d’un tel réchauffement et leurs coûts seraient énormes”.
– Tout ceci est basé sur une théorie très discutable (l’effet de serre radiatif, voir point précédent), utilisée pour alimenter des modèles informatiques comportant de nombreux paramètres ajustables. L’informaticien prédit ce qu’il veut avec son modèle. La nature n’est pas un modèle informatique. Comme l’a souligné le physicien français Jacques Duran [6] les prévisions sur le futur de notre planète sont pour le moins hasardeuses car nous avons affaire à un énorme système d’équations différentielles à coefficients inconnus, non linéaires et couplées entre elles. Ces équations sont donc très difficiles à élucider. En plus, certaines de ces équations se comportent de manière chaotique, c’est-à-dire qu’elles sont très sensibles aux conditions initiales souvent inconnues. Le GIEC le reconnaît également (2001, p.774), il en résulte que la prédiction de l’évolution future du climat à long terme n’est pas possible ;
– Vivre et se déplacer, c’est émettre du CO2. Si vous voulez moins d’émissions de CO2, et plus aucune en 2050, il faut interdire les avions, les voitures, les centrales thermiques, les composts, et les chaudières au gaz. Bref, un grand bond en arrière ?
– Finalement, essayez un autre point de vue : et si l’augmentation de température était bénéfique? Grâce au CO2, la molécule qui permet la vie sur Terre nous vous le rappelons, un verdissement de la planète est actuellement observé comme démontré dans un article publié dans Nature Climate Change [7]. Les rendements agricoles sont augmentés par un taux de CO2 plus important : il a été démontré que la croissance de 156 espèces de plantes est stimulée en moyenne de 37% lorsque la concentration en CO2 de l’air est doublée (Cunniff et al. 2017) [8]. Il est également démontré que ce sont les périodes de froid qui tuent le plus d’êtres humains (Gasparrini et al. 2015).
Nous n’aborderons pas ici les points 6 et 7 qui sont nettement plus politiques, ils peuvent paraître louables mais sortent du domaine de la science sensu stricto.
La Science climatologique est loin d’être dite, les amalgames sont légions, il est temps qu’elle redevienne uniquement l’apanage des scientifiques. Le fossé entre le monde non scientifique et scientifique est beaucoup trop grand pour que le premier soit persuadé que la science est dite (ici).
Pour en revenir à ce qui a motivé cette mise au point par SCE, rappelons que ‘le climat’ n’en n’est pas à sa première pétition et qu’il est parfois intéressant de regarder de plus près les motivations des signataires (ici).

Notes
1. ADVANCES IN ATMOSPHERIC SCIENCES, VOL. 34, AUGUST 2017, 941–9512.  Kirkby et al. (2016) Ion-induced nucleation of pure biogenic particles. Nature 533:521-526.
2. Kirkby et al. (2016) Ion-induced nucleation of pure biogenic particles. Nature 533:521-526.
3. Koshkarova, V.L.; Koshkarov, A.D. (2004). “Regional signatures of changing landscape and climate of northern central Siberia in the Holocene”. Russian Geology and Geophysics. 45 (6): 672–685.
4 .Koltz AM, Classen AT, Wright JP (2018) Warming reverses top-down effects of predators on belowground ecosystem function in Arctic tundra.
5. Allmendinger T (2018) The Thermal Radiation of the Atmosphere and Its Role in the So-Called Greenhouse Effect. Atmospheric and Climate Sciences, 2018, 8, 212-234. – Fleming RJ (2018) An updated review about carbon dioxide and climate change. Environmental Earth Sciences, March 2018, 77:262. – Davis WJ et al (2018) The Antarctic Centennial Oscillation: A Natural Paleoclimate Cycle in the Southern Hemisphere That Influences Global Temperature. Climate 2018, 6(1), 3. – Holmes RI (2018) Thermal Enhancement on Planetary Bodies and the Relevance of the Molar Mass Version of the Ideal Gas Law to the Null Hypothesis of Climate Change. Earth Sciences 2018; 7(3): 107-123 – Antero Ollila, (2019) “Challenging the scientific basis of the Paris climate agreement”, International Journal of Climate Change Strategies and Management, Vol. 11 Issue: 1, pp.18-34. – Smirnov BM (2018) Collision and radiative processes in emission of atmospheric carbon dioxide. Journal of Physics D: Applied Physics, Volume 51, Number 21.
6. http://www.pensee-unique.fr/theses.html
7. Zhu Z. et al. 2016. Greening of the Earth and its drivers. Nature Climate Change 6, 791–795
8. Cunniff, J., Jones, G., Charles, M. and Osborne, C. 2017. Yield responses of wild C3 and C4 crop progenitors to subambient CO2: a test for the role of CO2 limitation in the origin of agriculture. Global Change Biology 23:380-393.



mercredi 2 janvier 2019

Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières

En bas de cet article, une mise à jour qui prouve ce que j'affirme.

Voici presqu’un mois qu’a été signé par une grande majorité d’états le Pacte mondial pour les migrations. J’avais été frappé à ce moment par deux choses : la répétition sans fin que ce pacte n’était pas légalement contraignant, et la difficulté de trouver le texte du Pacte. On a abondamment critiqué les gouvernements “populistes” – le mot ne veut rien dire – qui ont refusé de le signer, et les “progressistes” – toujours autoproclamés – ont pu faire étalage de leur largeur d’esprit en défendant bec et ongles ce Pacte. Comme ce texte est sans doute appelé à être transcrit dans la législation européenne, il n’est pas sans intérêt de le revisiter.
Avant cela, il est utile de corriger une confusion très répandue entre les mots migrant et réfugié. En critiquant ceux qui sont opposés au Pacte, on lance facilement l’accusation de manquer de compassion vis-à-vis des réfugiés. Il se fait qu’il n’y a pas vraiment beaucoup de divergences sur l’accueil des réfugiés. [1] Le Pacte ne se préoccupe que des migrants, ceux et celles qui, généralement, quittent leur pays pour des raisons économiques.
Le texte
Tout d’abord, voici où vous pouvez le retrouver afin de pouvoir le lire : http://undocs.org/fr/A/CONF.231/3
Le 19 décembre à l’ONU, ce texte a été approuvé par 152 états. Cinq états ont voté contre : Les Etats-Unis, la Hongrie, la République tchèque, la Pologne et Israël. Douze états se sont abstenus : l’Algérie, l’Australie, l’Autriche, la Bulgarie, le Chili, l’Italie, la Lettonie, la Libye, le Liechtenstein,  la Roumanie, le Singapour et la Suisse. 24 états n’ont pas participé au vote dont la Slovaquie, la République dominicaine, le Paraguay et l’Ukraine. [2]
Non contraignant
A deux reprises, le texte du Pacte répète ceci :
“Le présent Pacte mondial établit un cadre de coopération juridiquement non contraignant, qui repose sur les engagements convenus par les États Membres dans la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants.” (art. 7)
Et “Le Pacte mondial est un cadre de coopération juridiquement non contraignant créé en considération du fait qu’aucun État ne peut seul faire face aux migrations, compte tenu de la nature transnationale du phénomène. Porteur de coopération et de dialogue aux niveaux international, régional et bilatéral, le Pacte fait autorité de par sa nature consensuelle, sa crédibilité, l’appropriation collective dont il fait l’objet, sa mise en œuvre conjointe et ses mécanismes de suivi et d’examen” (art. 15b).
Dans la même veine, on cite aussi l’article 15c :
“Le Pacte mondial réaffirme le droit souverain des États de définir leurs politiques migratoires nationales et leur droit de gérer les migrations relevant de leur compétence, dans le respect du droit international.”
Si tel est le cas, on a bien sûr un peu de peine à comprendre les réticences de tant de pays ! En Belgique, le gouvernement est donc tombé pour ça ? Si le texte ne renferme que des suggestions, des “éventuellement”, des propositions et des souhaits, pourquoi autant de hargne contre ceux qui osent avoir des réticences ? Si tout cela n’est pas juridiquement contraignant, pourquoi la répétition, des dizaines de fois, de ce contraignant “Nous nous engageons …” ? Pourquoi alors dire à la fin, dans l’article 41 :
“Nous nous engageons à atteindre les objectifs du Pacte mondial et à honorer les engagements qui y sont pris, en accord avec notre vision et nos principes directeurs, en prenant des mesures concrètes à tous les niveaux pour favoriser des migrations sûres, ordonnées et régulières à toutes les étapes. Nous appliquerons le Pacte dans nos pays respectifs et aux niveaux régional et mondial, en tenant compte des différences entre la situation, les capacités et le niveau de développement de chaque pays ainsi que des politiques et priorités nationales.” ?
Cela n’est pas vraiment un langage non-contraignant. En Onuspeak, la langue onusienne, cela parle plutôt d’une contrainte.
Du bon ?
Ce texte contient pourtant beaucoup de bonnes choses ! Il suffit de parcourir les 23 objectifs pour s’en convaincre.
Ainsi, le 2e objectif concerne le besoin de “lutter contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine”. Ainsi, sous le point b, on propose d’ :
“Investir dans des programmes qui permettent aux États d’atteindre plus vite les objectifs de développement durable, afin d’éliminer les facteurs négatifs et problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine, ce qui passe notamment par l’éradication de la pauvreté, la sécurité alimentaire, l’éducation, une croissance économique profitant à tous, le développement d’infrastructures, le développement urbain et rural, la création d’emplois, le travail décent, l’égalité femmes-hommes et l’autonomisation des femmes et des filles, la résilience et la réduction des risques de catastrophe, l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs effets, la lutte contre les conséquences socio-économiques de toutes les formes de violence, le principe de non-discrimination, la primauté du droit et la bonne gouvernance, l’accès à la justice et la protection des droits de l’homme, ainsi que l’édification et la préservation de sociétés pacifiques et inclusives dotées d’institutions efficaces, transparentes et tenues de rendre des comptes”.
Malheureusement, rien n’est dit sur comment arriver à une bonne gouvernance, comment agir contre les dictateurs qui, avec des religions totalitaires, sont presque toujours les raisons principales derrière les migrations. Cela donne un peu l’impression qu’on veut faire beaucoup pour lutter contre les symptômes, et très peu pour agir sur les causes.
L’objectif 10 concerne le fait de “Prévenir, combattre et éliminer la traite de personnes dans le cadre des migrations internationales.” Le texte précise :
“Nous nous engageons à prendre des mesures législatives ou autres afin de prévenir, combattre et éliminer la traite des personnes dans le cadre des migrations internationales, en renforçant les capacités existantes et la coopération internationale aux fins des enquêtes, des poursuites et des sanctions, en décourageant la demande qui favorise l’exploitation puis la traite, et en mettant fin à l’impunité des réseaux de trafiquants. Nous nous engageons en outre à améliorer l’identification des migrants devenus victimes de traite ainsi que la protection et l’assistance qui leur sont offertes, s’agissant notamment des femmes et des enfants.”
De bonnes choses ? Bien sûr qu’il y en a ! Des choses où l’on voudrait bien voir dépasser le stade des vœux pieux et voir les autorités agir avec plus de fermeté contre la souffrance infligée aux gens, souvent par leurs propres gouvernements. Encourager et canaliser un vrai développement dans les pays moins favorisés en mettant un frein aux industries d’armement et leur commerce – un point totalement absent de ce Pacte –, en promouvant un enseignement de qualité pour que des dizaines de milliers d’étudiants n’aient pas le besoin de migrer pour trouver une formation adéquate, et en libérant l’ONU du poids mort des dictatures.
Qu’est-ce qui cloche alors ?
Le Pacte vise un monde sans frontières nationales et sans gouvernements nationaux. On rétorque à cela l’article 15c, cité plus haut, ou cette phrase de l’article 7 : Le Pacte “respecte la souveraineté des États et les obligations que leur fait le droit international.” Le problème est que le Pacte veut que les migrants puissent non seulement voyager et s’établir où ils veulent, mais que les états devraient leur faciliter les choses en leur permettant de choisir là où ils veulent aller vu les circonstances favorables dans tel ou tel pays de destination. Cela ressort, par exemple, de l’article 3a, où il est stipulé que les états qui accueillent les éventuels migrants doivent
“Mettre en ligne à l’échelle nationale et promouvoir un site Web centralisé et accessible au public qui offre des informations sur les options de migration régulière, comme les lois et politiques en matière d’immigration, les critères et formalités d’obtention, le coût et les modalités de conversion des visas, les critères d’obtention d’un permis de travail, le niveau de qualification professionnelle requis, les modalités d’évaluation des titres de compétences et les équivalences, les perspectives de formation et d’études et le coût de la vie et les conditions de vie dans certains pays, afin que les migrants puissent prendre des décisions informées”.
Cela doit donc se faire en aval du départ du candidat migrant. Mais on doit aussi lui rendre plus simple la route, art. 3c :
“Installer le long de certaines routes migratoires des points d’information pouvant orienter les migrants vers des services d’appui et de conseil adaptés aux enfants et sensibles à la problématique femmes-hommes, donnant la possibilité de communiquer avec des représentants consulaires du pays d’origine et mettant à disposition des renseignements utiles, notamment sur les droits de la personne et les libertés fondamentales, la protection et l’assistance souhaitables, les options et filières de migration régulière et les possibilités de retour, dans une langue comprise par la personne concernée”.
Il faut aussi que le nouveau migrant, une fois arrivé à sa destination choisie, puisse s’y sentir à l’aise. Art 16a : Les états doivent
“Promouvoir le respect mutuel des cultures, des traditions et des coutumes entre les communautés d’accueil et les migrants grâce à l’échange et à la mise en œuvre de pratiques optimales en matière de politiques, programmes et activités d’intégration, y compris en ce qui concerne les moyens de promouvoir l’acceptation de la diversité et de faciliter la cohésion sociale et l’inclusion”.
Ce qui peut y contribuer ? Art 16c :
“Appuyer les activités multiculturelles organisées autour du sport, de la musique, des arts, des festivals gastronomiques, du bénévolat et d’autres manifestations qui faciliteront la compréhension et l’appréciation mutuelles des cultures des migrants et des communautés de destination”.
L’objectif 17 indique un autre moyen important pour atteindre le but de ce meilleur des mondes.
“Éliminer toutes les formes de discrimination et encourager un débat public fondé sur l’analyse des faits afin de faire évoluer la manière dont les migrations sont perçues”.
Pour cela, 17a, il faut
“Adopter, appliquer et maintenir en vigueur des textes de loi qui répriment les infractions inspirées par la haine visant les migrants, simples ou aggravées, et former les fonctionnaires chargés de faire respecter la loi … pour qu’ils puissent constater, prévenir et combattre ce type d’infractions et les autres actes de violence visant les migrants”.
Cela aidera bien sûr si les états devaient “Permettre aux migrants et aux communautés de dénoncer …”. Après tout, rien de tel que la délation. Mais surtout, il faudra mieux éduquer les foules par une presse convenablement muselée, 17c :
“Promouvoir une information indépendante, objective et de qualité, y compris sur Internet [pense-t-on à la censure des réseaux sociaux ?], notamment en sensibilisant les professionnels des médias aux questions de migration et à la terminologie afférente, en instituant des normes déontologiques pour le journalisme et la publicité et en cessant d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse”.
Si vous voulez que la presse dise ce que vous voulez qu’elle dise, achetez-la ! En plus, il ne faut pas oublier
“d’éliminer les pratiques de profilage racial, ethnique et religieux des migrants de la part des autorités, ainsi que les actes systématiques d’intolérance, de xénophobie, de racisme et de toutes les autres formes multiples et croisées de discrimination” (17d).
Alors, quoiqu’on puisse dire sur le respect des états, le but visé est un monde où le migrant est roi et où le citoyen des pays d’accueil est systématiquement écarté du processus. Pour lui, la meilleure chose à faire est de … migrer à son tour !
Des signataires surprenants
Parmi les pays signataires, il y a quelques surprises qui devraient nous inviter à bien réfléchir sur ce que nos gouvernements veulent à tout prix nous faire avaler.
Le Qatar est en voie de préparation des championnats mondiaux de foot. Pour cela, il (a) fait construire des stades avec le concours de migrants [3] esclaves. A moins que sa signature indique une conversion soudaine et radicale, voici comment ce pays comprend le Pacte sur les migrations !
L’Arabie saoudite refuse à tout migrant la pratique de sa religion si celle-ci est différente de l’Islam. Mais ce pays est signataire … de quoi, au juste ?
Dans la presque totalité des pays musulmans signataires, la foi chrétienne est sévèrement persécutée. Autrement dit, ces pays sont des pourvoyeurs, non pas de migrants, mais, pire, de réfugiés. Mais leur signature est aussi valable que celle des autres. Or, ces pays forment le bloc le plus puissant à l’ONU avec 57 pays membres …
La Chine est très en faveur des migrations … des Hans, la population majoritaire du pays, vers le Tibet. En fait, peut-être nulle part mieux qu’au Tibet peut-on étudier les effets du Pacte sur les migrations, et cela fait froid dans le dos.
Mais pourquoi ces pays ont-ils signé le Pacte ? Est-ce parce que c’est un exercice de communication à moindre frais ? Comme ce n’est pas contraignant, et comme personne n’ira jamais voir chez eux parce que personne ne s’y intéresse, ils peuvent signer tout ce qu’ils veulent sans en tenir compte, et cela sans conséquence. Le Pacte ne les vise pas tout simplement. Le Pacte semble plutôt viser les pays avec une tradition de culture judéo-chrétienne. Eux prendront ce Pacte au sérieux … pour leur propre perte.
Où partent les migrants, particulièrement africains, chassés de leurs pays par des dirigeants corrompus mais signataires du Pacte ? Aux pays arabes ? Pourtant, la Mer Rouge est nettement moins grande que la Méditerranée ! En Chine ? Au Mexique, qui a présenté le Pacte ? [4] La question peut être posée autrement : Quels pays paieront la presque totalité de la facture de ce drôle de Pacte ? Ces pays occidentaux où les gouvernements en font une lecture très différente des pays mentionnés plus haut. Pourquoi leurs dirigeants ne voient-ils pas plus clair ? Plus on y réfléchit, moins on aime les réponses.

Signer le Pacte onusien semble être une preuve de compassion. Mais est-ce vraiment le cas ? Permettez-moi d’en douter !

Je recommande les articles sur le Pacte des migrations parus sur Gatestone Institute. Voici les liens vers deux de ces articles : https://fr.gatestoneinstitute.org/13483/canada-pari-faustien et https://www.gatestoneinstitute.org/13263/un-migration-human-right.



[1] Une exception est peut-être l’Angleterre qui a toujours eu une politique très accueillante envers les migrants de son ancien empire, mais qui est plus que réticente à accueillir des réfugiés chrétiens de ces pays. Son premier ministre a refusé une demande d’asile d’Asia Bibi, faussement accusée de blasphème dans son pays, le Pakistan et déclarée innocente après avoir passée huit (!) ans en prison. La raison du refus : cela risquerait de créer des problèmes pour les diplomates britanniques au Pakistan … (https://www.thesun.co.uk/news/7826161/theresa-may-rejects-pleas-asia-bibi/).
[4] Avec la Suisse qui n’a pas signé le Pacte !

Et voici ce qu'on peut lire en mai 2019 :


Macron et Merkel ont caché la vérité sur le caractère contraignant du pacte sur les migrants, le pacte de Marrakech
Mai 22, 2019
On le savait, mais on en a maintenant la preuve. En signant le Pacte de Marrakech, Macron a menti au peuple français, le gouvernement a menti et les médias ont menti.
Il y a bien eu intention de cacher la vérité sur le caractère contraignant du pacte, contrairement aux dires du gouvernement.
C’est le gouvernement allemand qui l’a reconnu comme le dévoile le Tagesspiegel :
Le ministère a d’abord refusé de fournir des informations complémentaires sur le déroulement des cycles de négociation. En particulier, les concessions faites par la délégation allemande à d’autres partenaires de négociation n’ont pas été divulguées. Il a été dit que l’information ne serait communiquée aux médias que dans le cadre de discussions de fond et uniquement à titre confidentiel. Ce n’est qu’après une demande d’accès aux documents, en vertu de la liberté d’information, que le ministère a divulgué les rapports des délégations internes issus des cycles de négociations. Ceux-ci sont publiés en ligne par le Tagesspiegel.
Les documents montrent que les Etats membres de l’UE ont dû faire de nombreux compromis. Selon les rapports, l’une des raisons était les “exigences maximales” de certains pays qui voulaient rendre le traité juridiquement contraignant et parvenir à “une nette amélioration de la situation des migrants irréguliers”.
En France, pas un seul média n’a évoqué le sujet alors que les discussions ont duré plus d’un an ! C’est dire combien Macron est fiable et digne de confiance !
Réunions secrètes, discussions confidentielles, communication partielle, tout s’est fait volontairement dans le dos des peuples européens.
Non seulement ce Pacte est contraignant pour les Etats européens, mais il entend interdire aux citoyens de dénoncer les ravages de la submersion migratoire.
Ce Pacte qui impose une immigration de masse et accorde les mêmes droits aux clandestins qu’aux réfugiés, signe la mort de l’Europe. Voilà pourquoi Macron et les médias nous l’ont caché.
Ce pacte, c’est “Immigration no limit”.
Il fait disparaître le concept de clandestinité. Il exige la discrimination positive, favorise le regroupement familial et facilite les transferts d’argent”, pour Marine Le Pen.
Ce texte, prétendument non contraignant, “a bien une valeur juridique et engage tous les pays signataires qui devront le respecter”, ajoute-t-elle.
“Ce texte néfaste instaure un appel d’air mondial et une forme de droit international à la migration”, dit Eric Ciotti.
Il faudrait, au contraire, durcir la politique migratoire pour enrayer l’invasion.
Les flux illégaux ont augmenté de 174% en Espagne alors qu’ils ont baissé de 80% en Italie”, rappelle Brice Hortefeux.
C’est donc un signal catastrophique que Macron et Merkel ont envoyé à toute l’Afrique et à tout le Moyen-Orient.
La liste des pays qui jugent le pacte dangereux et qui ont refusé de se rendre au sommet de Marrakech pour le signer est longue.
En dehors des Etats-Unis, opposés au texte dès le début des discussions, ce sont la Hongrie, la Pologne, l’Autriche, l’Australie, la République tchèque, la Croatie, Israël, la Belgique et la Bulgarie qui disent non à l’invasion.
Ce pacte va livrer l’Europe à toute la misère du tiers-monde. L’avoir signé est un crime. Il suffit de le lire pour comprendre que Macron a bel et bien trahi le peuple français.