Le culte de la Liberté

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samedi 26 septembre 2015

Les migrants – quelques pensées provisoires

Depuis quelque temps déjà, je me demande ce que je pourrais bien écrire sur la crise migratoire du moment. Le problème est bien sûr que nous n’en avons pas encore assez de recul, ni d’ailleurs assez de détails. Entre ce qui est distillé par les média et ce que l’on apprend d’autres sources, il n’est guère aisé d’arriver à une opinion claire et éclairée ! Voici donc quelques pensées nécessairement provisoires.
Comme beaucoup, je suis tiraillé entre des sentiments très divers. Cela va de la générosité la plus grande à l’indignation la plus profonde en passant par une méfiance tenace.
L’indignation ?
Comment ne pas être indigné devant le spectacle des monarchies du Golfe qui abandonnent leurs frères en la foi entre les mains de l’ennemi “chrétien” ? Quelques exemples.
Voici un extrait d’une interview télévisée avec Fahad Alshalami, officiel koweitien qui explique pourquoi les pays du Golfe ne peuvent pas accueillir de migrants.[1] Il dit : “Le Koweït et les pays associés ne peuvent accueillir aucun réfugiés car nos pays sont riches. De toute façon, notre niveau de vie est trop élevé pour eux, contrairement au Liban et à la Turquie qui sont bon marché et plus adaptés aux réfugiés syriens. … Pour finir, nous n’avons pas à accueillir des personnes qui sont différentes de nous. … Nous ne voulons pas de personnes qui ont souffert de stress et de traumatismes dans notre pays.”
Un autre exemple. Savez-vous qu’il y a près de La Mecque, à Mina, en Arabie Saoudite, une cité de tentes équipées pour accueillir 3 millions de pèlerins ? “Mina est une grande ville faite de tentes en dur de différentes tailles où peuvent dormir de six à trente personnes par tente. La ville est divisée en secteurs qui correspondent à un regroupement des pèlerins par régions du monde. Il s’agit d’un espace énorme car il est censé accueillir les millions de pèlerins qui viennent chaque année accomplir les rites du Hajj… Chaque secteur est composé de tentes qui ont la climatisation et qui sont les unes à côté des autres, d’un ensemble de toilettes à la turque qui sert à tout le secteur et de points thé ou café.”[2] Mais aucun signe de migrants … Construire des mosquées en Europe et y envoyer des prédicateurs d’un Islam rigoureux, cela est dans les cordes des maîtres de Riyad. Mais accueillir des migrants … Il faut ajouter à cela que le pays décapite peut-être plus de gens que l’Etat Islamique. Depuis le début de cette année, déjà 134 personnes. Riyad affirme appliquer la peine capitale pour les crimes graves, sur la base de la charia, la loi islamique : meurtre, viol, trafic de drogue, vol à main armée, enlèvement, mais aussi apostasie (refus de la religion), adultère et « sorcellerie ».[3] Et entre “décapiteurs”, on s’entend …
J’ouvre une parenthèse. Savez-vous que l’Arabie Saoudite a été nommé pour présider le groupe consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies (UNHRC) à Genève ? Ce groupe est responsable pour la nomination des responsables pour la surveillance des droits de l’homme dans le cadre de l’ONU. C’est comme si on confie la protection d’un troupeau de moutons à un loup ! Or, par rapport à la question des migrants, le même article du Monde rappelle qu’en moins d’un an, l’Arabie saoudite a expulsé 36.000 Somaliens, 163.000 Ethiopiens et 613.000 Yéménites, selon l’Organisation internationale des migrations.
Et le Qatar ? De grands organisateurs, non ? Ils sont en train de construire les stades pour le mondial 2022. C’est vrai, ils le font avec des esclaves. Ils investissent aussi chez nous. Demandez au PSG et à combien d’autres ? Et à combien se chiffre l’aide aux migrants frères ? Et l’aide à l’Etat Islamique ? (Voir aussi sur ce blog : http://alternatio.blogspot.be/2015/03/vendre-son-ame-au-diable.html.)
Et puis, combien sont ceux qui gagnent à l’Etat islamique ? Leur pétrole passe bien quelque part pour être vendu. De l’indignation ? Oui, il y en a et il doit y en avoir.
Burak Bekdil pose une question judicieuse : Pourquoi faut-il que des non-Musulmans paient le prix pour des guerres exclusivement intra-Musulmanes et pour la vague de migrants qu’elles créent ?[4]
De la générosité.
Qui sont en première ligne de la haine islamiste en Syrie et en Iraq (et dans les territoires palestiniens, mais cela est une autre histoire) ? Les chrétiens. Ensuite d’autres minorités, à l’Islam apparemment adultéré. Faut-il les accueillir ? Bien sûr ! Encore faut-il qu’ils puissent arriver jusqu’en Europe sans se faire jeter par-dessus bord par des Musulmans. Combien de chrétiens se sont noyés ainsi dans la Méditerranée ?
De la générosité ? Mais bien sûr. Mais en trouvent-ils ? Dire en tant que maire que vous voulez accueillir des chrétiens est sévèrement critiqué par ceux qui ont accès aux média. Ce serait de la discrimination ! C’est peut-être vrai. Tout comme jeter par-dessus bord les chrétiens. Ou comme refuser d’aider des populations chrétiennes lors des catastrophes ailleurs. Mais comment être généreux si on refuse de compter avec la haine ancestrale contre Juifs et chrétiens ? N’est-il pas temps, justement, de chercher à aider ceux et celles dont on ne veut pas … entendre parler ? N’y a-t-il pas un temps, enfin, pour une certaine discrimination positive ?
Donc ne pas aider les Musulmans ? Bien sûr qu’il faut les aider. Et se poser la question pourquoi ils veulent venir chez nous. Car si leurs pays frères ne veulent pas d’eux, eux veulent-ils de leurs pays frères ? Apparemment pas. De la Turquie, ils passent en masse vers l’Europe … chrétienne (dans leur compréhension). Cette même Europe qui a été largement critiquée dans le Moyen-Orient comme la responsable de tous les maux. Ne dites pas trop vite que c’est injuste. Pourquoi veulent-ils venir chez nous ? A cause de nos valeurs de solidarité et d’accueil. A cause de nos valeurs qui nous dictent de les faire profiter de nos avantages matériels. Ces valeurs ne semblent pas exister ailleurs. En terre d’Islam, comme sur les terres de bien d’autres religions et philosophies, ces valeurs semblent quasi inexistantes. D’où vient donc qu’elles existent chez nous ? Je vais vous dire une vérité qu’on n’a plus guère le droit de dire. Ces valeurs viennent de nos racines judéo-chrétiennes. Oups ! C’est presqu’un gros mot ! Pourtant, il faudra se rendre à l’évidence.
Notre philosophie officielle est coulée dans le marbre évolutionniste. Réfléchissez un instant. Croyez-vous vraiment que celle-ci fera jamais naître l’amour du prochain ? On y parle plutôt de la survie du plus fort et de la mort des inadaptés, pas d’humanisme. Heureusement que nous n’agissons pas (encore) en accord avec ce genre d’opinions ! Heureusement qu’il reste encore un héritage chrétien qui nous inspire l’accueil du prochain dans le besoin ! Car une telle générosité n’est pas la norme dans notre monde. La compassion est une plante rare, exotique. Elle ne pousse vraiment que sur un sol irrigué par … la Bible.
Alors oui, soyons généreux, mais sans être naïfs. Ce qui m’amène au point suivant.
Une méfiance tenace.
C’est plus fort que moi, je l’admets. Une certaine méfiance me ronge devant l’actualité. Je vois venir des flots de gens avec une foi militante ce qui risque de transformer notre continent. J’écris “des flots”, car il n’est pas bien vu de dire : invasion. Pourtant, en parlant avec pas mal de gens, c’est le mot qui sort spontanément. C’est ce que beaucoup ressentent, une invasion qui ne dit pas son nom. Cette méfiance est nourrie par plusieurs questions.
Pourquoi cette vague tout-à-coup ? La guerre en Syrie dure depuis des années, mais soudainement, on se met en route pour l’Europe. Y a-t-il quelqu’un derrière cela ?
On nous dit qu’il y a encore un million de personnes décidées à se lancer sur ce chemin, et qu’un autre million attend en Libye. Beaucoup de ces gens (la plupart ?) sont acquis à un Islam plutôt militant et viendront réclamer leur droit le vivre chez nous selon leur religion. Cela va transformer un continent comme le nôtre qui est menacé d’une implosion démographique, due à la politique d’avortement et à une dénatalité importante. Bien sûr, l’immigration va aider l’économie, menacée elle aussi par cette implosion démographique, mais la vie n’est-elle pas plus que l’économie ? A quoi ressemblera notre société en dix ans ? Les sociétés d’où sortent les migrants, sont-elles notre modèle préféré pour l’avenir ?
Ma méfiance ne fait que grandir quand je lis la chose suivante. Il s’agit d’une interview sur Radio Courtoisie le 11 septembre, d’où sont tirées les lignes suivantes :
Mieux vaut être musulman que chrétien d’Orient pour obtenir l’asile en France. Invités de Jean-Marie Le Méné sur Radio Courtoisie, Frédéric Pichon, spécialiste de la Syrie à l’université de Tours, et Marc Fromager, directeur de l’Aide à l’Eglise en détresse, lui ont expliqué pourquoi.
Frédéric Pichon : « Je me suis entretenu cet après-midi avec un haut fonctionnaire de la République qui travaille dans l’accueil des réfugiés et qui m’a dit très clairement, en me disant que je pouvais le répéter partout donc j’en profite pour le faire – qu’il y a des consignes gouvernementales pour noyer la question des chrétiens d’Orient. Il me dit : « Voilà, il y a des chrétiens syriens et irakiens qui attendent depuis huit mois un visa à Beyrouth ». Il m’explique : « Il faut savoir que l’ambassade de France à Beyrouth sous-traite l’instruction des dossiers de visas à une compagnie privée libanaise détenue par un musulman sunnite. » C’est un haut fonctionnaire, c’est quelqu’un de sérieux, c’est un préfet. Il me dit que maintenant, il conseillerait presque – mais je ne veux pas lancer ici un appel à émigrer pour les chrétiens – aux chrétiens d’émigrer sans demander de visas et de passer par la Turquie et de se cacher dans ce flot [de migrants] pour avoir des chances d’être accueillis. Parce qu’il y a des consignes, m’a-t-il dit, surtout pour les chrétiens syriens qui sont réputés être pro-régime.
Marc Fromager : « Même en France ça fait des années qu’on a ce genre de témoignages. Des chrétiens égyptiens, par exemple, qui ont fui leur pays parce qu’ils sont menacés, en danger, etc. L’instruction se fait ici avec des traducteurs arabes, la plupart d’origine maghrébine musulmane. Et bizarrement [ces chrétiens traduits par des musulmans] n’auront quasiment jamais droit à l’asile politique et donc sont refoulés. Par contre les musulmans, eux, sont accueillis assez facilement. » [5]
Puis, il y a cette histoire sur laquelle nos média ont sauté comme des affamés. L’histoire du petit Aylan, dont le cadavre a jonché une plage turque. Une histoire tragique. Cela ne devrait pas arriver à un enfant. Mais c’est arrivé. Parce que son père a choisi consciemment ce chemin-là pour améliorer son sort. Il habitait à Istanbul depuis trois ans. Pas exactement un migrant chassé par l’Etat Islamique ! Sa sœur, qui vit au Canada, lui envoie régulièrement des mandats. A la radio de Vancouver, elle dit avoir recommandé à son frère de faire venir leur père, Abdullah, toujours résidant en Syrie, en Europe pour y faire soigner ses dents. Elle a du reste envoyé de l’argent à cette fin. Son frère lui dit alors qu’il se rendrait avec toute sa famille en Europe afin de ne pas laisser les deux garçons tous seuls. Avec l’argent de sa sœur, il fait appel à un passeur pour l’emmener de Turquie en Grèce pour la somme de 4.000 euros. Le navire chavire pendant le trajet, et toute sa famille meurt noyée, sauf lui. Monsieur Kurdi racontera différentes versions de son naufrage aux autorités turques. A présent son seul désir est de vivre auprès des siens, enterrés à Kobané. De cette tragique histoire, il restera le goût amer d’une manipulation grotesque d’un drame humain. Car tout semble bon pour toucher la corde sensible des gens (et faire taire la critique ?).[6]

Indignation, générosité et méfiance. Plus j’y réfléchis, plus ces trois mots me reviennent. A vouloir balayer le premier et le dernier d’un revers de main, les Bien Pensants dans notre pauvre Occident jouent à quel jeu ?

mardi 25 août 2015

Sagesse et flatterie

Henry de Huntingdon raconte l’histoire de Knut le Grand, roi d’Angleterre qui régna au début du onzième siècle, il y a donc mille ans, peu avant la conquête normande.
Pour apprendre une leçon aux nombreux flatteurs qui formaient le gros de ses courtisans, il fit placer son trône au bord de la mer. Il s’y assit et, d’une grande voix, commanda aux vagues de ne pas franchir les limites de son royaume. C’était le moment de la marée montante et peu à peu, l’eau s’approcha du trône, jusqu’au moment où elle passa par-dessus de ses pieds et, sans aucun respect pour sa personne royale, monta contre ses jambes. Le roi sauta en arrière en disant : “Que tous sachent combien est vide et sans valeur le pouvoir des rois, car il n’y en a aucun digne de ce nom, sinon celui à qui obéissent les cieux, la terre et la mer selon les lois éternelles.” Après cela, il pendit sa couronne sur un crucifix et ne la porta plus jamais “pour la gloire de Dieu, le Roi tout-puissant”.

Nous vivons en un temps où les flatteurs semblent occuper le terrain au prix de la sagesse dont témoignait en son temps le roi Knut. On a l’impression qu’aujourd’hui, nous possédons enfin le pouvoir de faire plier la nature à notre volonté. Quand j’écoute le discours sur le réchauffement climatique, il me semble entendre une prétention sans bornes. Nous allons limiter le réchauffement climatique par nos moyens ! On croirait apercevoir Knut sur le bord de la mer, cette fois-ci convaincu que la marée lui obéira.
On a la prétention de pouvoir contrôler ou influencer des processus qui nous dépassent totalement et où le rôle des hommes est probablement minime. A coups de milliards et de dizaines de milliards, on se dit que l’on va atteindre l’objectif de changer la nature, le climat, dans le sens que nous voulons. Regardez bien : Le trône est fermement implanté sur la grève et on se flatte que la marée se pliera à notre volonté.
Et si un lobby avait obtenu la possibilité d’agir à sa manière, avec une mainmise quasi-totale sur les leviers politiques et financiers ? Car la science du réchauffement n’est pas aussi bien étayée qu’on ne le prétend. Mais à force d’étouffer toute opinion contraire, tout le monde finira par se mettre au pas. Pour le moment, la sagesse semble avoir perdu son combat contre la flatterie.
Fin novembre aura lieu la Conférence de Paris sur les changements climatiques. Voici ce qu’on annonce (Wikipédia) :
Selon le comité organisateur, l'objectif de cette conférence est « d'aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d'impulser/d'accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone ». À cet effet, l'accord, censé entrer en vigueur en 2020, devra à la fois traiter de l'atténuation — la baisse des émissions de gaz à effet de serre — et de l'adaptation des sociétés aux dérèglements climatiques existants et à venir. Il s'agira de trouver un équilibre entre les besoins et les capacités de chaque pays. La répartition de l'effort entre les émetteurs historiques et les économies émergentes est l'un des points sensibles de la négociation.
Pour préparer cet accord, chaque pays doit préparer et publier en amont de la COP 21 une contribution qui présente un plan de travail concret à même de permettre à l’État concerné de faire sa part au sein de l’effort universel.La COP 21 doit également permettre aux pays développés de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, en partie via le Fonds vert pour le climat, afin d’aider les pays en voie de développement à lutter contre le dérèglement climatique.[…] Enfin, toutes les contributions visent à la fois à atténuer les émissions de gaz à effet de serre en prévoyant de faire évoluer l’économie nationale, et à adapter les conditions de vie des personnes aux changements climatiques effectifs ou anticipés.[1]
Non seulement les nouveaux occupants du trône de Knut ont une grande prétention – qui n’en a pas ? – mais non contents de commander la marée, et de croire que leur lutte sera efficace, ils veulent obtenir un pouvoir contraignant – c’est un mot terrible ! – qui va engloutir des sommes astronomiques. Pour atteindre quel objectif ?
Peut-être que le climat se refroidira tout seul, comme il l’a toujours fait. Peut-être que cela durera, empirera, encore. Après tout, le climat a toujours été une suite de cycles dont nous ignorons les durées. L’orgueil, nourri des prétentions philosophiques de l’homme moderne, croit changer cela. Mais ce n’est pas parce qu’on crée une panique qu’on a raison. Ce n’est pas parce qu’on crie très fort et qu’on est nombreux qu’on a raison. On a plus que probablement tort. Mais avant d’avoir les pieds et les jambes mouillés, on aura imposé combien de souffrance ?
Qu’on me comprenne bien. Lutter contre la pollution (mais le CO² n’est pas un polluant) et pour une gestion responsable des ressources de la planète est une chose excellente. Mais dépenser des centaines de milliards pour arrêter la marée n’est pas une chose excellente. Si ce n’était pas si dramatique, ce pourrait même être comique. Mais, tristement, cela pourrait nous conduire à la pire des dictatures. Le résultat opposé de l’action de Knut le Grand, quoi.
Dans la course entre la sagesse et la flatterie, la sagesse part perdue. Mais la course est loin d’être finie. La marée commence seulement à monter.

Suite aux élections d'un nouveau président au GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), ce 6 octobre 2015, le philosophe Drieu Godefridi a adressé la lettre suivante à Nathalie Kosciusko-Morizet. Elle touche à la question si oui ou non, le GIEC est une entreprise scientifique. [2]


Chère Nathalie,
Vous considérez que les climato-sceptiques sont "des connards" (lire article ici).
Que des dizaines de milliers de scientifiques de par le monde questionnent la scientificité des rapports du GIEC, ce groupe d’experts de l’ONU sur le climat, est ce que vous ne pouvez accepter.
Sans doute estimez-vous que le GIEC est une organisation scientifique, qui plus est mondiale dans son envergure, et que sa parole ne saurait être mise en doute que par des “connards” précisément.
Dans un ouvrage paru en 2010, j’ai démontré que le GIEC est une organisation politique de part en part, de type scientiste, et pas du tout une organisation scientifique. J’ai donné, sur le sujet, des dizaines de conférences, de la France aux Etats-Unis, ai participé à des dizaines de débats, workshops et autres, ai confronté des centaines de contradicteurs. À ce jour, personne n’est parvenu ni à réfuter mon argument, pourtant simple, ni à démontrer de façon crédible que le GIEC était une organisation scientifique.
Par sa composition, ses compétences et son fonctionnement, le GIEC est une organisation politique. Aucun rapport n’en émane, qui n’ait passé les fourches caudines de l’Assemblée générale du GIEC, composée dans son écrasante majorité de non scientifiques, représentants des gouvernements.
Mesurez-vous que deux des trois compétences du GIEC — évaluation des impacts négatifs, pour l’homme, des changements climatiques observés, et normes à mettre en œuvre pour y parer — ne peuvent être concrétisées que sur le pied de jugements de valeur ? Or, chère Nathalie, comment nier que les jugements de valeur sont la province du politique, et non de la science ?
Vous êtes-vous jamais aventurée à jeter un œil sur la troisième partie du dernier rapport du GIEC, l’AR5, qui est un hymne à l’idéologie ultra-minoritaire et authentiquement anti-humaniste de la décroissance ?
Enfin, comment nier que la nature d’une organisation influe sur la nature des rapports qui en émanent ? Si le GIEC est une organisation politique, ses rapports sont politiques.
En interroger la pertinence scientifique est donc non seulement légitime, mais une question d’hygiène intellectuelle élémentaire.
Je vous adresse de ce jour un exemplaire de cet ouvrage au siège des Républicains (je présume que vous y passez à l'occasion).
Pour conclure, je ne vous traiterai pas de connasse...
Mon éducation me l’interdit.
Sentiments dévoués,
Drieu Godefridi
Docteur en philosophie (Sorbonne), juriste et auteur de “Le GIEC est mort, vive la science” (Texquis, 2010)

Puis-je recommander l'article suivant ?
Le GIEC et les prévisions de réchauffement : réquisitoire contre les modèles climatiques.
Par Jean-Michel Bélouve le mardi 29 octobre 2013
http://blog.turgot.org/index.php?post/Belouve-Modeles-rechauffement
[2] http://www.lalibre.be/debats/opinions/non-nkm-les-climato-sceptiques-ne-sont-pas-des-connards-5614ca8335700fb92f7fa150



lundi 13 juillet 2015

Rien ne va plus

Dans tous les casinos, cette phrase est régulièrement prononcée. Pourtant, personne n’entend le sens profond et prophétique de ces paroles, et on continue à jouer.
Dans le casino qu’est notre monde, c’est un peu pareil. Rien ne va plus.
C’est ainsi dans les discussions sans fin autour de la Grèce où des dizaines de milliards sont joués. Des milliards introuvables pour tant de causes autrement plus essentielles sont engloutis dans un système financier qui court à la catastrophe. Soit dit en passant cette vérité oubliée, déjà noté par le roi Salomon : Celui qui emprunte est l’esclave de celui qui prête. (Proverbes 22.7) Combien de peuples esclaves cela fait-il à côté de la Grèce ? Soit dit aussi, toujours en passant, l’absence totale dans les rapports sur les négociations le poids que supporte la Grèce dans l’accueil des réfugiés. Mais le poids plume des réfugiés …
Rien ne va plus.
L’Iran manifeste sa ferme intention de continuer sa guerre contre l’Amérique et contre Israël, mais les négociations pour en finir avec les sanctions et, immanquablement, ouvrir la route vers l’arme atomique iranienne progressent.
Rien ne va plus.
Vous avez peut-être vu un extrait de ce programme de la BBC sur les écoles islamiques où l’on enseigne aux enfants, en cours de biologie ?, comment couper une main ou un pied comme le requiert la Sharia … (voici le lien : https://www.youtube.com/watch?v=FXfeQsbRtKo). Cela se passe seulement au Royaume Uni ? Mais d’où vient cette tolérance coupable de la part de nos gouvernements ? Pourquoi le renvoi chez eux de gens parfaitement intégrés, tandis que ceux (et celles) qui ont juré la mort de notre société peuvent tranquillement continuer leur besogne ? Pourquoi des chrétiens qui refusent de se laisser mettre au pas par le lobby homosexuel sont-ils traduits en justice, tandis qu’on laisse tranquille les Islamistes qui sont autrement plus virulents sur le sujet ? Certains diront que c’est la peur devant des réactions violentes. Il y a sans doute du vrai là dedans. On sait bien que le risque de voir des chrétiens poser des bombes est infime. Mais il y a peut-être des raisons plus troublantes derrière cette tolérance étrange. Peut-être que la haine du Dieu des Juifs et des chrétiens est bien plus grande que la peur de l’Islamisme. Il doit mourir. Tout souvenir de lui doit être extirpé. Et, puis, il serait même possible que l’Islamisme sert plutôt bien les visés cachés de certains. Créer la pagaille pour instaurer un totalitarisme absolu n’est vraiment pas une tactique développée depuis peu. Et ça fonctionne assez bien, en général. Une énième théorie du complot ? Même pas. Seulement une recherche de réponses à une question troublante.
Rien ne va plus. Faites vos jeux. Tout sera perdu. L’orgueil des banquiers, des politiciens, des généraux et des mollahs n’aura pas le dernier mot. Seul le royaume de Dieu a des fondements éternels.
Il est temps d’écouter cette parole de Dieu qui résonne jusque dans les casinos. Rien ne va plus.

Les peuples s’agitent, pourquoi ? Ils font des projets, mais pour rien. Les rois de la terre se préparent au combat. Ceux qui ont le pouvoir se réunissent contre le SEIGNEUR et contre le roi choisi par lui. Ils disent : “Cassons leurs cordes, rejetons leurs chaînes !” 
Mais il rit, celui qui est assis dans le ciel. Sur son siège royal, le Seigneur se moque d’eux. Il leur parle avec colère, et sa colère les fait trembler. Le Seigneur leur dit : “Moi, j’ai établi mon roi à Sion, sur ma montagne sainte.” (Psaume 2.1-6 PdV)


lundi 29 juin 2015

La Cour européenne des Droits de l’homme juge qu’Israël n’occupe ni la Cisjordanie ni Gaza

Encore ! Cela devient tout de même un peu lassant ! Je me rends compte que j'ai publié déjà un certain nombre de posts sur Israël. Est-ce vraiment nécessaire ?
Je crois que oui pour plusieurs raisons :
1. L'ONU n'arrête pas de sortir des déclarations et des jugements qui concernent Israël bien plus que n'importe quel autre pays. Jugez-en pour vous-même :
En neuf d’existence, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a condamné l’Etat d’Israël 61 fois contre 55 fois pour le reste du monde. C’est à croire qu’Israël, la seule démocratie du Moyen-Orient, est un Etat voyou, alors qu’il suffit de lire la presse, et d’observer ce qui se passe dans le monde pour se rendre compte des crimes qui se commette tous les jours avec une rare violence sur tous les Continents.Depuis l’Afrique jusqu’en Asie en passant par le Moyen-Orient et l’Europe de l’est, les crimes de guerres et les violations des droits de l’homme sont légions : en Lybie, en Syrie, Iran, en Myanmar, en Corée du nord, sans oublier les pays du golfe, des régimes qui décapitent des gens en public, réprime systématiquement les femmes, les chrétiens, les homosexuels, enferment des bloggeurs innocents etc.Total des Condamnations du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, de 2006 à 2015 (Source : UN Watch) :
Israel : 61           Syrie : 15                 Myanmar  12              North Korea : 8
Iran : 5                Belarus : 4               Erythrée : 3               Sri Lanka : 3 
Soudan : 2          Libye : 2                  Honduras : 1              Afghanistan : 0 
Algérie : 0           Chine : 0                  Cuba : 0                  Guinée Equatoriale : 0 
           France : 0            Irak : 0                     Lebanon : 0                Russie : 0
          Pakistan : 0         Somalie : 0              Turkmenistan : 0         UK : 0
          USA : 0                Uzbekistan : 0         Venezuela : 0              Vietnam : 0
          Yemen : 0            Zimbabwe : 0

        Total concernant Israël : 61.
        Reste du Monde combiné : 55. [1]

J'ai l'impression que l'ONU danse sur sa tête. Ou plutôt, que l'ONU représente un monde qui tourne à l'envers. [2]

2. Les décisions de l'ONU sont transmises avec l'adjectif 'indépendant'. Par exemple, aux actualités toutes récentes : 
La Commission indépendante d’enquête des Nations Unies sur le conflit à Gaza en 2014 a réuni des informations substantielles mettant en évidence de possibles crimes de guerre commis par Israël et par les groupes armés palestiniens”, indique le rapport demandé par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.
Indépendante est ici une contradiction dans les termes avec Nations Unies. Mais, à force de répéter, on pourrait finir par croire en cette soi-disant indépendance. Il faut donc y revenir toujours à nouveau. Notre monde, nos pays, et donc l'ONU ont un parti-pris systématique et fondamental contre Israël. Cela commence à prendre des proportions énormes, au point que l'ambiance générale ressemble étrangement à ce qui se passait dans l'Allemagne nazie des années 30.

3. Il y a une troisième raison. Les pourparlers sur le nucléaire iranien avancent vers l'étape définitive. La politique obamienne joue un jeu hyper dangereux pour Israël (et donc pour nous-mêmes !). Nous ne pouvons pas ignorer cela, ou le bagatelliser. Les plaies de l'Apocalypse commencent à prendre forme devant nos yeux.

Voici donc deux articles. Le premier est un changement bienfaisant dans la cacophonie anti-Israël habituelle. La Cour européenne des droits de l'homme qui déclare "l'occupation" par Israël de la Cis-Jordanie légitime !
Le deuxième article rappelle les enjeux de la question nucléaire iranienne.

Bonne lecture !


La Cour européenne des Droits de l’homme juge qu’Israël n’occupe ni la Cisjordanie ni Gaza
Le 16 juin, la Grande Chambre de la Cour européenne des Droits de l’homme a publié deux jugements dans deux dossiers importants dans les suites du conflit entre la République du Nagorno-Karabakh, l’Arménie et l’Azerbaïdjan : les affaires Chiragov et autres c. l’Arménie et Sargsyan c. Azerbaïdjan.
Richement détaillés, ces deux jugements soulèvent des points très importants de droit international.
L’un d’entre eux concerne d’une manière surprenante, Israël, la Cisjordanie et Gaza. La Cour a, en effet (implicitement), décidé qu’Israël n’était pas la force occupante de Gaza et que la Cisjordanie n’étant pas un Etat, qu’il n’y a pas d’occupation.
Démonstration :
Dans les deux affaires, il s’agit de personnes déplacées qui n’ont pu avoir accès à leur propriété. Le cas Sargsyan concerne le refus du demandeur du droit au retour dans son village de Gulistan, situé sur le territoire de l’Azerbaïdjan, tout près de la zone de contact entre l’Azerbaïdjan et les forces séparatistes de la République de Nagorno-Karabakh.
Pour le gouvernement de l’Azerbaïdjan, le village n’est pas sous son contrôle. De plus, il est miné, et inaccessible à la population civile.
En fait, lorsqu’il a ratifié la Convention européenne, l’Azerbaïdjan a fait la déclaration suivante (paragraphe 93 du jugement) :
La République d’Azerbaïdjan déclare ne pas être en mesure de garantir l’application des réglementations de la Convention dans les territoires occupés par la République d’Arménie, tant que ces territoires ne seront pas libérés de cette occupation.
Suivent les observations de la Cour sur le « droit international applicable » (paragraphe 94) :
L’article 42 du Règlement concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre (La Haye, 18 octobre 1907, ci-après « le Règlement de La Haye de 1907 ») définit l’occupation belligérante comme suit :
Il y a occupation au sens du Règlement de La Haye lorsqu’un Etat exerce de fait son autorité sur le territoire ou sur une partie du territoire d’un Etat ennemi :
« Un territoire est considéré comme occupé lorsqu’il se trouve placé de fait sous l’autorité de l’armée ennemie. L’occupation ne s’étend qu’aux territoires où cette autorité est établie et en mesure de s’exercer. »
Il y a donc occupation au sens du Règlement de La Haye de 1907 lorsqu’un Etat exerce de fait son autorité sur le territoire ou sur une partie du territoire d’un Etat ennemi.
La Cisjordanie, autrement dit la Judée-Samarie n’étant pas un Etat, toute référence à une occupation, et à la violation du droit international n’est que propagande.
La Cour poursuit :
On considère qu’un territoire ou une partie d’un territoire est sous occupation militaire lorsque l’on parvient à démontrer que des troupes étrangères y sont présentes et que ces troupes sont en mesure d’exercer un contrôle effectif, sans le consentement de l’autorité souveraine. La plupart des experts estiment que la présence physique de troupes étrangères est une condition sine qua non de l’occupation, autrement dit que l’occupation n’est pas concevable en l’absence de présence militaire sur le terrain : ainsi, l’exercice d’un contrôle naval ou aérien par des forces étrangères opérant un blocus ne suffit pas.
Gaza n’est donc pas non plus une zone occupée par Israël.
Dans ses appréciations, la Cour complète les raisons pour lesquelles la Cisjordanie n’est pas un territoire occupé :
144. La Cour note que d’après le droit international (en particulier l’article 42 du règlement de La Haye de 1907), un territoire est considéré comme occupé lorsqu’il se trouve placé de fait sous l’autorité d’une armée ennemie, et l’on considère communément que « l’autorité de fait » se traduit par l’exercice d’un contrôle effectif et requiert des éléments tels que la présence de troupes étrangères en mesure d’exercer pareil contrôle sans le consentement de l’autorité souveraine.
« L’autorité de fait » est le gouvernement palestinien placé sous l’autorité du président Mahmoud Abbas qui « assure le contrôle effectif » de la région. La présence de l’armée israélienne est assurée « avec le consentement de l’autorité » palestinienne. Enfin, il n’existe pas « d’autorité souveraine ».
Pour la Cour européenne des Droits de l’homme, les conditions d’une occupation ne sont pas remplies concernant la Cisjordanie au regard de l’article 42 du règlement de La Haye.
Il semble évident que les juges de Strasbourg n’avaient pas à l’esprit que l’abondance de détails et de références au droit international de leur conclusions avaient des implications sur le statut légal de la Cisjordanie et Gaza, en dehors de toute la dialectique de propagande mentionnant les mots colons, colonies, occupation, dont les fondements juridiques volent ici en éclat.

© Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info

La survie d’Israël n’est pas négociable !
Communiqué de presse


Helsinki, le 23 juin 2015 - Alors que les pourparlers sur le nucléaire entrent dans la dernière semaine avant la date limite fixée au 30 juin, la Coalition Européenne pour Israël a appelé l’équipe des négociateurs du G5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Allemagne et Chine) à rester fermes pour s’assurer que l’Iran ne puisse pas développer d’armes nucléaires.
“Il est impensable de poursuivre les pourparlers avec l’Iran tant que ses dirigeants n’auront pas reconnu le droit à l’existence de l’Etat d’Israël et ne se seront pas engagés à ce qu’il vive en paix avec tous ses voisins” a déclaré le Directeur de la CEI, Tomas Sandell, lundi à Helsinki. Le refus de reconnaître un autre Etat membre de l’ONU, en l’occurrence Israël, et la menace de l’exterminer sont une flagrante violation de la Charte de l’ONU, dont le 70me anniversaire sera commémoré le 26 juin à San Francisco.
Les dirigeants iraniens ont constamment appelé à la destruction de l’Etat juif tout en déniant la Shoah. Le vœu de “rayer Israël de la carte” vient d’être déclaré “non négociable” par les leaders iraniens, et pourtant cette déclaration a été largement ignorée par l’équipe des négociateurs du G5+1, rejetant ce sujet comme “ne faisant pas partie du programme des pourparlers nucléaires.”
“Tant que l’objectif d’annihiler Israël est à l’ordre du jour de l’Iran, le G5+1 ne doit pas retourner à la table des négociations, mais maintenir les sanctions” a dit M. Sandell.
“L’Iran est le principal commanditaire du terrorisme international au Proche Orient, et ne devrait pas être récompensé par des capacités nucléaires. Un Iran doté de l’arme nucléaire n’apportera pas la paix et la stabilité à cette région, mais va la déstabiliser et amorcer une nouvelle course aux armements nucléaires”, a-t-il averti.
“La communauté internationale doit maintenir la pression sur l’Iran jusqu’à ce qu’un bon accord soit atteint”, a-t-il poursuivi. “L’UE a un engagement historique à ne pas abandonner le peuple juif quand il fait face à une menace existentielle. L’histoire nous enseigne que nous ne pouvons pas céder à un régime obsédé par l’annihilation des Juifs”, a-t-il ajouté.
“Il est alarmant de constater qu’au moment où l’UE discute de la levée des sanctions sur l’Iran, les dirigeants européens préparent de nouvelles mesures de sanction contre Israël en mettant en place l’étiquetage des produits élaborés dans les territoires contestés.
L’UE et la communauté internationale sont maintenant à l’heure du choix moral : soit soutenir la démocratie et l’Etat de droit, soit céder à un régime voyou qui persécute son propre peuple et soutient le terrorisme international”, avertit M. Sandell.
La Coalition Européenne pour Israël s’oppose à un accord nucléaire qui menacerait l’existence même de l’Etat d’Israël. La survie d’Israël n’est pas négociable.



(L’article qui l’accompagne mérite lecture).

Cf. aussi l'article dans Le Monde du 14 juillet 2015 qui reprend courtement les faits de la question (mais qui ne mentionne pas Israël - à part une photo du premier ministre israélien) : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/07/14/tout-ce-que-vous-devez-savoir-sur-l-accord-conclu-a-vienne-sur-le-nucleaire-iranien_4682968_4355770.html

Notes :

[2] La source de l'image, accompagné d'une analyse de la politique onusienne : http://www.israel-flash.com/2015/06/lonu-au-sommet-de-son-hypocrisie-encore-et-encore/

jeudi 25 juin 2015

Charleston et ses leçons de pardon et de justice

Comment devons-nous réagir devant les horreurs qui arrivent si fréquemment dans le monde d'aujourd'hui ?
L'auteur de cet article raconte sur son blog sa visite toute récente à Charleston. Il m'a semblé que ses réflexions méritent notre attention.

Le weekend passé, j’étais à Charleston, à l’église Emmanuel, pour assister au premier culte depuis l’attaque terroriste brutale par un raciste blanc, la semaine précédente. En me promenant au centre ville, j’étais frappé par l’unité que respirait la ville. Des gens chantaient devant l’église. On trouvait des signes de solidarité sur toutes les églises de la ville et les cloches sonnaient à l’unisson. Le sujet principal des conversations ? Le pardon, et plus particulièrement, celui donné par les familles des victimes au terroriste, même après que celui-ci ait tué les leurs. Pour certains, c’était une belle chose. Pour d’autres, cela les choquait.
D’un côté, c’est le genre de réaction que la plupart espéreraient avoir devant le mal. Mais en même temps, la plupart de ceux qui m’en ont parlé m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas s’imaginer qu’ils puissent pardonner une telle horreur. Certains allaient jusqu’à se demander si c’était vraiment juste. Après tout, selon eux, il s’agit d’un meurtrier qui devrait être traduit en justice.
La tension entre ces deux points de vue ne doit pas nous surprendre. Elle touche à la raison même pourquoi l’évangile est une bonne nouvelle. Pour nous, trop souvent, pardonner veut dire autre chose que ce que la Bible en dit.
Pardonner ne veut pas dire que l’on ne s’était pas compris et que maintenant, on se comprend. Si tout ce que nous avons comme problème est un manque de communiquer, on n’a pas besoin du pardon. Pardonner ne veut pas dire que tout ce qui s’est passé est arrangé. Pardonner ne veut pas dire qu’il n’y aura donc pas de conséquences au mal qui a été fait. Le pardon au sens chrétien n’est pas opposé à la justice.
Pourquoi ? Parce que nous apprenons le sens du pardon par le pardon que nous avons reçu. Ce pardon-là n’est pas une amnistie cosmique. La compassion et la justice de Dieu se rencontrent dans la croix du Christ. Quand Dieu nous pardonne, cela ne veut pas dire que donc sa justice est au chômage. Non, Dieu nous regarde comme en Christ qui  a pris sur lui et à notre place le châtiment dû pour nos péchés (Romains 3.21-26). Ce n’est pas que nous recevons un carton de libre passage, en court-circuitant l’enfer. C’est que, en Christ, nous avons déjà été en enfer – et, en Christ, nous avons été ressuscités des morts et nous avons reçu une place à la droite de Dieu.
Lors de l’arrestation de Jésus (Matthieu 26.47-54), le Seigneur a dit à Pierre de ranger son épée. Non pas parce que Jésus ne croyait pas dans la punition des méchants – il suffit de lire les derniers chapitres de l’Apocalypse ! Jésus dit à Pierre qu’il pourrait avoir une armée gigantesque de guerriers angéliques à son côté – et un jour, ce sera le cas. Non, ce qu’il voulait faire comprendre à Pierre était qu’une telle justice n’était pas du ressort de Pierre. Et c’est là le point important.
Les familles des victimes ne disent pas que le terroriste devrait échapper au châtiment. Pour l’Etat de permettre cela serait en soi un acte immoral (Proverbes 17.15 : L’Eternel a également en horreur celui qui acquitte le coupable et celui qui condamne l’innocent). Le rôle de l’Etat est d’appliquer la justice, et non la compassion évangélique, du fait même que ce n’est pas l’Etat qui a été crucifié pour les pécheurs. Il est de sa responsabilité de maintenir la justice en punissant les méchants (Romains 13.4).
Lorsque nous pardonnons, que ce soit après un attentat terrible comme ce qui vient de se passer à Charleston ou suite aux mille et un façons que nous avons été blessés, nous ne disons pas qu’il n’y a pas de place pour la vengeance. Nous disons que la vengeance appartient à Dieu et non pas à nous (Romains 12.19). Nous n’avons pas besoin d’exiger la justice de celui qui a péché contre nous, parce que nous savons que Dieu jugera chaque péché, soit au Jugement dernier, soit, et c’est ce que nous voudrions espérer, à la croix si le coupable se rend à celui qui “a apaisé la colère de Dieu contre nous en s’offrant pour nos péchés et pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier.” (1Jean 2.2)
Ce genre de pardon nous libère pour travailler ensemble en faveur de la justice, y compris la justice contre les meurtriers et les terroristes, parce que ces questions demeurent des questions de la justice publique, et non pas de la vengeance personnelle. Mais, et c’est plus important, un tel pardon nous empêche de devenir l’esclave de celui qui nous a fait du tort. Nous n’avons pas besoin d’accumuler de l’amertume, ni de conserver un registre des torts, ni de rêver de manières à nous venger.

Lorsque nous pardonnons, nous ne regardons pas ailleurs. Nous n’excusons pas le mal. Nous ne disons pas que, maintenant, tout est “OK”. Bien au contraire, nous confessons que le jugement viendra et que nous pouvons faire confiance en celui qui juge mieux que nous puissions le faire en nous faisant confiance à nous-mêmes.
Russell Moore

lundi 15 juin 2015

Qui est Dieu ?

En prenant la décision d’admettre des homosexuel(le)s pratiquant(e)s au ministère pastoral, l’Eglise Protestante Unie de Belgique (EPUB) a fait un pas de plus dans sa rupture avec la Parole de Dieu. A quelques pas du cinq-centenaire de la Réforme, en 2017, cette Eglise, héritière lointaine de la Réforme, tourne encore un peu plus le dos à son héritage.
Il y a presque 500 ans, que, devant l’empereur et les dignitaires de l’empire de Charles Quint, le Réformateur Martin Luther avait déclaré : “Ma conscience est captive de la Parole de Dieu … il n’est ni sûr ni salutaire d’agir contre sa conscience.” Les questions en discussion n’étaient bien sûr pas les mêmes qu’aujourd’hui. Mais les principes, qui ont failli coûter la vie à Luther, sont encore les mêmes. Fouler aux pieds la Parole de Dieu sur une question comme celle que vient de discuter le synode de l’EPUB revient à dire que Dieu n’existe pas, qu’il est mort. Car, et cela ne fait aucun doute, un dieu soumis aux dictats des hommes est une fiction, une farce, une fabulation. Il ressemble davantage au Père Noël qu’au Dieu de la Bible. Il s’en suit qu’une Eglise qui se détourne ainsi du Dieu de la Bible n’est plus l’Eglise de Jésus-Christ. Elle a choisi de devenir un club humaniste, totalement soumis à la dictature du moment présent. Aura-t-elle les félicitations des non-chrétiens ? Sans doute. Aura-t-elle pour autant leur respect ? Permettez-moi d’en douter. On est en général assez avare du respect envers ceux qui trahissent leurs propres convictions.
Os Guinness écrit ceci : “Celui qui se marie avec l’esprit du temps sera bientôt veuf.” Quand une Eglise ne tremble plus à la Parole de Dieu, elle devient inconsciente du danger qui la menace. En abandonnant le Dieu vivant, elle s’expose au jugement. Que cela puisse prendre du temps, assez de temps pour lui en faire oublier le risque, nous le savons. Qu’elle puisse jouir un certain temps de la popularité de ceux qui détiennent le pouvoir ici-bas, c’est encore une évidence. Mais que, ce faisant, elle fait un calcul insensé, aucun croyant qui tient à la Parole de Dieu ne l’ignore.
Dieu est Dieu. Ceux qui choisissent de l’oublier n’ont pas à craindre des “fondamentalistes”. Sur le point de la violence, la différence entre Chrétiens qui se disent fidèles à la Parole de Dieu et Islamistes modernes est abyssale. Mais il demeure que Dieu est Dieu. Il aura le dernier mot. Il est peut-être temps de réfléchir à ce qu’a dit Dieu à d’autres qui l’avaient mis au défi en leur temps :
Vos propos contre moi sont durs, dit l’Eternel, et vous, vous demandez : “Quels propos avons-nous proférés contre toi ?” Eh bien, vous avez dit : “Il est bien inutile de servir Dieu, et qu’avons-nous gagné en lui obéissant et en menant le deuil devant le Seigneur des armées célestes ? C’est pourquoi, maintenant, nous estimons heureux les arrogants, car ceux qui font le mal prospèrent; tout en mettant Dieu au défi ils s’en sortent indemnes.”
Mais ceux qui sont fidèles à l’Eternel se sont entretenus les uns avec les autres, et l’Eternel a prêté attention à ce qu’ils se sont dit. Il les a entendus. Alors on a écrit un livre devant lui pour que soit conservé le souvenir de ceux qui sont fidèles à l’Eternel et qui le révèrent. Au jour où j’agirai, déclare l’Eternel, le Seigneur des armées célestes, ces gens seront pour moi un trésor précieux. J’aurai compassion d’eux tout comme un père a de la compassion pour un fils qui le sert. Alors à nouveau vous verrez qu’il y a une différence entre les justes et les méchants, et entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas.
Car voici : le jour vient, ardent comme un brasier, où tous les arrogants et ceux qui font le mal seront comme du chaume. Ce jour-là, ils seront consumés par le feu, déclare l’Eternel, le Seigneur des armées célestes. Et il n’en restera ni rameaux ni racines. Mais pour vous, cependant, vous qui m’êtes fidèles, pour vous se lèvera le soleil de justice, qui portera dans ses rayons la guérison. …
Malachie 3.13-4.2 (Semeur)

Dieu est Dieu. Cela les Réformateurs l’ont découvert, redécouvert. Sa Loi est notre loi. Il est amour, certes, et tous ceux qui le cherchent de tout leur cœur trouveront en lui un Père tendre et secourable. Mais ceux qui rejettent son autorité mordront la poussière, tôt ou tard. Jésus dit ceci : “Nous savons qu’on ne peut pas supprimer ce qu’affirme l’Ecriture.” (Jean 10.35 BFC) Ceux qui sont sensés connaître sa Parole ont raison de trembler. Car la tentation de remettre la Bible au goût – éphémère – du jour est exactement cela, une tentation. Il faut y résister.

Pour lire la réaction officielle à la décision de l'EPUB par le service de communication de la Chambre francophone du Synode fédéral, Evacom, voici le lien :
http://protestanet.be/index_vignette.php?vignette_id=4571&ret=1