Le culte de la Liberté

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vendredi 8 octobre 2021

Quatre mensonges qui tueront le monde 3/6

 

3. Climat : Sommes-nous les coupables de la météo ?

Quatre mensonges pour les asservir tous
et les lier dans les ténèbres.

 

Ce qui arrive maintenant, comme ce qui arrivera plus tard, s’est déjà produit dans le passé. Dieu fait que les événements se répètent.

Ecclésiaste 3.15, Bible en français courant

 

Ces paroles de la Bible n’avaient sans doute aucun rapport direct avec le climat. Mais il va de soi qu’elles peuvent s’appliquer également au climat. C’est infiniment mieux que l’attitude d’aujourd’hui qui, sur ce point comme sur d’autres, ne veut rien apprendre du passé.

L’année passée, j’avais publié un article sur Science, climat et énergie au titre d’Une brève histoire du climat. Il s’agissait d’un survol du livre Des changements dans le climat de la France : histoire de ses révolutions météorologiques du Dr Joseph-Jean-Nicolas Fuster, publié en 1845. [1] Il fait partie de ces auteurs incroyablement bien documentés du 19e siècle, au temps où la méfiance quasi institutionnelle de tout ce qui ne sort pas des analyses de laboratoire n’avait pas encore obscurci la science.

Fuster donne un aperçu de presque 2000 ans d’histoire du climat à partir des sources écrites dont il disposait. C’est le genre de sources qu’aujourd’hui on estime peu intéressantes, voire peu fiables. Mais cela conduit à une ignorance volontaire du passé. L’observation géologique et autre de la terre n’est pas la seule manière d’appréhender le passé, et le foisonnement de détails que donne Fuster dans les 500 pages de son livre est particulièrement instructif.

Fuster décrit la grande courbe du climat, à partir de l’époque de Jules César. Ce fut un temps de grand froid qui va lentement se réchauffer à partir de l’an 0 environ. Ainsi, par exemple, au temps de l’empereur Auguste, la vigne n’est pas encore cultivée en Aquitaine, mais commence peu à peu sa conquête de la France. En 358, elle est cultivée à Paris, mais l’année précédente, la Meuse et le Rhin gèlent encore complètement. Il faudra 500 ans pour que le réchauffement climatique soit une réalité pour l’ensemble de la France. Au dixième siècle, on mentionne des vendanges en Flandre, dans le Hainaut, dans le Brabant jusqu’à Liège et Louvain, et même jusqu’en Pologne en cette fin du premier millénaire. Au douzième siècle, les vignes de Gloucester en Angleterre sont réputées pour la qualité de leur vin.

Pourtant, dès le 9e siècle, le climat bascule et une longue vague froide commence. En 1468, la vigne a disparu du Nord de la France, et elle avait déjà disparu d’Angleterre. Cette baisse de la courbe climatique se poursuivra – avec des hauts et des bas ! – jusqu’au temps de la révolution française. Mais il faut attendre au-delà de la date de publication du livre de Fuster pour remarquer que le climat se réchauffe à nouveau. Cette vague s’amplifie graduellement jusqu’à notre temps.

Tout cela influence la météo, sans être la même chose que la météo. Fuster le dit ainsi (page 255) : “… le climat et ses perturbations ne marchent pas nécessairement d’accord : le climat est la condition ordinaire de l’air, l’expression de ses qualités communes, son état habituel ou moyen; ses écarts en indiquent au contraire les conditions exceptionnelles, les états excentriques ou anormaux, les manières d’être insolites ou extraordinaires …” Les écarts sont les excès du temps, de la météo, chaleurs excessives, pluies et inondations hors de l’ordinaire etc.

La courbe climatique que l’on pourrait dessiner atteint une température plus basse dans le début des années romaines en Gaule, à partir de 58 avant Christ, année du début des observations de l’auteur que lors du “petit âge de glace” qui commence au 14e siècle pour se terminer au 19e siècle. Quant à la période de réchauffement qui va de l’an 0 jusqu’à la fin du 9e siècle, nous savons que la température moyenne s’est élevée suffisamment pour qu’en environ dix siècles, la vigne s’étend jusqu’en Belgique et jusqu’en Pologne. Dans la période de réchauffement actuel, nous n’observons pas une étendue comparable, même si, en 2006, on annonçait une première récolte de thé dans le Cornwall anglais.

Le but de cette introduction est de rappeler que réchauffement et refroidissement climatiques font partie des événements naturels de notre planète. Ces périodes ne sont pas dues à une quelconque influence du CO2 anthropique (= produit par l’homme) sur le climat, inexistant lors des périodes de réchauffements précédentes. La courbe actuelle de réchauffement est plus courte que la précédente, mais faute de recul, on ne peut guère en dire plus à ce moment.

Ignorer cette histoire du climat rend l’évaluation des changements climatiques nettement plus aléatoire.

 

L’influence du CO2 sur le climat

La question principale, peut-être la seule question vraiment importante dans le débat actuel, concernant le climat est celle de l’influence du CO2 produit par l’homme. Toute la politique mise en œuvre pour « maîtriser » le climat tourne autour de cette question : Il faudrait relâcher moins de CO2 dans l’atmosphère, sinon l’homme serait la cause de la fin écologique du monde. Il faudrait donc, entre autres :

  • ·         Diminuer voire interdire l’utilisation des gaz à effet de serre et donc réduire drastiquement la combustion des produits pétroliers.
  • ·         Il faut dès lors interdire les voitures à moteur à combustion et les remplacer par des voitures électriques, fermer les centrales électriques qui utilisent des énergies fossiles, mieux isoler les bâtiments, décourager les voyages en avion, etc.
  • ·         Comme une des sources principales de l’emballement du climat serait la croissance démographique, il faudrait donc freiner celle-ci, voire même inverser la tendance. Cette phrase innocente implique un dépeuplement de la planète. Bien qu’on ne le dise pas, cela veut dire qu’il faudrait éliminer une partie de l’humanité… Certains écologistes vont jusqu’à dire que la vie sur notre planète n’est soutenable que si l’humanité est réduite à environ un demi-milliard de personnes (au lieu des presque huit milliards d’aujourd’hui). [2]

Tout cela, est-il fondé sur la réalité ? On comprendra aisément l’importance de la question. Si oui, la panique climatique actuelle est justifiée et il faut prendre des mesures draconiennes. Encore que, pour être un tantinet efficaces, ces mesures devraient être prises partout dans le monde et particulièrement chez les plus grands producteurs mondiaux de CO2 anthropique, au risque de ne servir à rien, ce qui semble être la situation dystopique actuelle. Par contre, si non, les mesures proposées et leurs raisons ne sont rien d’autre qu’une gigantesque mystification dans le but d’asservir l’humanité. Cette possibilité n’est plus considérée aujourd’hui. Il n’y a plus qu’un discours à sens unique.

La science derrière la culpabilité humaine du changement climatique n’est pas aussi robuste que cela. L’influence du CO2 anthropique sur le climat semble pour le moins douteux.

Georges Geuskens, professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles, écrit : « Cette théorie du changement climatique d’origine anthropique qui a des conséquences politiques, économiques et sociales très importantes repose cependant sur une seule et fragile hypothèse : le CO2 renverrait vers la Terre une partie du rayonnement qui devrait s’échapper vers le vide interplanétaire et il en résulterait une élévation de la température « moyenne globale » à la surface de la Terre. Ce phénomène radiatif improprement appelé «effet de serre » a des défenseurs et des adversaires entre lesquels le débat est souvent impossible. » Dans l’article que je cite il procède ensuite à une analyse des arguments en jeu.

  • -        « L’argument le plus souvent avancé par les partisans de la théorie du changement climatique d’origine anthropique est qu’en l’absence de gaz à effet de serre la température « globale moyenne » de la Terre serait de –18°C au lieu de la température généralement admise de 15°C. En réalité cette différence de 33°C, parfois présentée même comme une définition de l’effet de serre, est basée sur un calcul incorrect. » La preuve de ce qu’il avance, avec les calculs, se trouve dans son article.
  • -        Voici sa conclusion : « De cet exposé on peut conclure que l’effet de serre, tel que défini en 2a ci-dessus, n’existe pas au niveau des basses couches atmosphériques et que, même s’il existait, l’apport d’énergie résultant de l’absorption d’une fraction du rayonnement thermique de la Terre serait rapidement converti en évaporation de l’eau des océans. Par contre, en l’absence d’effet de serre ce sont les mouvements de convection de l’air qui sont légèrement accentués. Dans l’un et l’autre cas le bilan énergétique global de la Terre ne sera pas modifié puisque finalement toute l’énergie dissipée par la surface terrestre, quel que soit le mécanisme, est convertie en rayonnement dans les couches supérieures de l’atmosphère car c’est le seul mécanisme d’évacuation de cette énergie hors de l’atmosphère terrestre (voir 1b ci-dessus). L’improbable débat entre partisans et adversaires d’un changement climatique d’origine anthropique pourrait donc être rapidement clôturé puisque le CO2 ne peut contribuer en aucune manière à un réchauffement de la surface terrestre. »

 

J.C. Maurin, Professeur agrégé de physique, a écrit une série de trois, devenu par la suite quatre articles sur les évolutions récentes du CO2 atmosphérique. [3] Il remarque dans son deuxième article :

  • Le CO2 ne précède jamais l’augmentation de la température, et cela depuis au moins le Pléistocène (il y a 240 000 ans) et la démonstration a bien été établie (cf. Fig. 8). Le COn’est donc pas le ‘bouton’ contrôlant l’évolution de la température.
  • Les concentrations anciennes de COatmosphérique sont sous-estimées et les données de Vostok non seulement donnent un ‘background’ plus faible que les données fournies par l’analyse des stomates (Fig.10,) mais ne voient pas les pics de concentrations plus élevés de CO2. Ainsi affirmer que les teneurs actuelles en CO2n’ont jamais été aussi élevées, même à une échelle géologique très restreinte (telle que Quaternaire) est trompeur.

Dans le troisième article de la série [4], qui est une critique argumentée des positions du GIEC sur cette question, il conclut notamment :

-  L’atmosphère actuelle comporte environ 20 ppm de COanthropique correspondant à 20/400 soit ≈ 5% du CO2 atmosphérique. En un siècle les hommes ont donc modifié la composition de l’atmosphère de 20 ppm soit 0,002% : sur ce sujet également, il semble que nous ne soyons pas au centre du monde.

-  Les évolutions récentes du CO2 atmosphérique ne peuvent pas avoir une cause uniquement anthropique : les observations du δ13C l’interdisent. Les causes sont anthropiques et naturelles. Le modèle purement anthropique du GIEC est donc à rejeter.

Un autre auteur fait l’observation suivante : « La théorie de l’effet de serre radiatif n’est donc pas universelle : elle ne fonctionne pas partout sur la planète. Ce sont les observations de la NOAA qui nous le démontrent. Les autres lois de la physique fonctionnent pourtant partout sur la planète : les corps chutent en suivant les lois de la gravitation universelle aussi bien en Australie qu’en Asie, les lois de la thermodynamique sont partout respectées, en électricité la loi d’Ohm est valable en Europe et en Amérique, quant au néodarwinisme il est d’application pour toutes les populations animales de la planète. Il n’y a donc que la théorie de l’effet de serre qui n’est pas universelle… La méthode scientifique demande qu’une théorie qui ne rend pas compte de toutes les observations soit invalidée. Qu’attend-on pour passer à autre chose ? »

 

Le GIEC n’a jamais pu prouver que le CO2 anthropique est le moteur du changement climatique. [5] Il existe de solides raisons scientifiques pour mettre en doute la validité des modèles informatiques qui sont à la base de la panique que l’on répand depuis plusieurs années. La politique climatique que l’on veut implémenter pour « ralentir » le réchauffement exige un investissement de centaines et de milliers de milliards d’euros. Cet argent ne sera pas disponible pour des objectifs plus essentiels. A l’instar d’un Don Quichotte moderne, on part à la guerre contre des moulins à vent non seulement sans aucune garantie de succès, mais avec une quasi-certitude que tous ces efforts seront vains.

Des milliers de scientifiques ont souscrit le Global Warming Petition Project (le Projet d’une pétition concernant le réchauffement global). [6] Dans l’étude qui accompagne leur projet et qui peut être téléchargée sur la même page, ils écrivent ceci au début de leur conclusion :

« Il n’y a pas de données expérimentales pour étayer l’hypothèse selon laquelle l’augmentation de l’utilisation humaine d’hydrocarbures ou de dioxyde de carbone atmosphérique et d’autres gaz à effet de serre provoque ou peut entraîner des changements défavorables dans les températures mondiales, les conditions météorologiques ou le paysage.

Il n’y a aucune raison de limiter la production humaine de CO2, de CH4 et d’autres gaz à effet de serre mineurs comme cela a été proposé. Nous n’avons pas non plus à nous soucier des calamités environnementales, même si la tendance actuelle au réchauffement naturel se poursuit. La terre a été beaucoup plus chaude au cours des 3.000 dernières années sans effets catastrophiques. Un temps plus chaud prolonge les saisons de croissance et améliore généralement l’habitabilité des régions plus froides.

Comme le charbon, le pétrole et le gaz naturel sont utilisés pour nourrir et sortir de la pauvreté un grand nombre de personnes à travers le monde, davantage de CO2 sera libéré dans l’atmosphère. Cela aidera à maintenir et à améliorer la santé, la longévité, la prospérité et la productivité de tous. »

 

Oui, mais !

Tous les arguments pour mettre en doute un changement climatique causé par l’homme n’arrivent guère à convaincre les foules ! Car n’avons-nous pas les preuves sous les yeux ? Le climat est sens dessus dessous : pluies et inondations, chaleurs excessives, et cela presque partout ! Qui peut encore douter qu’à moins de faire quelque chose de toute urgence, nous allons tous périr ? Le GIEC a eu raison tout au long et la fenêtre d’opportunité est en train de fermer !

Oui, la planète semble aller particulièrement mal. La peur peut aisément se comprendre. Mais la peur ne doit pas conduire les débats et forcer des décisions, même si la tentation de le faire est très grande. Il suffit de penser à l’effet Greta Thunberg et aux manifestations des jeunes d’avant Covid. Ce n’est plus la raison et le débat qui priment, mais la manipulation et le mensonge. On a exclu les contradicteurs et les sceptiques. Au lieu d’argumenter on invective : « Ce sont des climatosceptiques capitalistes soumis à l’industrie du pétrole ! » Mais n’est-il pas vrai que lorsqu’on est à court d’arguments et de preuves, l’insulte vient facilement ? A court de preuves ? Voici ce que l’un des penseurs écologiques, l’Allemand Hans Jonas, a écrit : « …dans des conditions particulières l’opinion utile est de préférence une opinion fausse, ce qui veut dire : si la vérité est difficile à supporter, le pieux mensonge doit intervenir. » [7] C’est tout de même troublant qu’un penseur écologiste puisse en venir à proposer de mentir pour que le peuple suive ceux que certains appellent « les Khmers verts ».

 

Il y a d’autres explications possibles à l’apparent chaos climatique ou météorologique - et climat et météo ne sont pas la même chose. Il est vrai que nous connaissons des perturbations météorologiques. Le temps est devenu plus enclin à des extrêmes. Mais il est sans doute trop tôt pour parler d’un changement climatique. Pour cela, il faudrait bien plus de recul. Ensuite, je l’ai déjà dit, la terre a connu bien d’autres épisodes de temps extrême. Il faudrait lire les descriptions de ces épisodes si on veut avoir un jugement plus équilibré sur nos temps à nous. Comme ces choses sont à peu près inconnues aujourd’hui, permettez-moi d’en citer quelques-unes :

Commençons par une énumération. L’auteur de l’article se réfère à l’œuvre d’Emmanuel Leroy Ladurie, Histoire du climat depuis l’an mil.

Voici quelques exemples de ces étés vraiment caniculaires
En 1132 en Alsace les sources se tarirent et les ruisseaux s’asséchèrent. Le Rhin pouvait être traversé à pied.
En 1152 la chaleur était si intense que l’on pouvait faire cuire des œufs dans le sable.
En 1160, à la bataille de Bela (en Hongrie), un grand nombre de soldats moururent en raison de la chaleur excessive.
En 1276 et 1277, en France, la récolte d’avoine et de seigle fut totalement détruite par la chaleur.
En 1303 et 1304 la Seine, la Loire, le Rhin et le Danube pouvaient être traversés à pied.
En 1393 et 1394 un grand nombre d’animaux tombèrent morts et les récoltes anéanties en raison de la chaleur.
En 1440 la chaleur fut excessive.
En 1538, 1539, 1540 et 1541 les rivières européennes étaient littéralement asséchées.
En 1556 il y eut une sécheresse généralisée dans toute l’Europe.
En 1615 et 1616 la canicule s’abattit sur la France, l’Italie et les Pays-Bas.
En 1646 il y eut en Europe 56 jours consécutifs de grandes chaleurs.
En 1676 des canicules à nouveau.
Les mêmes évènements se reproduisirent au XVIIIe siècle.
En 1718 il n’y eut aucune pluie entre les mois d’avril et octobre. Les récoltes furent brûlées, les rivières asséchées et les théâtres fermés à Paris par ordre du Préfet de police en raison des températures excessives.
Le thermomètre enregistra 36 degrés Réaumur (45 degrés C) à Paris. Dans les jardins de la banlieue arrosés les arbres fruitiers fleurirent deux fois pendant la saison.
En 1723 et 1724 les températures étaient extrêmes.
En 1746 l’été fut particulièrement chaud et sec et les récoltes furent littéralement calcinées. Pendant plusieurs mois il n’y eut aucune pluie.
En 1748, 1754, 1760, 1767, 1778 et 1788 les chaleurs d’été furent excessives
En 1811, l’année de la comète, l’été fut très chaud et le vin très bon y compris à Suresnes.
En 1818 les théâtres parisiens restèrent fermés pendant un mois en raison des chaleurs excessives, la chaleur avait atteint 35 degrés C.
En 1830, alors que des combats avaient lieu, le thermomètre afficha des températures de 36 degrés C les 27, 28 et 29 juillet.
En 1832, lors de l’insurrection du 6 juin, le thermomètre releva une température de 35 degrés.
En 1835 la Seine était presque à sec.
En 1850, au mois de juin, au cours de la seconde épidémie de choléra de l’année le thermomètre afficha 34 degrés.

Notons que la plupart de ces événements ont eu lieu pendant que le climat se refroidit ainsi que nous pouvons le savoir aujourd’hui ! Il n’y a donc pas une correspondance automatique entre climat et météo. Qui était le coupable de ces épisodes extrêmes ? Poser la question, à l’époque, aurait rencontré de l’incompréhension. Suggérer la responsabilité de l’homme aurait suscité l’incrédulité générale sauf … au sens spirituel, ce qui encourageait les gens de l’époque à prier pour l’intervention divine.

Gérard-Michel Thermeau écrit en Contrepoints sur le 16e siècle :

L’année 1540, écrit Emmanuel Leroy-Ladurie, dans son Histoire humaine et comparée du climat, a été « formidablement xérothermique ».

Ce terme d’apparence redoutable désigne simplement un climat plus chaud et plus sec. De mars à octobre cette année-là, tous les mois sont chauds et secs. Les cours d’eau sont tellement à l’étiage que l’on peut traverser le Rhin à pied.

Le sherry aurait pu être inventé par la même occasion, tant le vin est chargé de sucre. Le fameux anticyclone des Açores domine en juin dans l’Europe occidentale avant d’étendre encore son emprise vers l’Europe centrale : la Suisse du centre ne reçoit pas une goutte d’eau au mois de juillet.

Comme le note un ancien recteur de l’université de Cracovie qui tend à assimiler sa région à l’ensemble du globe : « sévère sécheresse à travers le monde entier » !

Mais cette chaleur abondante et sèche n’a rien d’exceptionnel au XVIe siècle : elle s’inscrit dans un « cycle tiède » de 1523 à 1562. En 1524, « l’échaudage » du mois de mai provoque une forte hausse du prix du blé, la chaleur torride favorisant l’incendie de Troyes qui détruit 1500 maisons et quelques églises.

En 1545, nouveau coup de chaud et nouvelle montée du prix des céréales. C’est l’une des plus importantes crises de subsistances du siècle, et provoquée par la chaleur ! En 1556, la vendange a lieu le 1er septembre tant l’été a été brûlant ! Un curé note que « ladite sécheresse accéléra les moissons près d’un mois plus tôt que de coutume ». La moisson se révèle médiocre, en quantité mais pas en qualité.

Le sire de Gouberville, qui vit dans le Cotentin, relève la brève pluie du 1er juin, la première depuis le commencement d’avril. En juillet des incendies de forêt sont signalés dans cette Normandie d’ordinaire plus humide. [8]

Un siècle plus tard, on est en âge de glace. C’est le moment où la Tamise gela en hiver au point d’organiser la foire sur la glace :

Cela fait quelques années que Londres n’a plus connu de réelles gelées hivernales, mais il fut une époque où il faisait excessivement froid en hiver. Cette période, connue sous le nom de Petit Âge de Glace, couvrit près de 700 ans, du début du 13e à la fin du 19e siècle. Il faisait alors tellement froid que l’eau de la Tamise gela complètement à 23 occasions entre 1309 et 1814.

Au Moyen-Âge, la Tamise était bien plus large qu’aujourd’hui et son cours bien plus lent. Les multiples arches du vieux London Bridge retenaient fortement l’écoulement de l’eau. En dessous du pont, des jetées en bois rendaient les arches encore plus étroites. En hiver d’épais morceaux de glace s’accumulaient contre les pilastres du pont, formant une véritable digue qui bloquait le passage de l’eau. En amont se formait alors un immense bassin qui sous l’effet du gel devenait un lac de glace.

Dès que l’épaisseur de la glace le permettait, on organisait sur et autour de la rivière de nombreuses activités : patinage, courses, spectacles de marionnettes, échoppes. Ces événements furent progressivement fédérés en une véritable foire, la Frost Fair (foire sur glace), dont la première édition officielle remonte à 1608.

Petits et grands s’aventuraient sur un immense lac de glace qui s’étendait de Southwark à la City. A partir de janvier, la population commençait même à camper sur la Tamise. On y tenait des matchs de foot et de bowling et des marchands de toutes sortes y faisaient commerce. La température, constamment bien en-dessous de zéro, autorisait même l’usage de braseros pour se réchauffer. C’est dire comme il gelait à pierre fendre !

Dans mon article sur le livre de Joseph-Jean-Nicolas Fuster, Des changements dans le climat de la France : histoire de ses révolutions météorologiques, Paris 1845, j’avais mentionné quelques autres faits divers :

En 823 ou 824, des grêles énormes ravagèrent les campagnes. Vers le solstice de l’été, et les témoignages sont unanimes, dans le pays d’Autun en Bourgogne, on vit tomber du ciel de véritables blocs de glace (Fuster souligne sa certitude des mesures et cite ses différentes sources) de 4,873 mètres (15 pieds) de long sur 1,949 mètres (6 pieds) de large et de 0,650 mètres (2 pieds) d’épaisseur. La grêle tombée le 24 juin 1778 à Saint-Pierre-du-Regard en Basse-Normandie forma une masse de glace qui se conserva durant six jours malgré la chaleur.

Les chaleurs intenses de 1183 et 1188 tarirent les fleuves et les puits. En 1384, une chaleur sèche et insupportable régna dans toute la France depuis le printemps jusqu’au milieu du mois d’août.

Depuis le grand ouragan (il abattit le haut de l’église Saint-Louis sur les assistants de 1701, et pendant 10 ans, les saisons étaient chamboulées. Saint-Simon affirma que, pendant cette période et s’aggravant de plus en plus, “on n’a plus du tout de printemps, qu’on a peu d’automne, et que l’été se retrouve réduit à quelques jours.”

Nous sommes tous assez enclins à croire que nous sommes particulièrement mal lotis pour ce qui est le temps. La description abondante de Fuster permet de corriger cette idée. Nous sommes plutôt favorisés par des intempéries, dans l’ensemble, plus clémentes que ce qu’ont connu nos peuples dans les siècles précédents. Peut-être qu’il nous faut apprendre à nous plaindre un peu moins du temps !

Pour des études comparatives et analytiques, voyez ici et ici.

Il y a d’autres explications en plus de tout ceci. Je réfère à deux articles intéressants dans lesquels les auteurs analysent d’autres théories sur le changement du temps : Qu’est-ce qui influence le plus la température en Belgique ? et : Et si ce n’est pas le CO2 ?

Puis, il y a cette autre explication pour certains événements, notamment les grandes incendies de forêt en divers lieu. Un peu vite, on a conclu qu’il s’agissait d’un autre effet du réchauffement climatique. L’article suivant traite d’un seul incendie en Californie ayant eu pour suite la destruction d’une centaine de maisons. Mais l’article rappelle que la faute humaine est aussi en cause dans bien d’autres incendies ailleurs, voir aussi ici. Le fait divers indiqué par l’article prête, presque, à sourire si les conséquences n’étaient pas aussi dramatiques : Une femme chamane a bouilli de l’urine d’ours en vue de la boire (!) et le feu s’est propagé …

Il y a aussi une toute autre explication sur laquelle je reviendrai dans le dernier chapitre et qui s’ajoute utilement à ce qui précède.

 

Nous vivons ainsi un énorme mensonge. Sans preuves solides, sans analyse du passé, et sans réel débat, on prend mesure sur mesure, forçant les gens dans le carcan d’une idéologie qui se fait omniprésente … en Europe notamment. Il faut obliger les gens à changer leurs comportements afin de courber leur production de CO2, quitte à en venir à des confinements salutaires imposés dans ce but. On commence à entendre qu’il faut copier les confinements du Covid pour forcer le changement. Il faut obliger les gens à abandonner leur voiture, comme le remarque ce blogueur. Bien sûr, lutter contre la vraie pollution, apprendre à être plus économe et à vivre en gérant responsable de la planète ne pose aucun problème, bien au contraire. Mais ce n’est ni de cela qu’il s’agit ni à quoi on pousse aujourd’hui. Le CO2 n’est pas un polluant. C’est le gaz de la vie. Sans elle, la vie devient impossible.

Un mensonge. Mais aussi une prétention colossale animée par un orgueil délirant. « Nous devons sauver la planète ! », entend-on en ces jour avant la conférence de Glasgow. Rien que ça ! On ne connaît encore que très peu de chose du climat, mais nous allons « sauver la planète » et « changer le climat ». C’est tellement absurde qu’on voudrait pouvoir en rire. Mais les nains qui proposent cela sont sérieux et ils ont réussi à entraîner les politiques dans leur sillage. Comme manifestement ils ne vont rien sauver du tout, il vont faire des dégâts et engendrer une souffrance à la mesure de leur démesure. Quand le mensonge s’accapare du pouvoir, avec les moyens d’aujourd’hui, la fin ne peut guère être loin.

Sur une base fallacieuse et mensongère, on veut imposer un modèle de société dans laquelle les gens, vous et moi, sont les responsables et les coupables des soubresauts de la météo qui doivent payer pour que nos élites vertes puissent remettre la planète d’aplomb. Il faut donc à tout prix les forcer au changement, même si ce changement se fera au prix de grandes souffrances, car au-delà des privations – de choses, de confort, de vie – nous attend un monde nouveau d’harmonie. Cette nouvelle société paradisiaque, un véritable nouvel ordre mondial, se fera en contrôlant la météo et même le climat en maîtrisant les températures et les catastrophes. Ce sera le ciel chrétien sans le Dieu de la Bible qui se méritera par une obéissance sans faille et sans fin aux élites qui nous montrent la route de manière aussi désintéressée. Ce sera le meilleur des mondes où le péché de la consommation sera expié sur l’autel de Gaïa, où nos enfants seront enfin heureux et où nous serons compostés[9] Nos corps contribueront ainsi à la réalisation de l’harmonie de la Nature et nos âmes seront rééduquées pour qu’elles soient promptes au sacrifice.

C’est évidemment un mensonge, une sorte de conte de fées, une fable. Mais une fable à laquelle il faut croire. Un merveilleux mensonge qui finira un jour par rendre heureux ceux qu’il faut convaincre à vivre moins pour que Gaïa, notre Mère, retrouve son équilibre. Chargés ainsi de leur cargaison superflue de corps et d’âmes d’hommes (Apocalypse 18.11-13), les nouveaux marchands de la terre les présenteront sur l’autel du progrès pour que leur bonheur soit assuré aux siècles des siècles.



[1] On peut le télécharger ici : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k772359.image.

[2] Drieu Godefridi, L’écologisme, nouveau totalitarisme ?, Texquis 2019, page 72. Il cite François-Marie Bréon, auteur au GIEC, qui a dit ceci : « …la seule mesure apte à préserver l’environnement serait de diviser l’humanité par dix. Paul Ehrlich, dans La bombe P (1968) 1973, avait argumenté en faveur d’une réduction à 500 millions pour résoudre une fois pour toutes le problème écologique. Afin de pratiquer ce qu’ils prêchent, ces auteurs et d’autres qui soutiennent les mêmes idées, auraient-ils la bienséance de commencer cette réduction par leur propre suicide ?

[3] J.C. Maurin  « Evolutions récentes du COatmosphérique (2/3) » http://www.science-climat-energie.be/2018/10/04/evolutions-recentes-du-co2-atmospherique-2-3/.

[4] J.C. Maurin  « Evolutions récentes du COatmosphérique (3/4) » http://www.science-climat-energie.be/2018/11/12/evolutions-recentes-du-co2-atmospherique-3-4/. Soulignements par l’auteur.

[5] Cf. aussi l’article suivant sur l’évolution du climat et du taux de CO2 en Antarctique : Le GIEC confirme, l’Antarctique est resté stable depuis 1979 !

[7] Cité par Godefridi, op. cit., page 77.

[8] Sur les canicules, voyez aussi l’article de Rosine Lagier, Grands étés et années de sécheresse.

[9] Cf. Godefridi, op.cit., a tissé une histoire écologique dans son livre pour illustrer où mène l’idéologie verte. Cette histoire d’anticipation aboutit à l’humusation des êtres humains. A la fin, le jeune Mathieu découvre des gens bien portants dans un baraquement qu’il avait cru faire partie d’un camp d’extermination. Il s’en ouvre à la gardienne qui lui répond : « Qui es-tu pour juger du sens de leur vie ? Qui es-tu pour leur ôter le droit de cesser de polluer notre Mère quand ils se sentent prêts ? Qu’est-ce qui est important, la vigueur physique ou la maturité de ton âme ? L’euthanasie, autrefois, ne s’adressait qu’aux désespérés. La philosophie de notre époque est à l’opposé : le choix de l’humusation est l’apothéose d’une vie de créature humble, respectueuse du Sein qui l’a vu naître. L’euthanasie se vivait comme une sorte d’échec, une échappatoire ; nous y voyons l’acte d’amour ultime d’une créature qui se sacrifie pour le bien-être du Tout. Des millions d’entre nous ont fait ce choix ici, entre nos murs, et partout dans le monde. » (Page 155)


vendredi 1 octobre 2021

Quatre mensonges qui tueront le monde 2/6

 

2. La théorie du genre : Je suis ce que je ressens

Quatre mensonges pour les asservir tous
et les lier dans les ténèbres.


La théorie du genre est une bizarrerie. Quand j’en ai entendu parler pour la première fois, j’ai eu du mal à croire mes oreilles ! En raccourci : ton sexe est dans ta tête. Ton identité sexuelle n’est pas déterminée par ta biologie – ton corps – mais par ton ressenti, ou, dans certains cas, par les sentiments des autres, comme par exemple les parents. C’est le langage qui créerait le réel. [1] La biologie doit suivre, d’où les traitements et les opérations pour changement de sexe pour lesquels l’autorité parentale est de plus en plus contestée.

Avant d’aller plus loin, deux remarques sur le langage. J’utiliserai dans ces paragraphes le signe pour indiquer une personne qui se considère d’un genre différent. Donc : masculinféminin ou masculinféminin. Cette façon de faire ne se veut aucunement être un jugement de valeur. Je l’utilise pour me faire comprendre. Je sais aussi qu’on parle aujourd’hui de bien plus de genres que les masculinsféminins ou les fémininsmasculins. Apparemment, il y a une vraie inflation dans ce domaine, tout comme il y a une inflation dans les lettres de l’alphabet qui suivent le vocable LGBT…. Je ne prétends pas comprendre toutes ces subtilités. J’ai donc choisi de me limiter à ce qui me semblait encore clair. Par ailleurs, quand j’utiliserai le mot genre dans son sens classique, je mettrai les guillemets, « genre ». Ainsi, on saura de quoi je parle. De nouveau, c’est un usage purement linguistique, sans aucun jugement de valeur. Je précise ces choses parce que les genrés – ceux et celles qui s’identifient par un (autre) genre – ont parfois la détente judiciaire un peu facile. Ils/elles – l’usage des pronoms est devenu un véritable champ de mines ! – accusent assez facilement ceux et celles qui à leurs yeux ne semblent pas respecter suffisamment leur genre selon cette théorie.

Cela étant clair, allons un peu plus loin.

Selon la théorie, un garçon peut être une fille et un homme peut se considérer comme une femme. J’ignore si cela se passe dans l’autre sens. Les média, dans mes souvenirs du moins, n’en font pas état. J’ai vu la photo d’une équipe sportive féminine avec un membre masculinféminin en son sein. Je me rappelle d’un(e) haltérophile masculinféminin. Mais je n’ai jamais vu des photos ou des articles où cela allait dans le sens fémininmasculin, du moins, dans le domaine sportif. Je ne dis pas que cela n’existe pas. Je dis que je n’en ai jamais vu un exemple. J’ai lu le cas de masculinsféminins qui veulent utiliser les toilettes féminines – ce que la loi de certains pays autorise au grand dam du « genre » féminin. Mais je n’ai jamais lu un article qui parlait d’un(e) femininmasculin qui voulait avoir le droit d’utiliser les toilettes hommes parce qu’elle se considérait homme. Comme j’essaie de rester un peu au fait de ce qui se passe, je suppose que cela veut dire que le genre masculinféminin est plus fréquent que l’inverse. Mais bon, je peux me tromper là-dessus !

Avec cela, revenons à la théorie du genre.

La théorie vient d’un livre de Judith Butler, Trouble dans le genre, paru en 1990, bien que la discussion est plus ancienne que le livre et dépasse le livre. A la base, la discussion portait, et porte toujours, sur le concept du masculin-féminin et sur les stéréotypes (un mot clef) autour du genre. Qu’est-ce qui dépend de la biologie – c’est ce qui fait dire à un gynécologue qui procède à une échographie lorsque vous attendez famille qu’il s’agit d’un garçon ou d’une fille – et qu’est-ce qui dépend de la culture, à savoir ce qui est typiquement censé être le rôle de chaque genre. Ce sont les questions de ce qu’on attend d’un garçon ou d’une fille, d’un homme ou d’une femme.

Ces rôles typiques sont en partie fluides. Il n’est pas coulé dans le béton qu’une femme ne puisse pas être ministre ou qu’un homme ne puisse pas être infirmier. Mais la biologie indique des frontières évidentes, notamment là où la force physique devient une condition absolue d’un métier. Ces frontières existent depuis que l’homme existe. Le mâle et la femelle dans la nature peuvent avoir des rôles fluides, dans le sens qu’un oiseau mâle peut couver les œufs, ce qui est habituellement le rôle de la femelle, mais un mâle ne pondra pas les œufs. Les deux sexes peuvent s’occuper de la chasse, mais seules les femelles mettent au monde les petits. Pour le « genre » humain, ce n’est pas fondamentalement très différent. L’éducation des enfants peut être tantôt le rôle de la mère, tantôt le rôle du père, tantôt le rôle des deux. Mais la conception et l’enfantement dépendent de la biologie et influencent nécessairement les rôles qui en découlent.

Ceci a été la situation de l’humanité durant la plus grande partie de son histoire. Mais cette situation n’a pas toujours été l’uniformité d’une hétérosexualité exclusive. L’homosexualité remonte à très loin dans l’histoire humaine – je crois qu’elle est absente du monde animal – mais elle a, en général, été perçue comme anormale (au sens primaire du mot) et contre nature. Les sexualités « alternatives » se retrouvent déjà mentionnées dans la Loi de Moïse datant d’environ 1450 avant Christ, dans laquelle elles sont interdites et qualifiées d’abomination. Il y est question notamment de relations homosexuelles, de relations interdites par consanguinité, ou de relations entre hommes et bêtes. Ce n’est donc pas que ces choses étaient inconnues. Comme toute chose interdite, elles devaient exister. Dans d’autres cultures, cela pouvait d’ailleurs être toléré, comme chez les Grecs et les Romains. Mais jamais, cela n’est devenu le modèle dominant pour une raison évidente : une société où la sexualité « alternative » est dominante est une société sans avenir car sans enfants. Mais cela n’implique pas d’office la domination du masculin. Drieu Godefridi, dans le livre déjà cité, page 30, rappelle utilement l’existence de sociétés hétérosexuelles mais matriarcales, comme les Mosuo en Chine, les Iroquois, les Touaregs et d’autres.

Ce qui est nouveau est la confusion totale entre biologie et genre. Avant, l’exception était l’exception. Maintenant, l’exception voudrait devenir la règle. La biologie est rejetée, refoulée en faveur d’un genre qui serait dans la tête. Du coup, la sexualité devient subjective. Elle délaisse le fondement objectif de la biologie, de la réalité observable, en faveur d’une conviction interne, d’une idée fixe aux contours flous. Ce subjectivisme totalitaire s’est frayé un chemin dans la société en réclamant le droit non seulement à l’existence, mais à la dominance. En ce sens, il s’agit d’un mensonge : une négation de la réalité objective et une volonté de faire accepter cette négation comme la norme.

La technique reproductive moderne encourage cela en rendant possible de séparer l’acte sexuel et la procréation. On crée ainsi un nouveau monde, le meilleur des mondes ?, où chacun peut vivre ses fantasmes et où l’affaire sérieuse de faire des enfants est confiée à des techniciens. Le meilleur des mondes était bien sûr le titre du livre d’anticipation d’Aldous Huxley, écrit en 1932 et dans lequel la reproduction humaine est devenue une fabrication sur mesure selon les critères des autorités. Est-il étonnant qu’il y a un lien presque direct entre Huxley et Butler ?

Un des drames de la théorie du genre est sa pénétration dans le droit. Dans la convention d’Istanbul de 2011, il est affirmé que « la nature structurelle de la violence à l’égard des femmes est fondée sur le genre. » L’article 3 précise à ce sujet : « le terme ‘genre’ désigne les rôles, les comportements, les activités et les attributions socialement construits, qu’une société donnée considère comme appropriés pour les femmes et les hommes. » (citation chez Godefridi, page 85,86) Elle introduit des dispositifs de dénonciation anonyme (!), et ne laisse guère de moyens à la partie accusée – masculine en général – pour se défendre. Car la violence est masculine par définition, et elle est d’abord psychologique. Pourtant, la violence psychologique est autant le fait des hommes que des femmes (Godefridi cite des statistiques pour le prouver, page 104).

Mon propos dans cet article est de souligner la part du mensonge dans tout cela. Le mensonge opère quand le lien avec la réalité est coupé. Le mensonge est présent quand la réalité biologique est niée pour la remplacer par une construction mentale qui nie cette réalité. Cela peut devenir la politique officielle d’un Etat ou du monde et donc devenir la nouvelle vérité. C’est ce qui se passe sous nos yeux, et, comme je l’ai dit pour l’avortement, quand une nouvelle loi est acceptée par le parlement, seule une nouvelle majorité peut la défaire. Cependant, un parlement, pas plus qu’un groupe de pression, n’a le pouvoir de transformer le bien en mal ou le mal en bien.

Une fois que le mensonge est admis comme réalité, il poursuivra sa descente dans l’absurde. De cela, l’actualité donne beaucoup d’exemples.

Un des exemples les plus connus est l’ouverture déjà mentionnée des toilettes publiques selon le genre et plus selon le sexe. En voici un cas récent :

« Il n’y avait rien de relaxant dans un voyage au Wi Spa haut de gamme de Los Angeles samedi dernier. L’atmosphère habituellement calme était interrompue par une protestation amère contre la politique transgenre du magasin, qui avait permis à un homme de s’exposer dans le vestiaire des femmes – au choc et au dégoût des clientes. Dans une vidéo qui a explosé sur les réseaux sociaux, un client en colère a demandé pourquoi c’est bien “pour un homme d’entrer dans la section des femmes, de montrer son pénis aux autres femmes, aux jeunes filles et aux mineures ? Votre spa, Wi Spa, tolère ça ? C’est un homme. Ce n’est pas une femme !”

“Il y a des filles là-bas,” dit une femme en colère, “d’autres femmes qui sont très offensées par ce qu’elles viennent de voir – et vous n’avez rien fait. Vous vous êtes rangé de son côté !” Les employés du bureau ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas discriminer l’homme sur la base de son “identité de genre”.

[…]

Un représentant d’un autre spa local sur Olympic Boulevard dit que ce genre de problème s’est également présenté là-bas. Un homme biologique qui s’est identifié comme une femme a provoqué “un tollé” l’année dernière lorsqu’il s’est exposé dans les piscines et les vestiaires des femmes. “Les gens ont commencé à se sentir mal à l’aise”, a expliqué l’employé. “C’est devenu très perturbant.” Selon le magazine LA Times, la direction l’a confronté. Sa réponse ? “Il était catégorique sur le fait que le spa devrait ‘essayer d’habituer les jeunes filles et les femmes à voir les organes génitaux masculins ‘”. » [2]

Pour que la nouvelle génération soit libérée des idées étroites des parents, l’instruction scolaire, dès le primaire, joue un rôle clé. Ainsi, dans une école américaine, on a demandé aux enfants de remplir un questionnaire sur l’égalité sexuelle. Mais en précisant que les enfants n’étaient pas autorisés à en parler avec leurs parents. Une des questions : « Tu t’identifies à quel genre ? » Les mêmes sujets se glissent dans les bibliothèques scolaires de par chez nous, mais dans des livres qu’on n’était pas censé ramener à la maison. J’utilise l’imparfait, parce que dans ce domaine le changement est rapide.

Et que dire de la pression cinématographique ? On voit de plus en plus de films se servir de la thématique LGBT. Tel film dépeigne les couples homosexuels comme étant exemplaires et équilibrés en opposition à des couples hétéros hypocrites et réactionnaires. Tel autre film montre une fille trans qui, manifestement, n’est pas et n’a jamais été un garçon devenu fille, mais une fille jolie et agréable. Tel autre film montre un jeune homme manifestement masculin, en nous faisant croire qu« il » était une fille, enceinte de surcroît. Le mensonge est tellement gros que l’on se dit : plus c’est gros, mieux ça passe. Quand on donne le rôle d’une fémininmasculin à un homme ou d’un masculinféminin à une fille, on trompe son monde.

Tout cela atteint des sommets lorsque l’idéologie pousse des enfants ou des jeunes à subir des opérations pour « changer de sexe ». Qu’un adulte fasse cela, il a au moins l’âge d’assumer ses choix. Mais ce n’est pas vrai des enfants et des jeunes. Dans une tribune pour le journal l’Express, plus de cinquante médecins, psychologues et intellectuels tirent la sonnette d’alarme : « Il y a dix ans on recensait environ dix demandes de changement de sexe par an pour la région Ile-de-France, précise Jean Chambry, pédopsychiatre responsable du CIAPA (Centre Intersectoriel d’Accueil pour Adolescent à Paris). Aujourd’hui, c’est dix par mois. Une explosion des demandes qui touche en particulier les adolescentes. Pourtant « ce phénomène, “l’enfant-transgenre” est en réalité une mystification contemporaine qu’il faut dénoncer vigoureusement car elle relève de l’embrigadement idéologique » affirment les signataires de la tribune. Car l’enfant est « un être en construction », quand « on voudrait nous faire croire qu’au nom du bien-être et de la liberté de chacun, un enfant, délesté de l’accord de ses “réactionnaires” de parents, serait à même de “choisir” son identité dite genrée ». » L’idéologie n’est qu’un prête-nom du mensonge. Elle n’a que faire de la réalité objective. Pour elle, la réalité n’est pas ce que l’on voit, ce que l’on peut toucher et analyser, mais ce qu’on croit en dépit de la réalité.

Dans la même tribune, les auteurs rappellent ce qui se passe en Ecosse : « Pensant peut-être apporter une réponse, le gouvernement écossais a émis, depuis le 12 août, de nouvelles directives d’inclusion LGBT, selon lesquelles des enfants dès l’âge de l’entrée en primaire auront la possibilité de changer de nom d’usage et de sexe à l’école sans le consentement de leurs parents. Sans leur consentement et même sans que ceux-ci en soient informés si l’enfant en fait la demande. » Serait-ce là le paradis promis ? Et si c’était en fait l’enfer auquel on condamne sans scrupule nos enfants ?

 

Un autre exemple :

« Devrait-il subsister des tabous ? La semaine dernière, [dans le Washington Post] Lauren Rowello [une ancienne prostituée [3]] a fait valoir que ces frontières sont loin d’être assez libérales. Non seulement on devrait exposer ouvertement des jouets sexuels dans le cadre des défilés Gay Pride, affirme-t-elle, mais elle pense qu’il est important que ses enfants le voient – parce que les enfants devraient apprendre que “que les expériences alternatives de sexualité et d’expression sont valides”. » [4]

L’auteure de continuer : Si nous libérons la société des freins imposés à la sexualité, autrement dit, si tout va et si tout devrait aller, nous risquons de créer une société surréaliste qui invertit « la politique de respectabilité » et dans laquelle vous serez critiqué et humilié si vous n’êtes pas assez dépravé. Et elle ajoute :

« Nous avons peut-être adopté en gros l’idée que « tout est permis » à condition que ce soit « sûr, sain et consenti ». Mais si l’excitation des tabous sexuels est précisément leur interdit, alors tôt ou tard quelqu’un cherchera à abattre le tabou du consentement lui-même – et en particulier pour violer le consentement de ceux qui ne sont pas considérés comme capables de consentir en premier lieu : les enfants et les animaux.

On commence à frapper de plus en plus fort à cette porte aujourd’hui. Lorsque Tom Chivers a écrit récemment dans ces pages sur les raisons pour lesquelles nous sommes dégoûtés par les personnes ayant des relations sexuelles avec des animaux, le brouhaha qui s’en est ensuit illustre à quel point cela reste, heureusement, une zone interdite; mais plus tôt cette année, Joanna Bourke a écrit un livre entier cherchant à remettre en question les tabous autour de la bestialité.

Ailleurs, l’Internet regorge de ceux qui cherchent à « compliquer » les limites du consentement sexuel des mineurs. Cela s’étend également au milieu universitaire : Allyn Walker a récemment publié une étude sympathique sur les pédophiles non délinquants.

En d’autres termes, la « pente glissante » n’est pas un croque-mitaine conservateur. C’est une fatalité structurelle inévitable. »

Or, ces choses commencent à se retrouver dans l’enseignement des plus jeunes, même si les parents ne sont pas nécessairement au courant. Ce fut ainsi au Minnesota où on encourageait les élèves de ne pas parler à leurs parents d’un sondage sur l’égalité. Voici l’une des questions posées : De quel genre t’identifies-tu ? Cela concernait des enfants de quatrième année primaire … [5] Drag-queens et échanges sur des expériences sexuelles de tout genre deviennent la nouvelle norme. Cela a commencé outre-Atlantique, mais ce n’est plus limité au Nouveau Monde. Ce qui aurait été jugé extrême et inacceptable il n’y a pas si longtemps est devenu un droit soutenu par la loi.

« Un juge fédéral a rejeté cette semaine la demande d’une université chrétienne de contourner les nouvelles règles de l’administration Biden qui obligent les écoles religieuses à ouvrir leurs dortoirs – y compris les chambres et les douches communes – aux membres du sexe opposé.

[…]

Après que le président Joe Biden a publié un décret exécutif intitulé « Prévenir et combattre la discrimination sur la base de l’identité de genre ou de l’orientation sexuelle » en janvier, le ministère du Logement et du Développement urbain a présenté une directive conforme à la nouvelle interprétation du « sexe » par l’administration. » [6]

Ainsi, en quatre mois (!), un changement politique radical est entré dans la loi… Et on n’y peut rien. C’est se conformer ou fermer. L’université en question a opposé un appel. Mais la perspective n’est pas bonne. C’est un changement de société qui s’opère devant nous et qui nous est imposé. Evidemment, tout cela ne se limite pas aux USA. On voit le même processus au Canada et en Europe occidentale. Et presque nulle part ailleurs. Comme si l’idéologie LGBT est une hérésie qui pousse seulement sur le rejet de la foi judéo-chrétienne.


Un autre exemple, également tout récent : L’Association des libraires américains (ABA) avait fait la publicité pour un livre d’Abigaïl Shrier, Dommages irréversibles, en parlant de « la mode transgenre qui séduit nos filles ». Il y a eu une réaction très violente qui a conduit l’association à offrir ses excuses pour le crime « inexcusable » de promouvoir un livre qui proposait une perspective alternative. Elle a tweeté :

« Il s’agit d’un incident grave et violent qui va à l’encontre de la politique, des valeurs et de tout ce que nous croyons et soutenons à ABA. «Nous nous excusons auprès de nos membres trans et de la communauté trans pour ce terrible incident et la douleur que nous leur avons causée. Nous nous excusons également auprès de la communauté LGBTQIA+ dans son ensemble et de notre communauté de libraires. [7]

A quand les autodafés de livres interdits, comme au bon vieux temps de l’inquisition ou du Nazisme ?

Un dernier exemple. Nous avons entendu tout récemment que sur les vols Lufthansa et compagnies associées, on n’accueillera plus les gens par : « Messieurs, Mesdames » pour n’offenser personne. Offenser les gens ? Mais on n’arrête pas d’offenser quiconque ose douter de la vérité LGBT. Apparemment, les offenser ne pose aucun problème !

Au Québec, cela est déjà allé bien plus loin. Le journal Marianne écrit :

« Pour la Cour supérieure du Québec, le fait que trois articles du Code civil identifient le parent d’un enfant comme son « père » ou sa « mère » « violent la dignité et le droit à l’égalité » de ce parent si celui-ci se sent non binaire. La conception des individus doit donc reposer sur la notion d’identité de genre, et ce, même au sein de l’état civil. Pourtant, l’idée apparaît floue.

Rhéa Jean, philosophe québécoise et militante féministe depuis près de 20 ans observe depuis des années l’évolution des revendications transgenres dans le pays. À la lecture de cette décision, elle s’interroge : « Pour ces militants, l’identité de genre nous définirait et irait en contradiction avec la mention de sexe. Or, même le jugement de la Cour supérieure du Québec n’est pas capable de définir l’identité de genre, si ce n’est par une définition circulaire : « le genre fait référence au genre qu’une personne ressent intérieurement » (alinéa 2). On ne sait toujours pas ce que c’est le genre ! Qu’est-ce que ce ressenti ? Même si on ne sait pas ce que c’est, l’identité de genre est néanmoins une « caractéristique immuable » (alinéa 106). » Et de poursuivre : « En quoi les informations factuelles sur le sexe des personnes seraient discriminantes envers les personnes trans ou non binaires ? En quoi des informations factuelles peuvent-elles porter un élément de jugement moral ? »

Quand même le biologique doit être évacué, trouver du commun devient une tâche peu aisée, … et apparemment non désirée de la part des « genrés ». L’article poursuit :

« Morcellement du corps, donc, mais aussi morcellement du tissu social. L’individu se perçoit à l’intérieur de sous-groupes identitaires (non-binaire, gender queer, sans genre, demiboy, etc.) vaguement définis par des idées superficielles », souligne Rhéa Jean. Selon elle : « on cherche à nous imposer l’utilisation de pronoms pour chacun de ces groupes identitaires ou à la demande individuelle de chacun, on nous impose des nouveaux termes comme ‘cis’, on change la définition des mots comme ‘femme’, ‘homme’. C’est inquiétant car la communication se brise. » » [8]

 

Avec ces lignes, on est de retour au début de cet article. On n’est plus ce qu’on est mais ce qu’on ressent. Les sables mouvantes des sentiments sont appelées à remplacer le fondement de l’identité sexuelle. La réalité objective est niée, bafouée et remplacée par un subjectivisme absolu. Mais lorsque le mensonge prend la place de la réalité, une confusion babélienne s’ensuit où les « discriminés » veulent réinventer le monde en discriminant sans vergogne le reste de la population. Mais la déraison finira par transformer le monde en hôpital psychiatrique. Car le mensonge finit toujours par aliéner le menteur.



[1] C’est le titre du chapitre quatre de Drieu Godefridi, De la violence du genre à la négation du droit, Texquis 2013. Godefridi argue que cela est impossible et que Butler n’est d’ailleurs pas conséquente dans ses dires. Il conclut, page 44, que « [s]i le sexe comporte un substrat biologique, la théorie du genre, au sens de Judith Butler, est une contradiction performative » (se dit d’une proposition qui se nie elle-même; par exemple « Je mens »).

[2] https://www.frc.org/updatearticle/20210706/spa-woman. L’article date du 6 juillet 2021.