Le culte de la Liberté

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samedi 16 mars 2019

Une indignation à géométrie variable


Le drame d’hier à Christchurch en Nouvelle Zélande a soulevé une grande indignation. Cela est normal. Une vie humaine est sacrée :
“Et de même, de votre sang, qui est votre propre vie, je demanderai compte à toute bête et j’en demanderai compte à l’homme : à chacun je demanderai compte de la vie de son frère. Qui verse le sang de l’homme, par l’homme verra son sang versé; car à l’image de Dieu, Dieu a fait l’homme.” (Genèse 9.5-6 TOB)
Cependant, cette indignation – surtout occidentale – soulève une question inquiétante : Pourquoi s’indigne-t-on pour des morts musulmans dans une mosquée et ne s’indigne-t-on guère pour des morts dans des églises chrétiennes au Moyen-Orient, et cela à répétition ? Puis-je suggérer qu’une telle indignation sélective est immorale ?
Il y a quelque temps, pour les média déjà une éternité, on s’est indigné pour les Rohingyas musulmans de la Birmanie. Mais jamais on ne s’est inquiété de la persécution au moins aussi terrible des Karens de Birmanie. Parce que ceux-là sont chrétiens ? Avec un ami, nous avions envoyé images et rapports à la RTBF et à Euronews. Aucune réaction. Aucune pitié. Malgré la belle devise d’Euronews, “All views”, certains points de vue sont manifestement proscrits. Dans ce cas, l’indignation est immorale. Car elle est une forme de racisme.
Pour nos politiciens en campagne électorale, cette indignation est suspecte. L’infection électoraliste est trop endémique dans leur milieu pour que leurs belles phrases soient autre chose que du bla-bla-bla.
Tant que certains morts se comptent à l’unité et d’autres en milliers, l’indignation est immorale.
Tant qu’on comptabilise les morts palestiniens et qu’on tait les morts juifs, l’indignation est immorale.
Tant qu’on s’indigne devant des morts musulmans et qu’on oublie des morts chrétiens et juifs, cette indignation est immorale.
Tant qu’on verse des larmes de crocodile devant les morts de Christchurch et qu’on continue à soutenir des régimes tueurs de leurs propres compatriotes, comme l’Iran, l’Autorité palestinienne et la Chine, l’indignation est immorale.
Tant qu’on essuie une petite larme devant les 148 coups de fouet et les 10 ans de prison supplémentaires pour l’Iranienne Nasrin Sotoudeh, avocate des droits des femmes, et que l’on offre en même temps une place à l’Iran au sein du Comité pour la condition des femmes, une instance chargée de faire des propositions sur tous les types de violences faites aux femmes [1], l’indignation est immorale.
Je pourrais continuer. En est-il vraiment besoin ? L’indignation ne peut être partielle en s’accompagnant de l’indifférence morale la plus crasse. Elle ne peut se contenter d’un dosage homéopathique pour les causes dont on préfère ne rien savoir. A géométrie variable, l’indignation perd sa crédibilité et dévoile l’hypocrisie des indignés.
Triste.


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