Le culte de la Liberté

Le culte de la Liberté

jeudi 24 octobre 2019

12 semaines ? 18 ?


Le parlement belge est en train de délibérer sur une éventuelle dépénalisation de l’avortement ou, si cela n’est pas encore possible, d’en augmenter le délai de 12 semaines à 18 semaines (ou plus), et de ramener le délai de réflexion de 6 jours à 48 heures. L’idée est de s’approcher davantage de la pratique dans les pays limitrophes. Pour rappel, la loi autorisant l’avortement date d’avril 1990 et elle a été modifiée en 2018, lorsqu’on a voté une dépénalisation partielle.
Puisqu’il s’agit d’une question d’éthique, on devrait pouvoir voter en son âme et conscience. Il faudrait profiter de l’absence d’un gouvernement et former une majorité progressiste autour de ce dossier.
La vraie question éthique a été tranchée en 1990. On se rappelle le refus du roi Baudouin de signer cette loi. Pourquoi était-ce la vraie question éthique ? Parce qu’on a enlevé à l’être humain en gestation sa protection juridique absolue. Avant, un avortement était considéré comme un meurtre : il tue un être humain. A partir de là, l’embryon ou le fœtus est devenu un amas de cellules dans le ventre de la maman. Il appartient à la femme, et à elle seule, de décider de ce qu’elle fait avec son corps, elle est “baas in eigen buik”, chef de son propre ventre.
Aujourd’hui, on invoque l’argument de la viabilité. Avant 18 semaines, l’enfant à naître n’est pas viable. Or, la viabilité est un concept flou. Par exemple, un astronaute qui sort de la station spatiale n’a aucune viabilité, à moins de porter un scaphandre encombrant. La station spatiale est comme un utérus dans lequel l’être humain est apte à vivre. Mais s’il sort sans sa couveuse de scaphandre, il n’a aucune viabilité. Il en est ainsi de l’embryon ou du fœtus. Hors de l’utérus protecteur, il n’est pas viable. Faut-il donc dire qu’on est une personne à partir du moment où l’on est viable ? Non, car la “viabilité” est toujours fonction de l’environnement, de la technologie à votre disposition et de votre capacité à en user efficacement. En plus, le concept de la viabilité nie une évidence : l’embryon ou le fœtus est en vie. Il n’est pas apte à vivre car il vit déjà. Il est déjà un être humain distinct de sa mère. Son capital génétique est fixé dès la conception et est très différent du capital génétique de sa mère. Il n’a pas nécessairement le même groupe sanguin. Son cœur ne bat pas au rythme de celui de sa mère, et il se met à battre dès la sixième semaine depuis la conception. Il est quelqu’un, et non quelque chose. Dans son environnement protégée il est parfaitement viable, tout comme l’astronaute dans son scaphandre.
Autrement dit, un avortement tue toujours quelqu’un. La vraie question éthique s’est donc posée en 1990. En légalisant l’avortement, on a décidé que jusqu’à un moment précis – ou flou – cet être humain n’est plus qu’un amas de cellule, une tumeur, une chose, selon le vocabulaire de la personne à qui vous parlez. Avec un tel raisonnement on débranchera donc quiconque tombe dans le coma ? S’il ne peut “vivre” que grâce à une machine, il n’est plus viable et, sur la base d’un raisonnement identique, on pourrait le supprimer ?
A quel moment, un être humain devient-il une personne ? Soyons plus précis. S’il n’est pas une personne à 12 semaines, le sera-t-il à 18 ? A 24 ? A terme ? A cette question, la réponse sera toujours mauvaise. Qu’est-ce qui constitue une personne ? Notre identité propre, liée à notre ADN, et la vie. Le corps ? Mais dès la fécondation, le corps commence. Après, il n’y a que croissance. Il n’y aura pas de déclic miraculeux ultérieur qui va faire démarrer la constitution de cette nouvelle personne. Ce qui veut dire qu’avorter à 12, à 18 ou à 24 semaines n’y change plus rien. On tue une personne.
La pression pour avorter plus tard n’aboutira jamais à une décision éthique. Cette décision avait déjà été prise. Désormais, il n’y a plus que de la politique. Aujourd’hui on propose 18 semaines, l’année prochaine peut-être 22 semaines et enfin, plus tard, neuf mois. Car on voudra repousser les limites toujours plus.
Et après l’avortement jusqu’au neuvième mois, on proposera l’infanticide. Impossible ? Non, cela a déjà été proposé. D’abord par Francis Crick, qui a découvert la double hélice de l’ADN avec Watson, et qui avait dit en son temps qu’un enfant ne devrait pas être considéré “humain” jusqu’à trois jours après la naissance. (1) Plus récemment, un juge canadien, afin de justifier l’acquittement d’une femme accusée d’avoir étranglé son bébé nouveau-né et de l’avoir jeté par-dessus une clôture, dit : “nous devrions avoir de la sympathie pour les demandes lourdes de la grossesse et de la naissance” et, comme l’exprime l’éthicien Peter Singer de Princeton, “il n’y a pas de distinction exacte entre le fœtus et le nouveau-né” (2). On a déjà parlé d’avortement post-naissance. Deux professionnels de l’éthique expliquent dans un article (“Avortement post-naissance : pourquoi le bébé devrait-il vivre ?”) qu’il n’y a pas de différence logique entre l’avortement d’un bébé avant la naissance et le meurtre d’un nouveau-né. Sauf qu’ils n’appellent pas cela un meurtre parce qu’ils ne croient pas que des nouveau-nés soient vraiment des personnes. (3) Les deux “éthiciens” raisonnent que des fœtus et des nouveau-nés devraient bénéficier de la même absence de protection. Selon eux, “être seulement humain n’est pas en soi une raison pour attribuer à quelqu’un un droit de vivre”. Seule “une vraie personne” possède un “droit de vivre”.
Le moment où nous nous permettons de devenir les arbitres de la question qui est humain et qui ne l’est pas, nous arrivons à la fin calamiteuse et inévitable. Une fois que l’on dit que la vie humaine n’est pas sacrée, le reste n’a plus d’importance.
Peu à peu, la politique rétrécit les frontières de la vie. Une fois que l’on a mis son pied dans l’embrasure de la porte de la vie, celle-ci sera forcée à s’ouvrir toujours plus. En retirant le droit à la vie à une partie croissante de l’humanité, on révèle la faillite de sa propre humanité. L’aboutissement de ce processus devrait nous inquiéter. Quand notre humanité dépend de la décision politique d’autres, l’implosion de la société approche à grands pas. Quand on dévore ses propres enfants, qui pourra encore dormir tranquille ? Qui sera le prochain à être déshumanisé ?

samedi 19 octobre 2019

On n'apprendra plus la guerre


Mon nouveau livre sur la guerre et l'attitude du chrétien

Présentation du livre :

Le chrétien peut-il prendre les armes ? Être évangélique, est-ce être pacifiste ?
Pour les chrétiens évangéliques que nous sommes, le pacifisme semble pécher par naïveté. La nature profonde de l’homme n’est pas pacifique. Offensez-le, volez lui ses biens, et la guerre éclate. L’homme est un loup pour l’homme : tôt ou tard, le fauve se réveille.
Du fait que le chrétien est devenu citoyen d’un autre royaume, sa citoyenneté ici-bas sera toujours compliquée. Il est devenu un étranger chez lui. Il s’est soumis à un autre Chef et à une autre Loi. Dans un monde toujours plus militariste, quelles en sont les implications ? Que dit la Bible ?
Est-il temps de réévaluer ce qu’enseigne le Nouveau Testament en constatant où ont mené les compromis sur cette question ?
Est-il temps de recouvrer notre héritage spirituel d’artisans de paix ?
Et la peine de mort dans tout cela ?

Pour en lire un extrait, cliquez ici.

Vous pouvez le commander aux Editions L'Oasis ou dans une librairie ou sur Amazon (le numéro ISBN est celui-ci : ISBN 978-2-36957-214-5).


vendredi 7 juin 2019

Du bon usage des mots en politique


La campagne électorale et le début des négociations qui en est la conséquence logique a fait apparaître quelques mots politiques avec une fréquence assez importante. J’aimerais traiter ici de trois de ces mots : extrême droite, progressiste et démocratique.

Extrême droite :
Comment définir ce genre de mot ? L’usage en est souvent péjoratif. Il est essentiellement utilisé par ceux qui se considèrent comme les ennemis de l’extrême droite. Pourquoi en sont-ils les ennemis ? A cause du passé, bien sûr. Hitler et Mussolini ont passé par là. C’est pour cela que l’on parle de “peste brune”, rappel de la couleur des chemise des SA. L’extrême droite est donc avant tout l’héritière des mouvements fascistes et nazis des années 1930-1945. Traiter quelqu’un ou un parti d’extrême droite implique qu’il est infréquentable, facilement violent et fondamentalement opposé au respect de l’être humain.
Notre radio et télévision francophone, la RTBF, voulant expliquer le caractère irréductiblement extrême droite du Vlaams Belang, a cru nécessaire de le faire d’une manière surprenante. Le Belang est extrême droite, a-t-elle dit un soir au JT, parce qu’il est ouvertement opposé à l’avortement, à l’euthanasie et aux homosexuels. La conclusion qui s’impose est que, pour elle, ces valeurs sont donc typiquement celles de l’extrême droite.
Ce que l’on oublie un peu vite est que le non-respect de la vie humaine était justement une caractéristique typique du Nazisme. C’est lui qui va mettre en action à grande échelle un programme d’euthanasie. Et l’avortement ? Si les Nazis ont durci la législation contre l’avortement pour les femmes considérées comme supérieures, ils publient en même temps une circulaire secrète en 1934 aux Offices de la santé du peuple autorisant l’avortement pour les femmes si une “descendance héréditairement malade” était considérée comme prévisible. Le décret secret du 19 novembre 1940 a été plus loin en rendant obligatoire l’avortement pour les femmes “inférieures”.[1]
Cela est très intéressant ! En révélant que l’extrême droite propose une éthique opposée au Nazisme – je l’ignorais –, la RTBF nous rappelle, sans le dire, bien sûr, et sans le vouloir !, que les vrais héritiers du Nazisme, sur ce point, sont là où on ne croyait pas devoir les chercher ! On les trouve, entre autres, à gauche. Quand on appelle l’extrême droite fasciste et infréquentable, ce qui peut être vrai, on tait prudemment sa propre communion de pensée avec le Nazisme !
Ceci n’est pas pour dire que, donc, le Vlaams Belang est un parti au-delà de tout soupçon. Je l’ignore, comme la plupart des gens. Tout ce que je veux dire est que la RTBF a révélé, sans le vouloir, l’hypocrisie qui se cache derrière les mots “extrême droite”.

Progressiste :
Voici un autre adjectif qui mérite réflexion. Autant que le précédent est un mot péjoratif que l’on attribue seulement aux autres pour mieux les exclure, celui-ci est perçu comme entièrement positif et on ne se l’attribue qu’à soi-même ou à ses semblables. On mentionne cela si naturellement que l’on ne remarque même plus qu’on est en train de se donner un compliment, genre : nous sommes les seuls à travailler au progrès de la société.
Mais que veut dire être progressiste ? Wikipédia propose la définition suivante : Le progressisme est la volonté d’instaurer ou d’imposer un progrès social par des réformes ou par la violence en opposition au conservatisme. En tant que philosophie, le progressisme se fonde sur le progrès social et l’idée que les avancées en matière de science, technologie, développement économique et l’organisation sociale sont vitaux à l’amélioration de la condition humaine.
C’est une définition intéressante par son usage des mots à problème suivants : “s’imposer” et “par la violence” si besoin. Ce n’est donc pas une philosophie innocente ! Le même article en trace l’histoire : être progressiste devient le trait d’union de toutes les forces qui soutiennent l’URSS stalinienne, surtout après 1945. A l’ère de la division entre deux blocs, à l’époque de la guerre froide, le camp communiste se définit par “progressiste” par opposition au camp américain “réactionnaire”, “colonialiste” ou “néocolonialiste”, soumis à des “forces obscures”. En 1949 au moment du 70e anniversaire de Staline, Malenkov parlait du dictateur comme d’un “guide de l’humanité progressiste”.
Ce court détour par l’histoire est utile pour saisir le lien direct entre l’adjectif progressiste et le Stalinisme. Qui l’eut cru ? Nous sommes donc devant un courant de pensée caractérisée historiquement par la répression et la dictature. Le progrès de la société qu’il préconise n’est pas nécessairement ce que M. Tout-le-monde appellerait le progrès. C’est peut-être même le contraire.
Curieusement, ce que les progressistes, comme ceux de la RTBF, dénoncent comme étant typique de l’extrême droite correspond d’assez près à ce qui caractérise les forces progressistes : avoir une vision claire et impérialiste de l’avenir vers lequel on veut conduire l’humanité, malgré elle si besoin, et utiliser tous les moyens nécessaires pour y parvenir. C’est glaçant ! Et si les effets éthiques de cette philosophie dans le monde actuel sont une indication de l’avenir, il y a des soucis à se faire.

Démocratique :
Voici un adjectif surement sans problèmes ! Et pourtant ! Le mot est souvent utilisé tant par nos politiciens que par la RTBF. Mais l’usage en est étrange. Il est tantôt utilisé positivement – les partis démocratiques – tantôt de manière franchement négative : tel parti n’est pas démocratique. Nous avons donc dans le paysage politique belge des partis qui sont assez systématiquement traités de non-démocratiques. Du coup, il faut se poser quelques questions ! Qui détermine l’attribution des points en démocratie ? Que veut dire démocratique ? Quelles sont les conséquences d’une discrimination dans ce domaine ?
Commençons par le dictionnaire. Selon le Larousse, la démocratie est un :
·         Système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple.
·         Etat ayant ce type de gouvernement.
·         Système de rapports établis à l’intérieur d’une institution, d’un groupe, etc., où il est tenu compte, aux divers niveaux hiérarchiques, des avis de ceux qui ont à exécuter les tâches commandées.
Tout parti qui s’inscrit dans un processus dans lequel la souveraineté émane du peuple devrait être regardé comme démocratique. Bien sûr, un parti peut participer au jeu démocratique et s’en servir pour instaurer un régime absolutiste. Les exemples abondent, notamment aux extrêmes : les Nazis, les communistes et les islamistes. Il est clair que la participation à des élections dans ces cas n’exprima aucunement un désir de respecter la démocratie. Dans l’éventail des partis politiques belges, on peut suspecter un parti islamiste de nourrir ce genre d’idées.
Cependant, il est dans l’intention de la plupart des partis politiques d’instaurer un régime où la minorité n’aura qu’à accepter ce que dicte la majorité. Un gouvernement où les Ecolos auraient la liberté d’exécuter la totalité de leur programme, tout simplement parce qu’ils auraient obtenu une majorité absolue, serait une dictature pour beaucoup et, avant bien longtemps, pour presque tout le monde. La même chose vaut sans doute pour le PTB marxiste, et, peut-être, pour le Vlaams Belang (le peut-être du fait que ce parti est exclusivement régional. Il ne semble pas avoir de projet pour la Wallonie) Le fait qu’aucun parti n’obtient ce genre de majorité nous garde de bien de déboires peu démocratiques !
Qui peut se permettre d’attribuer les points en démocratie ? Tout d’abord, c’est toujours l’électeur qui a raison, même si cet électeur est flamand ! Tout parti qui est prêt à jouer le jeu politique mérite au moins le nom démocratique, même un parti qui voudrait abolir l’avortement. Si on nie cela on trahit son refus de la démocratie ! Après tout, l’avortement a été établi par un vote “démocratique” (les guillemets pour rappeler qu’une campagne orchestrée de désinformation massive a précédé ce vote. Sa valeur démocratique est donc quelque peu entachée). Il reste un fait, nié par beaucoup aujourd’hui, qu’un vote démocratique peut renverser une telle loi. Celui qui rejette cela, dévoile le dictateur qui sommeille en lui.
La RTBF s’arroge assez facilement le droit de distribuer les points. Par exemple, pendant la campagne électorale, elle a décidé de n’accorder aucun temps d’antenne au Parti Populaire. Elle a organisé un débat entre les présidents des six plus grands partis francophones. Comme au parlement fédéral précédent, il n’y avait que sept partis francophones, ce “six plus grands partis” (ça sonne joliment démocratique !) ne veut plus rien dire d’autre que : “Nous décidons d’exclure tel parti que nous n’apprécions pas.” Mais alors, on n’est plus en démocratie. On est en dictature. La même RTBF ajoute la blessure à l’insulte en mettant au JT, quelques jours plus tard, la démission du président du PP.
Mon seul point ici est de démontrer que le mot démocratie est d’un usage fort élastique. Il ne veut dès lors plus dire grand-chose.

L’extrême droite est, semble-t-il, opposée aux pratiques éthiques méprisables du Nazisme, là même où d’autres partis qui se félicitent de leur démocratie bon teint se dévoilent être les héritiers du Nazisme sur ces mêmes points.
Les partis progressistes se trouvent être les héritiers en ligne directe du Stalinisme qui a prouvé être une régression de premier ordre. Et si être progressiste est plus une tare qu’un label de qualité ?
La démocratie est à géométrie variable. Tout dépend. De quoi ? Trop souvent de l’orgueil de celui qui prétend être au-dessus de toute suspicion.
Le bon usage des mots en politique ? On n’est peut-être même pas encore au niveau CEB.



[1] Wikipédia : Eugénisme sous le régime nazi.


jeudi 2 mai 2019

Un anniversaire pénible

Entre le 9 et le 13 mai, le monde protestant célèbre un anniversaire pénible. Le 9 mai, il y a 400 ans eut lieu la dernière réunion du Synode de Dordrecht aux Pays-Bas. Il s’agissait d’une réunion des responsables des églises réformées de plusieurs pays européens. On y a défini la théologie réformée – héritière de Jean Calvin – en opposition aux thèses arminiennes. Encore aujourd’hui, la théologie réformée est fondée sur les décisions de ce Synode. Mais ce n’est pas là le point que je veux souligner ici. Voici ce que j’en écrivais dans mon livre Une “tulipe” peu ordinaire, le calvinisme en question, éditions Oasis 2016 :

Un synode national sera finalement convoqué le 13 novembre 1618 à Dordrecht. Il s’achève le 9 mai 1619. Le 14 janvier 1619, les délégués remontrants ou arminiens sont exclus des réunions. Ils n’y étaient pas vraiment des participants égaux, mais plutôt des accusés. Après leur condamnation, ils sont exclus de l’Eglise, 200 pasteurs sont exclus du ministère pastoral et les églises favorables à leurs doctrines sont fermées. Ils sont acculés à l’exil par les autorités politiques et fondent une fraternité remontrante à Anvers. Quatre jours après la fin du synode, le protecteur des arminiens, Oldenbarnevelt, grand pensionnaire de la république (nous dirions premier ministre) et conseiller des princes d’Orange, est décapité à La Haye. On n’échappe pas à l’impression que l’Inquisition était de retour …
Il y a un enchaînement troublant entre ces 9 et 13 mai 1619. Comme ce fut le cas pour l’Inquisition catholique, tant avant qu’après, la condamnation par le Synode de Dordt est suivie par l’exécution d’Oldenbarnevelt. Il a été “livré au bras séculier”, comme on dit, pour que le politique se salisse les mains et que les pasteurs synodaux puissent garder les leurs bien propres et lavées.

Peu importe qu’il fut officiellement exécuté pour trahison … imaginaire : il était, en fait, jugé essentiel d’extirper tout danger qu’une conviction en désaccord avec le Calvinisme synodal puisse encore lever sa tête. Alors, on bannit, on interdit, on discrédite, on met au ban et on fait tuer. Et cela en plein Protestantisme reconnu !

Ce n’était pas un accident regrettable mais, heureusement, exceptionnel. Cette intolérance grave, injurieuse, se retrouvait déjà chez Jean Calvin en personne. Non seulement dans le cas de la condamnation au bûcher de Michel Servet, que Calvin aurait pu empêcher d’un seul mot; non seulement dans sa guerre sans relâche contre Sébastien Castellion qui posait le problème du droit à l’opinion personnelle en matière de foi dans le nouveau régime réformée genevois [1]; mais encore par son opposition sans merci aux Anabaptistes. En écrivant au roi d’Angleterre, Henry VIII, Calvin recommandait que les anabaptistes soient brûlés pour servir d’exemple aux autres Anglais. Car, écrit-il, “il vaut mieux que deux ou trois soient brûlés que ne périssent des milliers en enfer”. L’une des raisons données pour l’exécution de Michel Servet en 1553 était son opposition au baptême des enfants. En défendant la décision de Calvin à l’égard de Servet, Théodore de Bèze écrit : “Il y a peu de villes de Suisse et d’Allemagne où l’on n’ait fait mourir des anabaptistes et à bon droit…”[2]

Le but de ces quelques lignes n’est pas de salir qui que ce soit. Mais le Protestantisme s’est trop indigné, à raison, contre l’Inquisition catholique pour ne pas admettre honnêtement que, du moins, le Calvinisme a un passé peu reluisant dans ce même domaine de l’intolérance et de la persécution religieuse.

J’ignore si on va célébrer cet anniversaire du Synode de Dordrecht. Puis-je suggérer qu’il n’y a rien à célébrer, mais qu’il y a plutôt à s’en lamenter, à avoir honte d’un tel christianisme et, peut-être, à s’en repentir ?



[1] On connaît de lui cette citation de son Traité des hérétiques : Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle”.
[2] Pour les sources, voir mon On n’apprendra plus la guerre, vers un pacifisme chrétien, à paraître aux éditions Oasis en 2019.

samedi 16 mars 2019

Une indignation à géométrie variable


Le drame d’hier à Christchurch en Nouvelle Zélande a soulevé une grande indignation. Cela est normal. Une vie humaine est sacrée :
“Et de même, de votre sang, qui est votre propre vie, je demanderai compte à toute bête et j’en demanderai compte à l’homme : à chacun je demanderai compte de la vie de son frère. Qui verse le sang de l’homme, par l’homme verra son sang versé; car à l’image de Dieu, Dieu a fait l’homme.” (Genèse 9.5-6 TOB)
Cependant, cette indignation – surtout occidentale – soulève une question inquiétante : Pourquoi s’indigne-t-on pour des morts musulmans dans une mosquée et ne s’indigne-t-on guère pour des morts dans des églises chrétiennes au Moyen-Orient, et cela à répétition ? Puis-je suggérer qu’une telle indignation sélective est immorale ?
Il y a quelque temps, pour les média déjà une éternité, on s’est indigné pour les Rohingyas musulmans de la Birmanie. Mais jamais on ne s’est inquiété de la persécution au moins aussi terrible des Karens de Birmanie. Parce que ceux-là sont chrétiens ? Avec un ami, nous avions envoyé images et rapports à la RTBF et à Euronews. Aucune réaction. Aucune pitié. Malgré la belle devise d’Euronews, “All views”, certains points de vue sont manifestement proscrits. Dans ce cas, l’indignation est immorale. Car elle est une forme de racisme.
Pour nos politiciens en campagne électorale, cette indignation est suspecte. L’infection électoraliste est trop endémique dans leur milieu pour que leurs belles phrases soient autre chose que du bla-bla-bla.
Tant que certains morts se comptent à l’unité et d’autres en milliers, l’indignation est immorale.
Tant qu’on comptabilise les morts palestiniens et qu’on tait les morts juifs, l’indignation est immorale.
Tant qu’on s’indigne devant des morts musulmans et qu’on oublie des morts chrétiens et juifs, cette indignation est immorale.
Tant qu’on verse des larmes de crocodile devant les morts de Christchurch et qu’on continue à soutenir des régimes tueurs de leurs propres compatriotes, comme l’Iran, l’Autorité palestinienne et la Chine, l’indignation est immorale.
Tant qu’on essuie une petite larme devant les 148 coups de fouet et les 10 ans de prison supplémentaires pour l’Iranienne Nasrin Sotoudeh, avocate des droits des femmes, et que l’on offre en même temps une place à l’Iran au sein du Comité pour la condition des femmes, une instance chargée de faire des propositions sur tous les types de violences faites aux femmes [1], l’indignation est immorale.
Je pourrais continuer. En est-il vraiment besoin ? L’indignation ne peut être partielle en s’accompagnant de l’indifférence morale la plus crasse. Elle ne peut se contenter d’un dosage homéopathique pour les causes dont on préfère ne rien savoir. A géométrie variable, l’indignation perd sa crédibilité et dévoile l’hypocrisie des indignés.
Triste.


samedi 16 février 2019

L’image la plus choquante du siècle ... jusqu’ici !


 
LES DERNIERS 5000 ANS – FORAGE GLACIAIRE AU GROENLAND (GISP2)
(Présentation Conférence de BRISBANE en Mai 2007)

Au milieu de toutes les démonstrations “pour la planète” et de tout le matraquage médiatique, voici l’image choc. Il s’agit des relevés d’une carotte glaciaire qui donne une indication des températures des derniers 5000 ans. Voici la légende :
Série d’isotopes oxygène/temps des derniers 5000 ans, GISP2, forage glaciaire au Groenland … La période chaude actuelle, fin 20e, début 21e siècle, représente le dernier d’un cycle millénial régulier de périodes chaudes semblables, marquées en vert. Cette période pourrait égaliser celle de la période chaude du Moyen-Age, mais elle n’a toujours pas atteint les températures des périodes chaudes romaine ou minoenne.
Pourquoi cette image est-elle révolutionnaire ? 
Parce qu’elle montre que l’influence humaine (= l’effet anthropique) sur le climat est négligeable. Il s’agit d’un cycle. Donc, toutes les mesures draconiennes que l’on voudrait imposer pour juguler le climat seront totalement sans effet sur le climat. Elles auront seulement un effet draconien sur l’humanité.

Aujourd’hui, on présente les choses selon l’illustration du stick de hockey : Par le moyen de cette illustration on prétend qu’il n’y a jamais eu de hausses de températures aussi dramatiques que de notre temps, et que la cause en est le CO2 produit par l’homme. Mais cette illustration est fausse. Bien sûr, on ne reprend plus cette illustration fausse, mais on présente pourtant les choses comme si elle était vraie. Autrement dit, on trompe le monde !

Sur ce stick de hockey, cf. l’article suivant : https://www.john-daly.com/hockey/hockey.htm.

Voir aussi, en anglais, la lettre ouverte de 100 scientifiques reconnus dans ce domaine au secrétaire générale de l’ONU : http://scienceandpublicpolicy.org/images/stories/papers/reprint/UN_open_letter.pdf

Un article plus technique, par un professeur à l’ULB, sur l’effet du CO2 sur le réchauffement climatique se trouve ici : http://www.science-climat-energie.be/2019/02/14/le-rechauffement-climatique-dorigine-anthropique/

En voici les conclusions (c’est moi qui accentue) :
De cet exposé on peut conclure que :
1° L’effet de serre, qui résulterait de la désactivation radiative (fluorescence) de molécules ayant absorbé une fraction du rayonnement thermique de la Terre, ne  peut exister au niveau des basses couches atmosphériques.
2° Au niveau des basses couches atmosphériques, les molécules ayant absorbé une fraction du rayonnement thermique de la Terre se désactivent par collisions avec les molécules environnantes principalement N2 et O2.
3° La conversion d’énergie de vibration des molécules de CO2 en énergie de translation des molécules environnantes ne modifie pas le bilan énergétique global de la Terre.
4° Le CO2 ne peut contribuer en aucune manière à un réchauffement ni de la surface terrestre ni des basses couches atmosphériques.
5° La théorie du réchauffement climatique d’origine anthropique basée sur l’existence d’un effet de serre n’a aucune justification ni théorique ni expérimentale.

Cela ne veut pas dire que le réchauffement est illusoire. Cela veut dire que l’homme n’y est pour rien. Voici une dernière graphique officielle sur l’état actuel de ce réchauffement :
Il semble possible d’en conclure que le pic est derrière nous. Mais là, il manque bien sûr du recul.







La conclusion ?
Ces questions sont beaucoup trop importantes pour les abandonner à des groupes de pression qui veulent semer la panique.



vendredi 1 février 2019

Réponse à la pétition “Plus d’ambitions climatiques”


 L'article suivant a été posté sur le site Science, climat et énergie. Dans la panique et la frénésie actuelles qui entourent les questions du climat, il est grand temps d'écouter ce que dit haut et fort la science. Il n'est pas trop tard de revenir à son bon sens. Mais il est grand temps.


Chers Collègues scientifiques signataires de la pétition (ici),
Vous avez signé une pétition en tant qu’académique scientifique. Tous les signataires le sont-ils ? Avez-vous remarqué des signataires qui n’ont pas existé ou qui sont décédés ? Trofik Lysenkom, inconnu sur Google, par contre Trofim Lysenko a bien existé (1898-1976) et reste de triste mémoire dans le monde scientifique. Outre cet aspect cocasse, il y a plus grave : en tant que signataires vous cautionnez que la science est dite (‘the science is settled’) et si tel est bien le cas alors vous ignorez de très nombreuses publications scientifiques, émanant de scientifiques de ‘haut vol’ qui montrent que le doute est permis, qu’il doit rester la règle en science, et que la climatologie ne se résume pas aux énoncés simplistes de la pétition (qui ne mentionne aucune références pour argumenter). Bien entendu vous avez peut-être lu des articles et vous vous êtes fait une opinion. Dans ce cas, vous avez exercé votre esprit critique et vous avez tout compris de la climatologie. Il n’y a donc plus de doute pour vous, et du fait de votre signature la science est effectivement dite. L’essentiel des politiques et médias, bien qu’ils n’aient pas une grande connaissance scientifique, pensent comme vous.
Dans cet article, qui se veut une ouverture au débat, nous allons donner notre point de vue aux questions qui ont suscité votre adhésion. Nous ne ferons pas de politique, notre site Science, Climat et Energie (SCE) ayant une vocation scientifique. Nous souhaitons cependant que ceux qui n’ont pas fait l’effort de lire la manière dont les publications sont validées par le GIEC aillent consulter le site du GIEC.
Vous l’aurez compris, la climatologie est une science jeune, fort complexe, et contrairement aux affirmations et ‘matraquages’ quotidiens, elle est loin d’être comprise.
Passons maintenant aux éléments factuels.
1. Le texte dit : “La terre se réchauffe. La température moyenne de la surface de la Terre a été augmentée d’environ 1°C (par rapport à la température moyenne entre 1850 et 1900).”
Un léger réchauffement est en effet observé, mais :
– Globalement, la température de l’atmosphère n’a augmenté que de 0,8°C en 138 ans. Cela fait 0,58°C en 100 ans. Ceci est parfaitement imperceptible. N’oubliez pas que la température peut varier de 15-20°C en une seule journée, au cours des saisons etc., et que toutes les espèces animales y compris l’homme sont bien adaptées à ces variations. En tant que scientifiques vérifiez par vous-même ici ;
– La température de la Terre à toujours varié. Au cours de l’Optimum Climatique Médiéval, vers l’an 1000, lorsqu’il n’y avait pas de voitures ni d’industries, la température moyenne de l’atmosphère était aussi chaude qu’actuellement, voire un peu plus. Ceci est montré par exemple par l’étude de Ge et al. (2017) [1] qui utilisent 28 proxies différents pour la température. Cette étude nous montre que la température n’augmente pas plus vite aujourd’hui que par le passé (voir ici). Rappelons que la courbe des températures de Mann et al. (1999) ou ‘courbe en crosse de hockey’ qui a servi de base aux travaux du GIEC dans le rapport 2001 s’est avérée fausse, car mathématiquement biaisée (ici). Cette courbe fut très médiatisée, notamment par Al Gore et fut à l’origine de la thématique du réchauffement climatique ;
2. Le texte dit: “Près de 100% du réchauffement observé est dû aux activités humaines.”
– Ceci est faux et nie les centaines d’articles scientifiques qui disent le contraire (une liste régulièrement mise à jour est disponible sur le site scientifique NoTricksZone, la plupart revus par des pairs : sélectionnez quelques articles au hasard et informez-vous). Les auteurs de cette phrase ne citent d’ailleurs aucune référence. Une équipe du CERN nous montre par exemple dans une publication récente dans Nature [2] que le réchauffement global peut être expliqué par l’interaction de rayons cosmiques avec l’atmosphère, ce qui fait varier la couverture nuageuse. Dans ce mécanisme le CO2 n’a aucun rôle. Voir ici. Notons que l’équipe de Svensmark (2017) propose d’autres mécanismes basés sur les rayons cosmiques, et tout comme dans le mécanisme proposé par Kirkby, le CO2 ne joue aucun rôle. Les dernières recherches de Svensmark sont publiées dans la revue Nature Communications ;
– Lorsqu’il y avait peu d’humains sur la planète, par exemple au cours d’un autre optimum, l’Optimum Climatique de l’Holocène (OCH), la température était plus élevée qu’actuellement. L’OCH est une période chaude allant environ de –9000 à –5000 ans (BP, Before Present). Au cours de l’OCH la température atteignait 4°C au niveau du Pôle Nord (avec probablement très peu de glace en été). Actuellement, en hiver (janvier), la température au Pôle Nord peut varier de −43 à −26 °C, pour une moyenne de −34 °C; la température moyenne d’été (juillet) du Pôle Nord se situe actuellement autour du point de congélation (0 °C). Durant l’OCH on atteignait jusque 9°C en Sibérie centrale [3]. Ceci est démontré par la découverte d’arbres fossiles dans la région ;
– Notons aussi que l’extension de la glace arctique semble suivre des cycles avec avancées dans les années ’40, encadrées de périodes de recul avant (années 1910) et après (années 1970). Ici aussi la cyclicité n’est pas encore bien comprise (ici). A nouveau les extrapolations sont délicates, pour preuve, c’est par exemple Al Gore (et le GIEC) qui en 2007, lorsqu’il reçut le Prix Nobel de la Paix a annoncé que dans 10 ans toute la glace arctique aurait disparu, et sans doute même, avant en 2013 (ici). Il prédit également d’autres événements qui ne n’ont pas été réalisés (ici) ;
3. Le texte dit : “Le seul réchauffement actuel de 1°C entraîne déjà une augmentation de l’occurrence et de l’intensité des extrêmes climatiques tels que les canicules, les sécheresses ou encore les inondations. Plus la terre se réchauffe, plus de tels phénomènes auront lieu. Un réchauffement au-delà des 2°C signifierait que la Nature elle-même se mette à libérer des gaz à effets de serre renforçant de fait le réchauffement climatique. Un effet boule de neige en somme, duquel découlent des températures encore plus élevées”.
– Ceci est faux et démontré par plusieurs études scientifiques. Par exemple celle de Kelly (2016) qui nous montre que le climat était plus extrême dans la première moitié du 20e Siècle. Les rapports annuels des compagnies d’assurances qui doivent dédommager les sinistrés vous le démontrent également. Par exemple, la compagnie AON, dans son “Annual Global Climate and Catastrophe Report” nous montre qu’il n’y a pas plus de cyclones tropicaux, toutes catégories confondues. Voir ici. Finalement, vous pouvez également consulter la “International Disaster Database” qui nous montre que le nombre de morts causés par le climat (inondations, sécheresses, tempêtes, feux, températures extrêmes) ne fait que chuter depuis 1920 (voir ici). Il faut être plus critiques et sur ce thème ne pas écouter les médias avides de catastrophisme ;
– Pour l’effet boule de neige, ceci est une vision simpliste qui découle de notre mauvaise connaissance des écosystèmes. L’étude de Koltz et al. (2018) [4] publiée dans les PNAS suggère même l’inverse. Ce que montrent Koltz et ses collaborateurs est que lorsque la toundra d’Alaska se réchauffe légèrement (de 1 à 2°C), ce n’est pas plus mais moins de matière organique qui est dégradée dans le sol… Et donc finalement moins de CO2 qui est produit ;
4. Le texte dit : “Il est essentiel de limiter le changement climatique et les mécanismes de rétroaction qui le renforcent. Pour limiter le réchauffement du climat à 2°C, les émissions de CO2 doivent avoir diminué d’environ 25% en 2030, et de 85% en 2050. Pour rester en-dessous d’un réchauffement de 1,5°C, les émissions nettes devraient être nulles en 2050. Afin d’y parvenir, il est impératif que des mesures politiques drastiques soient prises MAINTENANT. Plus on attend pour réduire les émissions, plus lourds seront les efforts à fournir pour maintenir le réchauffement (largement) en-dessous des 2°C”.
– La Terre n’est pas une chaudière que l’on peut régler avec un seul thermostat, en l’occurrence le CO2. La biosphère est bien plus complexe que cela! Toutes les prévisions mentionnées ci-dessus sont basées sur des modèles informatiques du GIEC comportant des centaines de paramètres différents. La nature n’est pas un modèle informatique et jusqu’à présent toutes les prédictions des modèles se sont avérées fausses (voir par exemple l’étude de Scafetta et al. 2017) ;
– Disons-le clairement : la théorie de l’effet de serre radiatif est très discutable et devrait être abandonnée. Effectivement, lorsque l’on confronte des données de terrain à la théorie on voit très souvent qu’elle ne fonctionne pas. Par exemple, au centre de vastes zones de millions de km2 situées en plein centre de tous les continents, aussi bien en Europe, en Asie, en Australie et en Amérique (voir ici). Un autre exemple : la théorie ne fonctionne pas lorsque l’on utilise les données fournies par les capteurs infra-rouges de la NOAA (stations SURFRAD). Voir ici ;
– En plus du fait que la théorie ne colle pas aux observations, il faut savoir que la théorie de l’effet de serre est également basée sur des concepts théoriques discutables : transferts de chaleur uniquement radiatifs, phénomène de ‘backradiation’, gaz considérés comme des corps noirs, etc. Les problèmes théoriques concernent notamment la loi de Stefan-Boltzmann (voir ici) et la réémission d’infra-rouges par le CO2 (voir ici);
– En 2018 plusieurs physiciens et chimistes ont clairement remis en cause la théorie de l’effet de serre dans des publications relues par les pairs. Quelques-unes de ces publications sont listées ci-dessous [5];
– Notons également que le taux de CO2 atmosphérique fut de plusieurs milliers de ppm au cours des temps géologiques depuis le Cambrien il y a 541 millions d’années (ici) et de plusieurs dizaines de milliers de ppm avant au cours du Précambrien, les valeurs étaient donc bien plus importantes que les ±410 ppm actuels ;
5. Le texte dit : “Les mesures politiques actuelles sont largement insuffisantes pour réduire les émissions de gaz à effets de serre. En effet, les émissions de CO2 ne cessent d’augmenter d’année en année à l’échelle mondiale alors qu’elles devraient déjà décroître. En outre, les mesures proposées ne soutiennent en rien une diminution drastique des émissions, que ce soit au niveau local, belge, européen ou mondial. Les propositions actuellement discutées mèneraient à un réchauffement de plus de 3°C de notre planète d’ici la fin du siècle. Bien que cela paraisse peu, les conséquences d’un tel réchauffement et leurs coûts seraient énormes”.
– Tout ceci est basé sur une théorie très discutable (l’effet de serre radiatif, voir point précédent), utilisée pour alimenter des modèles informatiques comportant de nombreux paramètres ajustables. L’informaticien prédit ce qu’il veut avec son modèle. La nature n’est pas un modèle informatique. Comme l’a souligné le physicien français Jacques Duran [6] les prévisions sur le futur de notre planète sont pour le moins hasardeuses car nous avons affaire à un énorme système d’équations différentielles à coefficients inconnus, non linéaires et couplées entre elles. Ces équations sont donc très difficiles à élucider. En plus, certaines de ces équations se comportent de manière chaotique, c’est-à-dire qu’elles sont très sensibles aux conditions initiales souvent inconnues. Le GIEC le reconnaît également (2001, p.774), il en résulte que la prédiction de l’évolution future du climat à long terme n’est pas possible ;
– Vivre et se déplacer, c’est émettre du CO2. Si vous voulez moins d’émissions de CO2, et plus aucune en 2050, il faut interdire les avions, les voitures, les centrales thermiques, les composts, et les chaudières au gaz. Bref, un grand bond en arrière ?
– Finalement, essayez un autre point de vue : et si l’augmentation de température était bénéfique? Grâce au CO2, la molécule qui permet la vie sur Terre nous vous le rappelons, un verdissement de la planète est actuellement observé comme démontré dans un article publié dans Nature Climate Change [7]. Les rendements agricoles sont augmentés par un taux de CO2 plus important : il a été démontré que la croissance de 156 espèces de plantes est stimulée en moyenne de 37% lorsque la concentration en CO2 de l’air est doublée (Cunniff et al. 2017) [8]. Il est également démontré que ce sont les périodes de froid qui tuent le plus d’êtres humains (Gasparrini et al. 2015).
Nous n’aborderons pas ici les points 6 et 7 qui sont nettement plus politiques, ils peuvent paraître louables mais sortent du domaine de la science sensu stricto.
La Science climatologique est loin d’être dite, les amalgames sont légions, il est temps qu’elle redevienne uniquement l’apanage des scientifiques. Le fossé entre le monde non scientifique et scientifique est beaucoup trop grand pour que le premier soit persuadé que la science est dite (ici).
Pour en revenir à ce qui a motivé cette mise au point par SCE, rappelons que ‘le climat’ n’en n’est pas à sa première pétition et qu’il est parfois intéressant de regarder de plus près les motivations des signataires (ici).

Notes
1. ADVANCES IN ATMOSPHERIC SCIENCES, VOL. 34, AUGUST 2017, 941–9512.  Kirkby et al. (2016) Ion-induced nucleation of pure biogenic particles. Nature 533:521-526.
2. Kirkby et al. (2016) Ion-induced nucleation of pure biogenic particles. Nature 533:521-526.
3. Koshkarova, V.L.; Koshkarov, A.D. (2004). “Regional signatures of changing landscape and climate of northern central Siberia in the Holocene”. Russian Geology and Geophysics. 45 (6): 672–685.
4 .Koltz AM, Classen AT, Wright JP (2018) Warming reverses top-down effects of predators on belowground ecosystem function in Arctic tundra.
5. Allmendinger T (2018) The Thermal Radiation of the Atmosphere and Its Role in the So-Called Greenhouse Effect. Atmospheric and Climate Sciences, 2018, 8, 212-234. – Fleming RJ (2018) An updated review about carbon dioxide and climate change. Environmental Earth Sciences, March 2018, 77:262. – Davis WJ et al (2018) The Antarctic Centennial Oscillation: A Natural Paleoclimate Cycle in the Southern Hemisphere That Influences Global Temperature. Climate 2018, 6(1), 3. – Holmes RI (2018) Thermal Enhancement on Planetary Bodies and the Relevance of the Molar Mass Version of the Ideal Gas Law to the Null Hypothesis of Climate Change. Earth Sciences 2018; 7(3): 107-123 – Antero Ollila, (2019) “Challenging the scientific basis of the Paris climate agreement”, International Journal of Climate Change Strategies and Management, Vol. 11 Issue: 1, pp.18-34. – Smirnov BM (2018) Collision and radiative processes in emission of atmospheric carbon dioxide. Journal of Physics D: Applied Physics, Volume 51, Number 21.
6. http://www.pensee-unique.fr/theses.html
7. Zhu Z. et al. 2016. Greening of the Earth and its drivers. Nature Climate Change 6, 791–795
8. Cunniff, J., Jones, G., Charles, M. and Osborne, C. 2017. Yield responses of wild C3 and C4 crop progenitors to subambient CO2: a test for the role of CO2 limitation in the origin of agriculture. Global Change Biology 23:380-393.