Le culte de la Liberté

Le culte de la Liberté

samedi 28 mars 2020

La pandémie et la Bible


La présente pandémie, peut-elle être liée de manière directe à la Bible ? La réponse doit être négative. Il y a un lien beaucoup plus général, et j’y reviendrai. Mais il n’est pas possible de conclure que, bibliquement, c’est le déclencheur de la fin. C’est un domaine dans lequel il faut rester très prudent, sans pour autant être naïf sur ce que cette pandémie pourrait avoir comme conséquences : un contrôle bien plus draconien de la population, une pression pour créer un gouvernement mondial et la tentation d’utiliser les mêmes pouvoirs devant d’autres crises, réelles ou perçues, comme le climat.
Y a-t-il un éclairage biblique sur cette pandémie ? La question n’est pas simple. Quel risque de raccourcis et d’impasses ! Ne faut-il pas mieux se cantonner à quelques leçons spirituelles et ne pas s’égarer dans les dédales d’une éventuelle fin de monde ? Derrière la question se pointe pourtant une autre : Qu’est-ce que Dieu cherche à nous dire à travers cette pandémie moderne ? Ce n’est pas la question : Pourquoi cela m’arrive-t-il à moi ? En général, cette question est inutile et sans réponse. Mais la question ici est : Pourquoi cela arrive-t-il à notre monde et en notre temps ?
Penser que Dieu ne parle pas à travers un tel événement revient quasiment à dire qu’il ne s’occupe pas de ce monde, qu’il en est absent. Non seulement, il tient ce monde en sa main, mais il nous a aussi donné des indications sur ce qui doit arriver avant le retour de Jésus. Et ce retour arrive ! A force d’avoir refoulé les questions prophétiques par peur de tomber dans de l’extrémisme, on a perdu la capacité de discerner les temps et d’oser conclure que nous sommes effectivement entrés en cette dernière partie de l’Histoire. La pandémie est peut-être le coup de clairon qui doit nous réveiller. Christ revient, et avant son retour, de temps difficiles arriveront.
Les signes des temps
En Matthieu 24, Jésus parle de la fin des temps. Il compare les choses qui doivent arriver aux douleurs de l’enfantement, 8. Celles-ci annoncent l’imminence de la naissance, mais ne permettent pas d’en planifier le calendrier. Ces signes se retrouvent également en Apocalypse 6 : la charge terrifiante des quatre cavaliers rappelle ainsi les paroles de Jésus en Matthieu 24.4-8. Voici ce qui est dit du quatrième cavalier (6.7,8) : Quand l’Agneau ouvrit le quatrième sceau, j’entendis la voix du quatrième être vivant dire : Viens ! Et je vis venir un cheval blême. Son cavalier s’appelle “La Mort” et il était suivi du séjour des morts. Il leur fut donné le pouvoir sur le quart de la terre de faire périr les hommes par l’épée, la famine, les épidémies et les bêtes féroces.
Cela suscite aujourd’hui une question d’incompréhension : Mais pourquoi Dieu ferait-il cela ? Quel Dieu cruel !
Vous voyez, dans un sens réel, la pandémie du Covid-19 est le premier événement “post-Dieu” de notre monde. Dans ces derniers 50 ans, la présence de Dieu a été balayée partout à un degré jamais vu. Il suffit de mentionner le Christ ou la Bible pour récolter un silence gêné. Ils ne représentent plus rien dans l’esprit des gens. Bien au contraire, s’il reste encore un lointain souvenir, il est désagréable. Nous n’avons plus besoin de Dieu et l’on s’est mis à “dédiviniser” et déchristianiser notre société. Tout ce que Dieu ordonne dans la Bible, on l’a renversé. Avortement et euthanasie ont désacralisé la vie, et ça continue avec effronterie jusqu’en pleine crise de corona. Le mariage est évidé de sa réalité originelle et la famille au sens traditionnel – père, mère et enfants – est rejetée comme schéma de base. Chacune de ces décisions a été comme un poing levé contre le ciel. Ne sommes-nous pas les maîtres de notre propre destin ?
Or, voilà que par la pandémie, Dieu se rappelle à notre bon souvenir ! C’est intolérable ! La fin du monde ? M’enfin ! Or, il faut bien le constater, mis à part l’une ou l’autre exception rare, rien ne semble perturber l’apostasie, le détournement massif de Dieu. Ce n’est pas que nous sommes entrés en un temps areligieux. C’est même le contraire. On ne communie plus à l’Eglise, on le fait bien plus dans les stades. Les écrans de jeux sont les lieux de culte de la nouvelle idolâtrie, tandis que les vieilles idolâtries reprennent du poil de la bête : argent, sexe et pouvoir.
Dieu s’est-il donc laissé exproprier ? En gentleman, a-t-il débarrassé le plancher ? Ou viendra-t-il “pour juger les vivants et les morts”, comme le proclame l’Eglise depuis bientôt 2.000 ans ?

On a déjà été là. Avant que l’Evangile ait pénétré notre monde au sens large, Dieu s’est préoccupé du peuple d’Israël. Il était en quelque sorte sa propriété privée dans ce monde. Le prophète Ezékiel décrit en des termes étonnamment actuels ce qui s’est passé lorsque ce peuple a fait ce que fait notre monde aujourd’hui :
L’Eternel m’adressa la parole et me dit : O toi, fils d’homme, voici ce que déclare le Seigneur, l’Eternel, au pays d’Israël : La fin est arrivée ! Aux quatre extrémités du pays, c’est la fin ! Oui, maintenant, c’en est fini de toi, car je vais déchaîner contre toi ma colère et je vais te juger pour ta conduite : je te ferai payer toutes tes abominations. Je n’aurai pas pour toi un regard de pitié, je serai sans merci, je te rétribuerai pour ta conduite, et, de tes abominations, tu resteras coupable; et vous reconnaîtrez que je suis l’Eternel.
Voici ce que vous dit le Seigneur, l’Eternel : Un malheur, oui un malheur sans pareil va survenir ! La fin arrive. C’est vrai, elle arrive la fin, c’en est fini de toi, la voilà qui arrive. La ruine vient pour toi, habitant du pays ! Oui, le moment arrive, le jour est proche. Voici : sur les montagnes, c’est la consternation au lieu des cris de joie. Maintenant, sans tarder, moi, je vais déverser ma colère sur toi, et j’irai jusqu’au bout de tout mon courroux contre toi. Oui, je te jugerai pour ta conduite, je te ferai payer toutes tes abominations. Je n’aurai pas pour toi un regard de pitié, je serai sans merci, je te rétribuerai pour ta conduite et, de tes abominations, tu resteras coupable, et vous reconnaîtrez que c’est moi, l’Eternel, qui vous aurai frappés.
Voici le jour ! Elle arrive la ruine ! Oui, elle se prépare, et le bâton qui va frapper fleurit, l’arrogance s’épanouit, la violence se dresse pour servir de bâton à la méchanceté. Il ne restera rien ni de ce peuple, de ces foules bruyantes, ni de tout son tumulte, ni de sa gloire.
Le temps arrive, le jour approche : que celui qui achète ne se réjouisse pas, et que celui qui vend ne se désole pas, car la colère plane sur toute cette foule, parce que le vendeur ne retrouvera pas ce qu’il avait vendu, même s’il demeurait au nombre des vivants. En effet, la vision concernant cette foule ne sera jamais révoquée : à cause de ses fautes, aucun d’eux ne pourra sauver sa vie. On sonnera du cor, et l’on se tiendra prêt, mais aucun n’ira au combat car ma colère menace cette foule.
Au dehors de la ville, c’est l’épée qui sévit, au dedans, c’est la peste et la famine. Celui qui est aux champs périra par l’épée, et celui qui est dans la ville, la peste et la famine le feront succomber. Si quelque rescapé parvient à s’échapper, il s’enfuira vers les montagnes tout comme les colombes des vallées. Et ils gémiront tous, chacun pour son péché.
Leurs mains pendront sans force et leurs genoux flageoleront. Ils porteront des habits de toile de sac et la frayeur les saisira, la honte se lira sur chacun des visages, toutes les têtes seront rasées. Ils jetteront dehors leur argent, dans les rues, et considéreront leur or comme souillé, car ni l’argent ni l’or ne pourront les sauver au jour de la colère de l’Eternel, ni apaiser leur faim; ils ne satisferont aucun de leurs désirs, car c’est l’argent et l’or qui les ont fait tomber dans le péché. Ils ont mis leur orgueil dans leurs parures magnifiques et ils s’en sont servis pour fabriquer des idoles abominables et exécrables. C’est pourquoi tout cela je le rendrai impur : je le donnerai à des étrangers pour qu’ils le pillent, comme butin aux méchants de la terre qui viendront souiller tout cela. Je détournerai d’eux ma face et l’on profanera le lieu que je chéris. Des brigands y pénétreront et le profaneront. Fabriquez-vous des chaînes, car le pays est plein de crimes, et la ville est remplie de violence. J’amènerai ici les pires des nations païennes pour prendre possession de leurs maisons. J’abattrai l’orgueil des puissants, leurs sanctuaires seront profanés.
Voici : la ruine vient, ils chercheront la paix sans pouvoir la trouver. Désastre sur désastre viendront les submerger, il y aura un afflux incessant de mauvaises nouvelles. Ils solliciteront en vain quelque révélation de la part du prophète, la loi fera défaut au prêtre et les responsables du peuple seront dépourvus de conseil. Le roi prendra le deuil, et le prince sera vêtu des habits des temps de malheur, le peuple du pays aura les mains tremblantes. C’est d’après leur conduite que je les traiterai et je les jugerai selon ce qu’ils méritent, et ils reconnaîtront que je suis l’Eternel. (Ezékiel 7, version Semeur)

Dieu dit qu’il va falloir payer le prix des obscénités sans fin. Les factures se sont empilées et maintenant il faudra les régler. Il n’y a plus le temps de traîner, ou d’espérer en des temps meilleurs. Le temps de la prière est passé. C’est la fin et il faudra payer. Dieu frappe son peuple. L’épée, la peste et la famine vont faire leur besogne affreux. Il ne restera rien du peuple. C’est l’heure de la colère. Les jugements s’empilent. Tout échappatoire est fermé. Tout espoir que le bon vieux temps reviendra s’envole. C’est d’après leur conduite que Dieu les traitera et ils seront jugés selon ce qu’ils méritent, et ils reconnaîtront, enfin, que Dieu est Dieu.
Bien sûr, ce fut ainsi pour Israël. La fin annoncée par les prophètes est arrivée. On n’y avait plus cru. On était devenu un peuple non-croyant. Ceux qui osaient dire que le jugement viendrait, on les enfermait. “Ceci est ma vie et je fais ce que je veux !”
Sommes-nous là, au même point ? Y a-t-il des parallèles entre la fin de Jérusalem au temps d’Ezékiel et la fin de notre monde ? Sommes-nous allés trop loin et les douleurs nous ont-elles surpris ? Ou la prière saura-t-elle attendrir le cœur de Dieu pour qu’on puisse retourner au temps d’insouciance d’avant ?
L’envergure du désastre devrait pour le moins nous faire réfléchir. Le monde entier est grippé par le fléau, la vie s’est arrêtée et la sacro-sainte économie est en morceaux. Personne n’est capable de prédire ce qui arrivera, tout comme personne n’a vu venir. Oui, la pandémie partira. Toutes les pandémies viennent et repartent. Sera-ce une énième menace par laquelle Dieu avertit un monde devenu sourd ? Ou pire est-il à venir ? Tournera-t-on la page d’Apocalypse 6 pour que les fléaux de ce livre se déclenchent et que notre monde soit mené à l’abattoir ?
Personne ne peut le dire aujourd’hui. Mais nous sommes un certain nombre à pressentir que l’orage va éclater. Et que ferons-nous ?
Nous sommes si peu de chose. Un virus invisible à l’œil nu et la vie orgueilleuse de notre monde sans Dieu s’arrête. Saurons-nous saisir la leçon et revenir de notre folie suicidaire ? Y aura-t-il un retour à Dieu ?

Que faudrait-il faire ?
Que devait faire le fils prodigue (Luc 15.11-24) affamé au milieu des cochons dans une terre païenne ? Il devait revenir vers son père. Il devait avaler son orgueil et reconnaître qu’il avait choisi le chemin qui le conduirait à une mort certaine s’il s’obstinait dans son choix. Revenir. Changer totalement de point de vue. Voir autrement. Voir son père autrement.
L’intelligence de ce garçon était d’apprécier sa situation et de discerner la ruine totale dont il avait été l’architecte. J’étais aveugle, et maintenant je vois ! Il était mort et, maintenant, il est revenu à la vie.
Revenir à Dieu. Cela est rarement l’effet d’un mouvement de masse. Si on attend de suivre quelqu’un d’autre, on pourrait bien périr faute d’action décisive et urgente.
Revenir à Dieu. C’est reconnaître que Dieu est Dieu, et que notre sort est de notre fabrication. Dieu n’est pas le coupable et il n’est pas le gêneur d’une vie heureuse. Nous sommes coupables et les modèles que nous nous sommes choisis sont les gêneurs de notre avenir. Il faut donc revenir. Le retour en arrière après un faux choix est l’évidence du plus grand des progrès.
Mais revenir à Dieu est humiliant. Les mots “J’ai eu tort” sont parmi les plus durs à dire. Tant que notre situation n’est pas désespérée, nous refuserons de les prononcer.
Mais notre situation est désespérée et le jugement est à la porte. Nous aussi, nous devrons payer toute la pile de factures qui s’est accumulée dans notre vie. Et notre faillite spirituelle nous en rend incapables. Nous sommes perdus et nous le serons toujours plus.
Dieu a envoyé son Fils unique, Jésus. Il est le seul de toute l’humanité à avoir endossé toutes les factures de tous les hommes. Il a le pouvoir de redresser l’économie spirituelle ruineuse de notre vie. Il est mort sur la croix du Calvaire pour faire cela. Trois jours plus tard, il est revenu à la vie. Cela prouve indiscutablement la véracité de ses paroles.
Mais il faut revenir. Il faut venir à ce Jésus si nous voulons changer de destin et retrouver notre place dans la famille de Dieu. Nous avons besoin de son pardon. Il n’y a rien d’autre pour nous faire revivre. Rien d’autre pour éviter l’orage qui gronde. Car il gronde. Ezékiel 7 est en train de s’écrire pour notre monde.
Il faudra lui faire confiance. Il faudra lui dire cela, tout simplement. Ça s’appelle prier, parler à Dieu, pénétrer dans sa dimension et nous laisser inonder par son amour.
Il faut revenir même si personne d’autre ne le fait. Mieux vaut être seul et vivre que nombreux et périr.
Vous reviendrez ? Aujourd’hui encore ? Il est temps, grand temps.

E. Egberts
28 mars 2020

samedi 21 décembre 2019

La thèse "Don Quichotte"


Il n’y a pas de réchauffement climatique dû à l’activité humaine. 
L’argument scientifique n’a jamais été tranché en faveur des thèses écologistes. Bien au contraire, beaucoup de scientifiques impliqués dans ce domaine particulier sont plus que sceptiques devant l’affirmation écologiste. Sur le plan de l’histoire, la thèse d’un réchauffement dû à l’activité humaine est intenable.[1] Quand on dit que le débat est clos, on se trouve donc devant une conclusion totalitaire destinée à étouffer le débat.

Le combat contre un tel réchauffement climatique ressemble donc au combat de Don Quichotte contre les moulins-à-vent, sauf qu’ici on combat pour ces moulins. Le fait que la quasi-totalité des média et la grande majorité des politiques se sont laissé gagner par la panique créée par les écologistes n’est pas une preuve de la validité de leur thèse. C’est seulement une preuve supplémentaire qu’une minorité décidée peut renverser n’importe quelle majorité concernée seulement par sa popularité et son score dans les sondages. Une minorité décidée ? Saviez-vous qu’au début du 20me siècle, l’ensemble des communistes pouvait s’asseoir sur un canapé ?
Le fait que la thèse « Don Quichotte » ait eu gain de cause ne veut pas dire que tout ira donc pour le mieux. Quand l’idéologie réussit à s’emparer du pouvoir – médiatique, politique et judiciaire – il est temps de sérieusement s’inquiéter. Une telle idéologie, en général en dépit du bon sens, est annonce de mauvais temps. En voici un exemple.

L’idéologie eugéniste du 20e siècle
Au premier moitié du siècle précédent, l’idéologie eugéniste s’est imposée aux Etats-Unis. Ce domaine d’étude, dont le nom vient de l’expression grecque “bien né”, était consacré à la création d’une nouvelle race supérieure d’êtres humains. A l’époque, cette idée était plus que de la science-fiction; c’était une solution irréfutable à un problème largement reconnu. De 1890 à 1920, quelques 18 millions d’immigrants étaient arrivés sur les côtes de l’Amérique — des “luthériens allemands, des catholiques irlandais, des juifs russes, des orthodoxes slaves — en foule fatiguée, pauvre et grouillante, les uns après les autres.”[2] Voyant avec horreur le nombre croissant d’immigrants, l’élite sociale et économique d’Amérique vit sa domination menacée. La solution, évidemment, consistait à faire décroître le nombre d’enfants nés dans ces familles inférieures et à faire progresser celui des enfants nés dans la catégorie supérieure, les bien nés, les “eugéniques”. Ces efforts étaient soutenus par l’Académie national des sciences, l’Association américaine de médecine et le Conseil national de recherche. Il a été dit que si Jésus avait été vivant, il aurait soutenu cet effort.
La recherche, la législation, et la mise au pas de l’opinion publique ont continué pendant pratiquement un demi-siècle. Ceux qui s’opposaient à la théorie furent empêchés de se faire entendre. On les a traités de réactionnaires, aveugles devant la réalité, ou tout simplement d’ignares. Mais avec le recul, ce qui surprend, c’est que si peu de gens aient formulé des objections. Aujourd’hui, nous savons que cette théorie populaire, qui a reçu tant de soutien, n’était autre qu’une pseudoscience. La crise dont tout le monde dit qu’elle était réelle n’existait pas. Les actions entreprises au nom de la théorie étaient immorales et criminelles. En fin de compte, elles ont conduit des millions de gens à la mort.[3]

L’idéologie derrière la thèse « Don Quichotte » risque d’être aussi totalitaire et aussi catastrophique dans ses conséquences. Elle n’est accessible à aucun débat ou voix contraire, elle ne craint pas la manipulation à grande échelle et elle a bien probablement un agenda caché.[4] Elle ne sera jamais satisfaite. Pensez à ce qui vient de se passer aux Pays-Bas, pays par excellence du vélo. Des juges dictent maintenant au gouvernement ce qu’il doit faire ! Et vous pensez qu’on se limitera à mettre la population chez nous à vélo ? Non, une élite pourra tout se permettre et les autres seront réduits à l’esclavage vert.

Et tout ça sans réel fondement. Des milliards d’euros sont tout à coup, comme par miracle, disponibles pour atteindre un rêve vert irréel mais irréfutable. Car si le climat se remet à se refroidir, ce qu’il finira par faire de toute façon, on dira qu’ils ont eu raison. Et si ce refroidissement tarde, ils auront aussi raison. C’est cela l’idéologie. Vous ne pouvez pas perdre pour la simple raison que vous avez toujours raison. Mais ne vous faites aucune illusion. L’esclavage vert sera réel et terrifiant. L’idéologie a une méchante habitude d’ouvrir des centres de rééducation. L’eugénisme et le Communisme en sont des exemples récents et actuels. Leur règne a été, est encore en Chine et en Corée du Nord, celui de la terreur. L’idéologie verte ne sera pas différente de la variété brune ou rouge, pour la simple raison que c’est une idéologie et non une pensée rationnelle. Elle ne se bat pas contre des moulins-à-vent. Elle ne se bat que pour ses propres moulins et contre quiconque ose se mettre en travers de son chemin. Mais soyez tranquille : Cela ne se voit pas encore. Pour le moment, on est encore gentil. Tant qu’on écoute la jeunesse. Celle qui a peur. Une peur verte. « Et si vous ne faites pas ce que nous vous disons, … »




[1] En Belgique, le site http://www.science-climat-energie.be/ rassemble un grand nombre d’articles sur ces questions.
[2] Edwin BlackWar Against the Weak: Eugenics and America’s Campaign to Create a Master Race (New York: Four Walls Eight Windows, 2003), p. 22.
[3] Cf. Michael Crichton, State of fear (Etat d’urgence), New York: HarperCollins, 2004, 575-576 (Robert Laffont 2006). Sur l’eugénisme, voir sur mon site : http://www.croiretcomprendre.be/connaitre/consensus.htm.
[4] Cf. Drieu Godefridi, L’écologisme, nouveau totalitarisme ? Texquis 2019.

jeudi 24 octobre 2019

12 semaines ? 18 ?


Le parlement belge est en train de délibérer sur une éventuelle dépénalisation de l’avortement ou, si cela n’est pas encore possible, d’en augmenter le délai de 12 semaines à 18 semaines (ou plus), et de ramener le délai de réflexion de 6 jours à 48 heures. L’idée est de s’approcher davantage de la pratique dans les pays limitrophes. Pour rappel, la loi autorisant l’avortement date d’avril 1990 et elle a été modifiée en 2018, lorsqu’on a voté une dépénalisation partielle.
Puisqu’il s’agit d’une question d’éthique, on devrait pouvoir voter en son âme et conscience. Il faudrait profiter de l’absence d’un gouvernement et former une majorité progressiste autour de ce dossier.
La vraie question éthique a été tranchée en 1990. On se rappelle le refus du roi Baudouin de signer cette loi. Pourquoi était-ce la vraie question éthique ? Parce qu’on a enlevé à l’être humain en gestation sa protection juridique absolue. Avant, un avortement était considéré comme un meurtre : il tue un être humain. A partir de là, l’embryon ou le fœtus est devenu un amas de cellules dans le ventre de la maman. Il appartient à la femme, et à elle seule, de décider de ce qu’elle fait avec son corps, elle est “baas in eigen buik”, chef de son propre ventre.
Aujourd’hui, on invoque l’argument de la viabilité. Avant 18 semaines, l’enfant à naître n’est pas viable. Or, la viabilité est un concept flou. Par exemple, un astronaute qui sort de la station spatiale n’a aucune viabilité, à moins de porter un scaphandre encombrant. La station spatiale est comme un utérus dans lequel l’être humain est apte à vivre. Mais s’il sort sans sa couveuse de scaphandre, il n’a aucune viabilité. Il en est ainsi de l’embryon ou du fœtus. Hors de l’utérus protecteur, il n’est pas viable. Faut-il donc dire qu’on est une personne à partir du moment où l’on est viable ? Non, car la “viabilité” est toujours fonction de l’environnement, de la technologie à votre disposition et de votre capacité à en user efficacement. En plus, le concept de la viabilité nie une évidence : l’embryon ou le fœtus est en vie. Il n’est pas apte à vivre car il vit déjà. Il est déjà un être humain distinct de sa mère. Son capital génétique est fixé dès la conception et est très différent du capital génétique de sa mère. Il n’a pas nécessairement le même groupe sanguin. Son cœur ne bat pas au rythme de celui de sa mère, et il se met à battre dès la sixième semaine depuis la conception. Il est quelqu’un, et non quelque chose. Dans son environnement protégée il est parfaitement viable, tout comme l’astronaute dans son scaphandre.
Autrement dit, un avortement tue toujours quelqu’un. La vraie question éthique s’est donc posée en 1990. En légalisant l’avortement, on a décidé que jusqu’à un moment précis – ou flou – cet être humain n’est plus qu’un amas de cellule, une tumeur, une chose, selon le vocabulaire de la personne à qui vous parlez. Avec un tel raisonnement on débranchera donc quiconque tombe dans le coma ? S’il ne peut “vivre” que grâce à une machine, il n’est plus viable et, sur la base d’un raisonnement identique, on pourrait le supprimer ?
A quel moment, un être humain devient-il une personne ? Soyons plus précis. S’il n’est pas une personne à 12 semaines, le sera-t-il à 18 ? A 24 ? A terme ? A cette question, la réponse sera toujours mauvaise. Qu’est-ce qui constitue une personne ? Notre identité propre, liée à notre ADN, et la vie. Le corps ? Mais dès la fécondation, le corps commence. Après, il n’y a que croissance. Il n’y aura pas de déclic miraculeux ultérieur qui va faire démarrer la constitution de cette nouvelle personne. Ce qui veut dire qu’avorter à 12, à 18 ou à 24 semaines n’y change plus rien. On tue une personne.
La pression pour avorter plus tard n’aboutira jamais à une décision éthique. Cette décision avait déjà été prise. Désormais, il n’y a plus que de la politique. Aujourd’hui on propose 18 semaines, l’année prochaine peut-être 22 semaines et enfin, plus tard, neuf mois. Car on voudra repousser les limites toujours plus.
Et après l’avortement jusqu’au neuvième mois, on proposera l’infanticide. Impossible ? Non, cela a déjà été proposé. D’abord par Francis Crick, qui a découvert la double hélice de l’ADN avec Watson, et qui avait dit en son temps qu’un enfant ne devrait pas être considéré “humain” jusqu’à trois jours après la naissance. (1) Plus récemment, un juge canadien, afin de justifier l’acquittement d’une femme accusée d’avoir étranglé son bébé nouveau-né et de l’avoir jeté par-dessus une clôture, dit : “nous devrions avoir de la sympathie pour les demandes lourdes de la grossesse et de la naissance” et, comme l’exprime l’éthicien Peter Singer de Princeton, “il n’y a pas de distinction exacte entre le fœtus et le nouveau-né” (2). On a déjà parlé d’avortement post-naissance. Deux professionnels de l’éthique expliquent dans un article (“Avortement post-naissance : pourquoi le bébé devrait-il vivre ?”) qu’il n’y a pas de différence logique entre l’avortement d’un bébé avant la naissance et le meurtre d’un nouveau-né. Sauf qu’ils n’appellent pas cela un meurtre parce qu’ils ne croient pas que des nouveau-nés soient vraiment des personnes. (3) Les deux “éthiciens” raisonnent que des fœtus et des nouveau-nés devraient bénéficier de la même absence de protection. Selon eux, “être seulement humain n’est pas en soi une raison pour attribuer à quelqu’un un droit de vivre”. Seule “une vraie personne” possède un “droit de vivre”.
Le moment où nous nous permettons de devenir les arbitres de la question qui est humain et qui ne l’est pas, nous arrivons à la fin calamiteuse et inévitable. Une fois que l’on dit que la vie humaine n’est pas sacrée, le reste n’a plus d’importance.
Peu à peu, la politique rétrécit les frontières de la vie. Une fois que l’on a mis son pied dans l’embrasure de la porte de la vie, celle-ci sera forcée à s’ouvrir toujours plus. En retirant le droit à la vie à une partie croissante de l’humanité, on révèle la faillite de sa propre humanité. L’aboutissement de ce processus devrait nous inquiéter. Quand notre humanité dépend de la décision politique d’autres, l’implosion de la société approche à grands pas. Quand on dévore ses propres enfants, qui pourra encore dormir tranquille ? Qui sera le prochain à être déshumanisé ?

samedi 19 octobre 2019

On n'apprendra plus la guerre


Mon nouveau livre sur la guerre et l'attitude du chrétien

Présentation du livre :

Le chrétien peut-il prendre les armes ? Être évangélique, est-ce être pacifiste ?
Pour les chrétiens évangéliques que nous sommes, le pacifisme semble pécher par naïveté. La nature profonde de l’homme n’est pas pacifique. Offensez-le, volez lui ses biens, et la guerre éclate. L’homme est un loup pour l’homme : tôt ou tard, le fauve se réveille.
Du fait que le chrétien est devenu citoyen d’un autre royaume, sa citoyenneté ici-bas sera toujours compliquée. Il est devenu un étranger chez lui. Il s’est soumis à un autre Chef et à une autre Loi. Dans un monde toujours plus militariste, quelles en sont les implications ? Que dit la Bible ?
Est-il temps de réévaluer ce qu’enseigne le Nouveau Testament en constatant où ont mené les compromis sur cette question ?
Est-il temps de recouvrer notre héritage spirituel d’artisans de paix ?
Et la peine de mort dans tout cela ?

Pour en lire un extrait, cliquez ici.

Vous pouvez le commander aux Editions L'Oasis ou dans une librairie ou sur Amazon (le numéro ISBN est celui-ci : ISBN 978-2-36957-214-5).


vendredi 7 juin 2019

Du bon usage des mots en politique


La campagne électorale et le début des négociations qui en est la conséquence logique a fait apparaître quelques mots politiques avec une fréquence assez importante. J’aimerais traiter ici de trois de ces mots : extrême droite, progressiste et démocratique.

Extrême droite :
Comment définir ce genre de mot ? L’usage en est souvent péjoratif. Il est essentiellement utilisé par ceux qui se considèrent comme les ennemis de l’extrême droite. Pourquoi en sont-ils les ennemis ? A cause du passé, bien sûr. Hitler et Mussolini ont passé par là. C’est pour cela que l’on parle de “peste brune”, rappel de la couleur des chemise des SA. L’extrême droite est donc avant tout l’héritière des mouvements fascistes et nazis des années 1930-1945. Traiter quelqu’un ou un parti d’extrême droite implique qu’il est infréquentable, facilement violent et fondamentalement opposé au respect de l’être humain.
Notre radio et télévision francophone, la RTBF, voulant expliquer le caractère irréductiblement extrême droite du Vlaams Belang, a cru nécessaire de le faire d’une manière surprenante. Le Belang est extrême droite, a-t-elle dit un soir au JT, parce qu’il est ouvertement opposé à l’avortement, à l’euthanasie et aux homosexuels. La conclusion qui s’impose est que, pour elle, ces valeurs sont donc typiquement celles de l’extrême droite.
Ce que l’on oublie un peu vite est que le non-respect de la vie humaine était justement une caractéristique typique du Nazisme. C’est lui qui va mettre en action à grande échelle un programme d’euthanasie. Et l’avortement ? Si les Nazis ont durci la législation contre l’avortement pour les femmes considérées comme supérieures, ils publient en même temps une circulaire secrète en 1934 aux Offices de la santé du peuple autorisant l’avortement pour les femmes si une “descendance héréditairement malade” était considérée comme prévisible. Le décret secret du 19 novembre 1940 a été plus loin en rendant obligatoire l’avortement pour les femmes “inférieures”.[1]
Cela est très intéressant ! En révélant que l’extrême droite propose une éthique opposée au Nazisme – je l’ignorais –, la RTBF nous rappelle, sans le dire, bien sûr, et sans le vouloir !, que les vrais héritiers du Nazisme, sur ce point, sont là où on ne croyait pas devoir les chercher ! On les trouve, entre autres, à gauche. Quand on appelle l’extrême droite fasciste et infréquentable, ce qui peut être vrai, on tait prudemment sa propre communion de pensée avec le Nazisme !
Ceci n’est pas pour dire que, donc, le Vlaams Belang est un parti au-delà de tout soupçon. Je l’ignore, comme la plupart des gens. Tout ce que je veux dire est que la RTBF a révélé, sans le vouloir, l’hypocrisie qui se cache derrière les mots “extrême droite”.

Progressiste :
Voici un autre adjectif qui mérite réflexion. Autant que le précédent est un mot péjoratif que l’on attribue seulement aux autres pour mieux les exclure, celui-ci est perçu comme entièrement positif et on ne se l’attribue qu’à soi-même ou à ses semblables. On mentionne cela si naturellement que l’on ne remarque même plus qu’on est en train de se donner un compliment, genre : nous sommes les seuls à travailler au progrès de la société.
Mais que veut dire être progressiste ? Wikipédia propose la définition suivante : Le progressisme est la volonté d’instaurer ou d’imposer un progrès social par des réformes ou par la violence en opposition au conservatisme. En tant que philosophie, le progressisme se fonde sur le progrès social et l’idée que les avancées en matière de science, technologie, développement économique et l’organisation sociale sont vitaux à l’amélioration de la condition humaine.
C’est une définition intéressante par son usage des mots à problème suivants : “s’imposer” et “par la violence” si besoin. Ce n’est donc pas une philosophie innocente ! Le même article en trace l’histoire : être progressiste devient le trait d’union de toutes les forces qui soutiennent l’URSS stalinienne, surtout après 1945. A l’ère de la division entre deux blocs, à l’époque de la guerre froide, le camp communiste se définit par “progressiste” par opposition au camp américain “réactionnaire”, “colonialiste” ou “néocolonialiste”, soumis à des “forces obscures”. En 1949 au moment du 70e anniversaire de Staline, Malenkov parlait du dictateur comme d’un “guide de l’humanité progressiste”.
Ce court détour par l’histoire est utile pour saisir le lien direct entre l’adjectif progressiste et le Stalinisme. Qui l’eut cru ? Nous sommes donc devant un courant de pensée caractérisée historiquement par la répression et la dictature. Le progrès de la société qu’il préconise n’est pas nécessairement ce que M. Tout-le-monde appellerait le progrès. C’est peut-être même le contraire.
Curieusement, ce que les progressistes, comme ceux de la RTBF, dénoncent comme étant typique de l’extrême droite correspond d’assez près à ce qui caractérise les forces progressistes : avoir une vision claire et impérialiste de l’avenir vers lequel on veut conduire l’humanité, malgré elle si besoin, et utiliser tous les moyens nécessaires pour y parvenir. C’est glaçant ! Et si les effets éthiques de cette philosophie dans le monde actuel sont une indication de l’avenir, il y a des soucis à se faire.

Démocratique :
Voici un adjectif surement sans problèmes ! Et pourtant ! Le mot est souvent utilisé tant par nos politiciens que par la RTBF. Mais l’usage en est étrange. Il est tantôt utilisé positivement – les partis démocratiques – tantôt de manière franchement négative : tel parti n’est pas démocratique. Nous avons donc dans le paysage politique belge des partis qui sont assez systématiquement traités de non-démocratiques. Du coup, il faut se poser quelques questions ! Qui détermine l’attribution des points en démocratie ? Que veut dire démocratique ? Quelles sont les conséquences d’une discrimination dans ce domaine ?
Commençons par le dictionnaire. Selon le Larousse, la démocratie est un :
·         Système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple.
·         Etat ayant ce type de gouvernement.
·         Système de rapports établis à l’intérieur d’une institution, d’un groupe, etc., où il est tenu compte, aux divers niveaux hiérarchiques, des avis de ceux qui ont à exécuter les tâches commandées.
Tout parti qui s’inscrit dans un processus dans lequel la souveraineté émane du peuple devrait être regardé comme démocratique. Bien sûr, un parti peut participer au jeu démocratique et s’en servir pour instaurer un régime absolutiste. Les exemples abondent, notamment aux extrêmes : les Nazis, les communistes et les islamistes. Il est clair que la participation à des élections dans ces cas n’exprima aucunement un désir de respecter la démocratie. Dans l’éventail des partis politiques belges, on peut suspecter un parti islamiste de nourrir ce genre d’idées.
Cependant, il est dans l’intention de la plupart des partis politiques d’instaurer un régime où la minorité n’aura qu’à accepter ce que dicte la majorité. Un gouvernement où les Ecolos auraient la liberté d’exécuter la totalité de leur programme, tout simplement parce qu’ils auraient obtenu une majorité absolue, serait une dictature pour beaucoup et, avant bien longtemps, pour presque tout le monde. La même chose vaut sans doute pour le PTB marxiste, et, peut-être, pour le Vlaams Belang (le peut-être du fait que ce parti est exclusivement régional. Il ne semble pas avoir de projet pour la Wallonie) Le fait qu’aucun parti n’obtient ce genre de majorité nous garde de bien de déboires peu démocratiques !
Qui peut se permettre d’attribuer les points en démocratie ? Tout d’abord, c’est toujours l’électeur qui a raison, même si cet électeur est flamand ! Tout parti qui est prêt à jouer le jeu politique mérite au moins le nom démocratique, même un parti qui voudrait abolir l’avortement. Si on nie cela on trahit son refus de la démocratie ! Après tout, l’avortement a été établi par un vote “démocratique” (les guillemets pour rappeler qu’une campagne orchestrée de désinformation massive a précédé ce vote. Sa valeur démocratique est donc quelque peu entachée). Il reste un fait, nié par beaucoup aujourd’hui, qu’un vote démocratique peut renverser une telle loi. Celui qui rejette cela, dévoile le dictateur qui sommeille en lui.
La RTBF s’arroge assez facilement le droit de distribuer les points. Par exemple, pendant la campagne électorale, elle a décidé de n’accorder aucun temps d’antenne au Parti Populaire. Elle a organisé un débat entre les présidents des six plus grands partis francophones. Comme au parlement fédéral précédent, il n’y avait que sept partis francophones, ce “six plus grands partis” (ça sonne joliment démocratique !) ne veut plus rien dire d’autre que : “Nous décidons d’exclure tel parti que nous n’apprécions pas.” Mais alors, on n’est plus en démocratie. On est en dictature. La même RTBF ajoute la blessure à l’insulte en mettant au JT, quelques jours plus tard, la démission du président du PP.
Mon seul point ici est de démontrer que le mot démocratie est d’un usage fort élastique. Il ne veut dès lors plus dire grand-chose.

L’extrême droite est, semble-t-il, opposée aux pratiques éthiques méprisables du Nazisme, là même où d’autres partis qui se félicitent de leur démocratie bon teint se dévoilent être les héritiers du Nazisme sur ces mêmes points.
Les partis progressistes se trouvent être les héritiers en ligne directe du Stalinisme qui a prouvé être une régression de premier ordre. Et si être progressiste est plus une tare qu’un label de qualité ?
La démocratie est à géométrie variable. Tout dépend. De quoi ? Trop souvent de l’orgueil de celui qui prétend être au-dessus de toute suspicion.
Le bon usage des mots en politique ? On n’est peut-être même pas encore au niveau CEB.



[1] Wikipédia : Eugénisme sous le régime nazi.


jeudi 2 mai 2019

Un anniversaire pénible

Entre le 9 et le 13 mai, le monde protestant célèbre un anniversaire pénible. Le 9 mai, il y a 400 ans eut lieu la dernière réunion du Synode de Dordrecht aux Pays-Bas. Il s’agissait d’une réunion des responsables des églises réformées de plusieurs pays européens. On y a défini la théologie réformée – héritière de Jean Calvin – en opposition aux thèses arminiennes. Encore aujourd’hui, la théologie réformée est fondée sur les décisions de ce Synode. Mais ce n’est pas là le point que je veux souligner ici. Voici ce que j’en écrivais dans mon livre Une “tulipe” peu ordinaire, le calvinisme en question, éditions Oasis 2016 :

Un synode national sera finalement convoqué le 13 novembre 1618 à Dordrecht. Il s’achève le 9 mai 1619. Le 14 janvier 1619, les délégués remontrants ou arminiens sont exclus des réunions. Ils n’y étaient pas vraiment des participants égaux, mais plutôt des accusés. Après leur condamnation, ils sont exclus de l’Eglise, 200 pasteurs sont exclus du ministère pastoral et les églises favorables à leurs doctrines sont fermées. Ils sont acculés à l’exil par les autorités politiques et fondent une fraternité remontrante à Anvers. Quatre jours après la fin du synode, le protecteur des arminiens, Oldenbarnevelt, grand pensionnaire de la république (nous dirions premier ministre) et conseiller des princes d’Orange, est décapité à La Haye. On n’échappe pas à l’impression que l’Inquisition était de retour …
Il y a un enchaînement troublant entre ces 9 et 13 mai 1619. Comme ce fut le cas pour l’Inquisition catholique, tant avant qu’après, la condamnation par le Synode de Dordt est suivie par l’exécution d’Oldenbarnevelt. Il a été “livré au bras séculier”, comme on dit, pour que le politique se salisse les mains et que les pasteurs synodaux puissent garder les leurs bien propres et lavées.

Peu importe qu’il fut officiellement exécuté pour trahison … imaginaire : il était, en fait, jugé essentiel d’extirper tout danger qu’une conviction en désaccord avec le Calvinisme synodal puisse encore lever sa tête. Alors, on bannit, on interdit, on discrédite, on met au ban et on fait tuer. Et cela en plein Protestantisme reconnu !

Ce n’était pas un accident regrettable mais, heureusement, exceptionnel. Cette intolérance grave, injurieuse, se retrouvait déjà chez Jean Calvin en personne. Non seulement dans le cas de la condamnation au bûcher de Michel Servet, que Calvin aurait pu empêcher d’un seul mot; non seulement dans sa guerre sans relâche contre Sébastien Castellion qui posait le problème du droit à l’opinion personnelle en matière de foi dans le nouveau régime réformée genevois [1]; mais encore par son opposition sans merci aux Anabaptistes. En écrivant au roi d’Angleterre, Henry VIII, Calvin recommandait que les anabaptistes soient brûlés pour servir d’exemple aux autres Anglais. Car, écrit-il, “il vaut mieux que deux ou trois soient brûlés que ne périssent des milliers en enfer”. L’une des raisons données pour l’exécution de Michel Servet en 1553 était son opposition au baptême des enfants. En défendant la décision de Calvin à l’égard de Servet, Théodore de Bèze écrit : “Il y a peu de villes de Suisse et d’Allemagne où l’on n’ait fait mourir des anabaptistes et à bon droit…”[2]

Le but de ces quelques lignes n’est pas de salir qui que ce soit. Mais le Protestantisme s’est trop indigné, à raison, contre l’Inquisition catholique pour ne pas admettre honnêtement que, du moins, le Calvinisme a un passé peu reluisant dans ce même domaine de l’intolérance et de la persécution religieuse.

J’ignore si on va célébrer cet anniversaire du Synode de Dordrecht. Puis-je suggérer qu’il n’y a rien à célébrer, mais qu’il y a plutôt à s’en lamenter, à avoir honte d’un tel christianisme et, peut-être, à s’en repentir ?



[1] On connaît de lui cette citation de son Traité des hérétiques : Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle”.
[2] Pour les sources, voir mon On n’apprendra plus la guerre, vers un pacifisme chrétien, à paraître aux éditions Oasis en 2019.

samedi 16 mars 2019

Une indignation à géométrie variable


Le drame d’hier à Christchurch en Nouvelle Zélande a soulevé une grande indignation. Cela est normal. Une vie humaine est sacrée :
“Et de même, de votre sang, qui est votre propre vie, je demanderai compte à toute bête et j’en demanderai compte à l’homme : à chacun je demanderai compte de la vie de son frère. Qui verse le sang de l’homme, par l’homme verra son sang versé; car à l’image de Dieu, Dieu a fait l’homme.” (Genèse 9.5-6 TOB)
Cependant, cette indignation – surtout occidentale – soulève une question inquiétante : Pourquoi s’indigne-t-on pour des morts musulmans dans une mosquée et ne s’indigne-t-on guère pour des morts dans des églises chrétiennes au Moyen-Orient, et cela à répétition ? Puis-je suggérer qu’une telle indignation sélective est immorale ?
Il y a quelque temps, pour les média déjà une éternité, on s’est indigné pour les Rohingyas musulmans de la Birmanie. Mais jamais on ne s’est inquiété de la persécution au moins aussi terrible des Karens de Birmanie. Parce que ceux-là sont chrétiens ? Avec un ami, nous avions envoyé images et rapports à la RTBF et à Euronews. Aucune réaction. Aucune pitié. Malgré la belle devise d’Euronews, “All views”, certains points de vue sont manifestement proscrits. Dans ce cas, l’indignation est immorale. Car elle est une forme de racisme.
Pour nos politiciens en campagne électorale, cette indignation est suspecte. L’infection électoraliste est trop endémique dans leur milieu pour que leurs belles phrases soient autre chose que du bla-bla-bla.
Tant que certains morts se comptent à l’unité et d’autres en milliers, l’indignation est immorale.
Tant qu’on comptabilise les morts palestiniens et qu’on tait les morts juifs, l’indignation est immorale.
Tant qu’on s’indigne devant des morts musulmans et qu’on oublie des morts chrétiens et juifs, cette indignation est immorale.
Tant qu’on verse des larmes de crocodile devant les morts de Christchurch et qu’on continue à soutenir des régimes tueurs de leurs propres compatriotes, comme l’Iran, l’Autorité palestinienne et la Chine, l’indignation est immorale.
Tant qu’on essuie une petite larme devant les 148 coups de fouet et les 10 ans de prison supplémentaires pour l’Iranienne Nasrin Sotoudeh, avocate des droits des femmes, et que l’on offre en même temps une place à l’Iran au sein du Comité pour la condition des femmes, une instance chargée de faire des propositions sur tous les types de violences faites aux femmes [1], l’indignation est immorale.
Je pourrais continuer. En est-il vraiment besoin ? L’indignation ne peut être partielle en s’accompagnant de l’indifférence morale la plus crasse. Elle ne peut se contenter d’un dosage homéopathique pour les causes dont on préfère ne rien savoir. A géométrie variable, l’indignation perd sa crédibilité et dévoile l’hypocrisie des indignés.
Triste.