Le culte de la Liberté

Le culte de la Liberté

mercredi 21 août 2013

Les discussions entre Israël et le Fatah

Les pourparlers entre Israël et l'un des partis palestiniens, le Fatah, ont commencé. Voici quelques précisions sur l'arrière-plan de la question.


Les implantations juives sont-elles illégales et un obstacle à la paix ?
Août 14, 2013 - Europe-Israel.org

Les implantations juives sont qualifiées de façon éhontées par les européens de “colonies” en méconnaissance totale du droit International et des résolutions 242 et 338 de l’ONU qui définissent ces territoires libérés par l’armée israélienne en 1967 de l’occupation Jordanienne comme des lignes de cessez le feu entre Israël et… la Jordanie ! Mais en aucun cas entre Israël et une quelconque entité palestinienne qui n’existait pas à l’époque !
Vouloir boycotter les produits issus de ces implantations juives est un non sens juridique au regard du droit international. Les diverses résolutions onusiennes ne définissent aucune frontière entre les belligérants et proposent à ceux-ci de les définir dans un accord de paix. Or les deux belligérants de l’époque, Israël et la Jordanie on conclut un accord de paix, la Jordanie renonçant définitivement à l’occupation de la Judée Samarie (renommée Cisjordanie sous l’occupation jordanienne). Dès lors c’est en toute légitimité que les juifs se sont réinstallés dans ce qui fût le berceau du judaïsme pendant plus de 3000 ans qui n’a été occupé que de 1948 à 1967 par des populations arabes.
La décision de l’Union Européenne et l’appel de certains à boycotter les produits issus de Judée Samarie est une négation historique grave : c’est de toute évidence un signe d’allégeance aux pays islamistes de l’OCI qui refusent l’existence d’un Etat Juif sur sa terre ! L’Europe se soumet au dictât palestinien croyant ainsi caresser les babouches des uns et des autres dans le sens du poil. C’est une erreur stratégique majeure à l’heure où les peuples arabes eux mêmes essayent de se débarrasser des islamistes, à l’heure où les peuples européens commencent à grogner de l’envahissement islamiste…
Un rappel de quelques points sur la légalité des implantations n’est pas inutile pour tous ces politiciens prêts à se vendre pour quelques voix de plus:
Juifs et Arabes [1] ont vécu en Judée-Samarie depuis des siècles.
Aujourd’hui, les Israéliens et l’Autorité palestinienne négocient les frontières d’un possible état arabe au cœur même de la terre ancestrale du Peuple Juif.

  • 1.    La “Cisjordanie”, connue comme la Judée-Samarie fait partie depuis des milliers d’années de l’ancienne patrie du peuple juif et du judaïsme [2] – La Judée-Samarie a été rebaptisée ‘Cisjordanie’ par les Jordaniens en 1950.
    2.    La seule fois où les juifs ont été interdits de vivre en Judée-Samarie malgré plusieurs millénaires de présence, fût entre les années 1949 et 1967, lorsque la Jordanie occupait illégalement la Judée-Samarie.
    3.    Les localités juives construites sur la terre ancestrale du peuple juif couvrent environ 1.7% de la superficie de la Judée-Samarie
    4.    Environ 75 à 80% des israéliens vivant en Judée-Samarie vivent à proximité ou le long des lignes qui séparent Israël de la “Cisjordanie” contrôlée illégalement par la Jordanie avant la guerre de 1967. Ces zones pourraient être facilement incluses sur le coté israélien en contrepartie d’un léger échange de terres.
    5.    88% des arabes vivent sous administration palestinienne (AP) couvrant 40% de la Judée-Samarie. Israël administre actuellement 60% de la Judée-Samarie connue sous le nom de “Zone C”.Dans cette zone quasi vacante résident 2% d’arabes et fait l’objet de négociations par étapes intermédiaires prévues par le processus d’Oslo.
    6.    Aucune frontière internationalement reconnue n’a déjà séparé Israël de la Judée Samarie [3]. Si futures frontières il y a elles devront être négociées pour arriver à une paix durable entre les deux parties.
    7.    Le nombre des localités juives en Judée-Samarie est restée la même depuis la signature des accords d’Oslo en 1993, les constructions supplémentaires le sont dans les localités existantes pour pallier à l’augmentation de la population. [4].
    8.    Les efforts de l’Autorité palestinienne pour améliorer l’ordre public notamment grâce à l’aide israélienne et américaine a rendu possible la prospérité, et l’Autorité palestinienne a pu commencer à construire sa première ville à infrastructure planifiée-Rawabi.
    9.    Jamais aucun état arabe et encore moins palestinien n’a jamais existé avant dans cette région, avant que les Etats-Unis, l’Europe et d’autres nations aient le souhait en créer un. Israël ne s’y oppose pas sous certaines conditions.
    10. 1.3 millions de citoyens arabes israéliens vivent en sécurité et véritablement en paix en Israël. De la même manière les juifs devraient avoir la possibilité de vivre en sécurité dans n’importe quel pays arabe, que ce soit en Arabie Saoudite, en Syrie ou tout autre pays arabo-musulman ainsi que dans le futur état proposé. [5]

Notes :
[1] Nous parlons ici des populations juives arabes jusqu’à la moitié du 19e siècle. L’arrivée des pionniers bâtisseurs a entrainé une immigration massive d’arabes venant des pays alentours qui aujourd’hui demandent à être reconnus comme autochtones
[2] Berceau et terres ancestrales du peuple Juif n'ayant jamais eu aucune autre souveraineté nationale, mais cependant envahis à plusieurs reprises depuis l'expulsion des Juifs par les Romains, par les Byzantins, les Croisés, les Ottomans, le Mandat britannique, et durant les dernières périodes l'immigration massive d'arabes des pays voisins profitant la manne sioniste.
[3] La propagande et la désinformation utilisent en méconnaissance du dossier le terme de frontières de 1967
[4] Augmentation naturelle de la population juive dans les implantations existantes, que l’on fustige comme une volonté de colonisation de la part des israéliens et qui d’après le discours de certains serait illégale on ne parle pourtant jamais de colonisation “palestinienne” dans ces territoires disputés soumis à l’accord de négociations alors que la population musulmane a une croissance trois fois supérieure, et construit de nombreuses unités d’habitation contrevenant ainsi donc pour parler le même langage à ces mêmes accords d’Oslo.
[5] A plusieurs reprises l’Autorité palestinienne a émis le souhait d’un futur “état palestinien” exempt de toute présence juive “judenrein” qu’elle soit civile et militaire comme à Gaza par exemple ou encore comme dans la majorité des pays arabo-musulmans.

Source (vous pouvez y visionner un diaporama sur cette même question) :


La paix mais à quel prix ?

Bruxelles – Après plusieurs années sans dialogue direct entre le gouvernement israélien et l’Autorité Palestinienne, les deux parties, se sont finalement assises ensemble pour reprendre les pourparlers de paix la première semaine d’août à Washington D.C, réunion orchestrée par le ministre américain des affaires Etrangères John Kerry. Bien que la CEI n’ait cessé de prôner ce genre de dialogue entre les deux parties, plutôt que des actions unilatérales, nous sommes restés très prudents pour veiller sur quelle mesure peut réellement conduire à une paix durable. Alors que le dialogue vient juste de reprendre, nous pouvons déjà faire les observations suivantes:
-       Il n’y a à l’heure actuelle aucun leader palestinien. Alors que le Fatah s’engage dans un dialogue de paix, l’organisation terroriste du Hamas, qui contrôle Gaza, et qui refuse de reconnaitre l’Etat d’ Israël et reste bien décidée à éliminer l’Etat Juif, n’est pas présente dans ces pourparlers. Atteindre un accord de paix avec une seule faction des Palestiniens, à savoir le Fatah, ne pourra conduire à la paix en Israël.
-       Une culture de haine reste profondément ancrée dans la culture Palestinienne par le biais du système éducatif, des media et des structures religieuses. A moins que cette racine de haine ne soit arrachée, il ne pourra y avoir de véritable paix et réconciliation entre Juifs et Arabes. La CEI a recommandé à plusieurs occasions que l’UE investisse dans une éducation pour la paix dans les territoires Palestiniens, semblable à ce qui s’était passé dans le processus de paix de l’Irlande du nord dans les années 1990. Mais il n’y a eu aucune réaction de l’UE qui refuse de reconnaitre un quelconque problème.
-       Tout accord de paix entre Israël et les Palestiniens devra garantir le droit au peuple juif de rester en Judée et en Samarie. Ce droit est garanti par le droit international par le Mandat pour la Palestine de 1922, Article 80 de la Charte de l’ONU. Une présence juive en Judée et en Samarie n’est pas un obstacle à la paix mais a plutôt été source de quelques 60.000 emplois pour les Palestiniens.
-       Un futur accord de paix entre Israéliens et Arabes devra être fondé sur une volonté de vivre ensemble dans la paix et la réconciliation et non totalement séparés. La vision de Mahmoud Abbas d’un Etat Palestinien “débarrassé de tout juif” est inacceptable, mais doit être fortement réprimandé par la communauté internationale.
-       Il n’existe pas de meilleure garantie pour une Jérusalem ouverte et partagée qu’une Jérusalem capitale d’Israël sous souveraineté israélienne. Cet arrangement donne accès à la vieille ville de Jérusalem à tous les différents groupes religieux présents sur place et leur donne accès aux différents lieux de culte saints. Les Palestiniens quant à eux exigent le plein contrôle de la Vieille Ville de Jérusalem (qui comprend la Jérusalem Est) et l’évacuation de tous les juifs serait une trahison des promesses faites au peuple juif et violerait le principe même du droit international.
Le but ultime des pourparlers de paix est de mettre un terme à tout conflit et à toutes revendications- pas de créer un Etat Palestinien. Dans une interview au Daily Star du Liban de Septembre 2011, L’Ambassadeur Palestinien au Liban Abdullah Abdullah déclarait:
“Lorsque nous aurons un Etat reconnu comme membre aux Nation Unies, ce ne sera pas la fin du conflit. Ce n’est pas une solution au conflit. Ce ne sera que le cadre qui changera la donne pour de nouvelles règles du jeu.”
Alors que nous continuons de prier pour la paix de Jérusalem, nous ne pouvons rester les yeux fermés à toutes ces réalités qui sont en contraste total au désir de paix. En 2011, nous avons produit une vidéo devenue très populaire intitulée ”Donnez une chance à la Paix ” qui examine les préconditions pour la paix entre Israéliens et Palestiniens. C’est une bonne occasion de faire passer la vidéo à toute personne intéressée par le sujet mais qui n’ont pu identifier les véritables enjeux difficiles qui restent encore à résoudre. Vous trouverez ICI la vidéo ainsi qu’un article récent de Tomas Sandell dans le Journal Times d’Israël ICI sur le contexte du tournage et sur l’influence que ce film a déjà eu sur le processus de paix.
Source : Coalition européenne pour Israël, rapport mensuel août 2013



mardi 30 juillet 2013

Une lettre à Catherine Ashton ... et plus

L'Europe semble avoir une facilité déconcertante à montrer Israël du doigt pour des choses -alléguées !- qu'elle tolère sans aucun problème de conscience dans d'autres états. La lettre suivante est une réaction à cela, pointant du doigt l'hypocrisie européenne.
La lettre suivante n'est pas seulement un exercice littéraire humoristique. Les Palestiniens coûtent cher au contribuable européen (donc à vous et moi) et l'argent qui leur est donné si généreusement ne semble pas être accompagné d'un contrôle rigoureux. Comment est-il possible que les subsides européennes n'ont aucune influence sur le programme des écoles palestiniennes, où est enseigné la haine du Juif et d'Israël ? A ce rythme, on ne sortira jamais du problème ! Comment est-il possible que les dirigeants politiques palestiniens s'enrichissent sur le dos de leur peuple ? (Voir l'article suivant : http://www.israel-flash.com/2013/07/video-700-millions-de-detournes-par-abbas-plainte-contre-lui-a-la-cour-penale-internationale-par-dahlan/#axzz2aQfKfWOx
Je vous laisse savourer le courrier suivant.

PERSONNEL ET CONFIDENTIEL
Madame Catherine Ashton
Haute Représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et Vice-président de la Commission européenne
Bruxelles
Excellence,
Parce que nous nous sommes rencontrés, il y a quelques années, à Ankara, au moment de l’invasion de l’Irak et son bombardement de maisons de civils par la Turquie, parce que le Premier ministre Erdoğan croyait que les militants du PKK y étaient hébergés, je me sens encouragée à vous écrire directement de Turquie.
Vous vous souviendrez que je venais d’être licencié de mon poste de fonctionnaire du protocole principal de la République d’Azerbaïdjan par les autorités d’occupation arméniennes.
J’ai plusieurs questions concernant la nouvelle directive «Lignes directrices sur l’admissibilité des entités israéliennes et leurs activités dans les territoires « occupés » par Israël depuis Juin 1967 Pour les subventions, les prix et les instruments financiers financés par l’UE à partir de 2014. »
1. Mon activité principale est établie (tel que défini dans la directive) au nord de Chypre, territoire occupé par la Turquie, mais j’emploie une personne dont l’arrière-grand-père vivait à Hébron en Cisjordanie pendant les 19 années de l’occupation jordanienne lorsque toute la zone était ethniquement nettoyé des Juifs . Suis-je admissible à une subvention de l’UE pour payer son salaire?

2. J’ai une deuxième entreprise, constituée et établie pour raisons fiscales, à Rabat, mais qui se trouve physiquement dans le Sahara Occidental occupé par le Maroc. Nous fabriquons des drapeaux de prière pour un client important basé au Tibet occupé par la chine, mais le camion de livraison est tombé en panne alors qu’il traverse la Jordanie, où le roi Hussein, au moment de notre constitution, a dit que c’était la Palestine. (Je crois que sa déclaration exactement était, « La Jordanie est la Palestine, et la Palestine est la Jordanie.») En raison de la nature de l’urgence de l’expédition, nous avons contracté un accord avec une entreprise de camionnage dirigée par des personnes hassidiques de Beitar Illit en Judée ou comme vous préférez l’appeler la Cisjordanie occupée. Ils me réclament le paiement d’avance dans la monnaie déjà utilisée dans l’ouest de la Géorgie avant l’invasion russe. Sommes-nous admissibles à un prêt à court terme de la Banque européenne d’investissement?

3. J’ai une troisième entreprise que ma grand-tante juive a créée dans l’ancien quartier juif de Jérusalem le jour même où le général Allenby est arrivé avec les forces britanniques dans leurs efforts de protéger les civils d’Albion a des milliers de kilomètres de l’agression de l’Empire ottoman (Bien sûr, c’était avant que cela ne devienne un crime international pour les juifs de vivre à Jérusalem-Est.) Cette entreprise exporte du pastis à des clients basés en Corse occupée par la France et aussi à Bilbao au Pays basque espagnol occupé. Si j’établis une société fictive à Gibraltar occupé par les Britanniques, mon pastis répondra-t-il aux spécifications de l’Union européenne, ou vais-je devoir l’expédier aux Malouines pour ré étiquetage?

Je suis tellement reconnaissante de votre attention à cette question. Je reste un fan dévoué de votre vision claire sur l’avenir de la civilisation telle que nous la connaissons.
Vos nombreuses déclarations sur l’éthique de la profession et la nécessité de maintenir la primauté du droit international à travers le cosmos ont été une source d’inspiration pour beaucoup d’entre nous. J’ai hâte de vous rencontrer quand vous viendrez à Riyad à l’automne à la Conférence internationale des droits de la Femme.
Permettez-moi, Excellence, de vous renouveler les assurances de ma très haute considération.
Salutations distinguées
Ağcabədi Ağdaş
Président et chef de la direction financière

Bərdə Beyləqan Biləsuvar, Ltd

Cette Lettre, écrite par Irène, est GENIALE …. 
Traduction : Jean Vercors – rédaction israel-flash
Copyright © Israël Flash - Reproduction autorisée avec la mention et un lien vers la source
http://www.israel-flash.com/2013/07/comment-catherine-ashton-devrait-repondre-a-cette-question/#ixzz2aQeOcjCu


Il faut ajouter à ceci une chose troublante et grave, et sans humour aucun, qui est assez systématiquement ignorée de par chez nous :
Les musulmans palestiniens éliminent les chrétiens palestiniens de Terre Sainte
Cela n'est pas nouveau. Il suffit de chercher d'anciennes statistiques sur la présence chrétienne arabe et de la comparer avec les statistiques actuelles. D'une moyenne de 20%, on en est arrivé à environ 1%. L'article suivant relate la réalité actuelle.


Bientôt, la Terre Sainte lieu de naissance du Christ sera vidée de ses habitants chrétiens. Il est temps que le clergé chrétien d’Occident cesse de se mentir. A refuser de voir la réalité, il ne fait que renforcer le Hamas et l’Autorité Palestinienne dans leur projet de rendre les zones qu’ils administrent entièrement musulmanes.

En 2005, le rapport annuel sur les entorses aux droits de l’homme produit par le Département d’Etat américain reconnaissait des sévices sur des palestiniens chrétiens par des individus et par des institutions palestiniennes, telles que le gouvernement et la police. Le rapport établissait que :

L’Autorité judiciaire palestinienne a refusé de se prononcer sur de nombreux cas de saisies de terres appartenant à des chrétiens par des gangs criminels dans la région de Bethléem.
Il y eut des informations crédibles selon lesquelles les forces de sécurité de l’AP et des fonctionnaires judiciaires étaient de connivence avec des membres de gangs pour extorquer illégalement les biens des chrétiens. Plusieurs attaques contre les chrétiens de Bethléem n’ont pas suscité de réactions de la part de l’Autorité Palestinienne, mais les autorités ont enquêté sur des attaques contre des musulmans dans la même zone.
Environ à cette époque, un prêtre Romain Catholique de Ramallah déplorait que son expérience lui prouvât que les musulmans palestiniens ne voulaient pas que des chrétiens vivent parmi eux.

Puis il y eut des attaques contre les chrétiens et leurs biens par nos camarades palestiniens à la fois en Cisjordanie et à Gaza, faits qui furent très peu répercutés dans les médias occidentaux. Un responsable de la Société Biblique, Rami Ayyad a été enlevé et assassiné par des jihadistes à Gaza. Le YMCA (Young Men Christian Association) dans la ville cisjordanienne de Qalqilya a été incendié, tout comme les écoles confessionnelles de la bande de Gaza.

Le flot continu d’informations sur le harcèlement et la persécution des chrétiens palestiniens par d’autres palestiniens est venu de plus en plus des palestiniens eux-mêmes, notamment du journaliste israélo-arabe basé à Jérusalem Est, Khaled Abu Toameh
Abu Toameh risque sa vie pour relater les différents aspects cachés de l’Autorité palestinienne. Il rend compte de la corruption au sein de la direction de l’AP, des effets de la gouvernance chaotique et du gaspillage, et la façon dont les dirigeants palestiniens parlent de paix aux oreilles occidentales toujours avides, tout en incitant (en langue arabe) leurs citoyens à croire que leur voisin juif peut être éliminé.
Khaled Abu Toameh a couvert en détail le traitement subi par les chrétiens palestiniens de la Cisjordanie et de Gaza. Il insiste sur le fait que l’hémorragie des chrétiens de Terre Sainte n’est pas due, comme bien des gens voudraient nous le faire croire, à «l’occupation» israélienne, mais à leur marginalisation croissante de la part de voisins qui utilisent leur pouvoir pour désavantager les chrétiens.

Ensuite, il y a la crainte croissante que le faible régime du Fatah de Mahmoud Abbas en Cisjordanie puisse céder à tout moment à un coup d’Etat du Hamas. Si cela se produit – étant donné ce que l’on sait du Hamas – cela pourrait sonner le glas du christianisme dans les Territoires palestiniens. La semaine dernière, Abbas a autorisé des fondamentalistes musulmans à se pavaner dans les rues de Ramallah. Pourquoi ?

Et voilà qu’une autre source d’information sur les réalités de la vie des chrétiens palestiniens se fait entendre. Les palestiniens dans les territoires se prononcent sur les injustices que des palestiniens font subir à d’autres palestiniens. Ils le font au péril de leur vie à qui veut l’entendre.
Une jeune femme chrétienne palestinienne – qui a dû fuir sa maison en Cisjordanie parce qu’elle a osé contester le récit qui tient Israël pour responsable de tous les malheurs palestiniens – a parlé à des publics divers avec ou sans confessions au Royaume-Uni et en Europe sur la pauvreté et la misère inutile que des années de mauvaise gestion et de corruption ont occasionné à tous les Palestiniens. Elle a également rendu compte de la discrimination subie par les chrétiens palestiniens aux mains de nos frères palestiniens parlant à la fois de sa propre expérience et de celle de ses amis.

Lors d’une récente réunion dans les Midlands, elle a raconté comment, en début d’année, un étudiant a été roué de coups par ses camarades de classe dans une salle de classe et en présence de l’enseignant, sans qu’aucune mesure ne soit prise contre les auteurs. Son crime ? Refuser de renoncer à sa foi chrétienne pour adopter l’islam. Elle raconte la façon dont elle et d’autres étudiantes chrétiennes ont été harcelées sexuellement par des garçons musulmans sur le chemin de l’université parce que, contrairement aux jeunes filles musulmanes, elles doivent partager les transports en commun avec les garçons.
Et ce qui donne encore plus froid dans le dos, est ce qu’elle rapporte sur des hommes d’affaires palestiniens chrétiens qui ont été assassinés parce qu’ils refusaient de payer l’argent de protection exigé par ce qui lui semble être la «mafia palestinienne».
Bien que dérangeants, les témoignages de gens comme cette jeune femme et ce journaliste Khaled Abu Toameh font du bien parce qu’ils brisent la conspiration du silence qui dure depuis des années. Beaucoup de chrétiens palestiniens ont affirmé que leurs relations avec leurs voisins musulmans sont des plus cordiales, qu’ils sont palestiniens d’abord et avant tout, unis contre leur ennemi commun (juif). Pourtant, l’exode régulier des palestiniens des territoires qui sont au jour le jour sous contrôle d’autres palestiniens suggère que quelque chose d’autre se passe.

Que les dirigeants palestiniens chrétiens ne soient pas disposés à admettre en public ce qu’ils reconnaissent avec certitude en privé n’est pas clair : la peur de représailles de la part de leur gouvernement, des voisins et même de leur famille doit avoir une certaine incidence sur cette situation. Néanmoins, c’est une catastrophe pour le christianisme dans les Territoires palestiniens. Comme Abou Toameh le dit : «En ne parlant pas ouvertement du problème, les dirigeants chrétiens encouragent les auteurs à poursuivre leur harcèlement et leurs agressions contre les familles chrétiennes».

Néanmoins, l’action du Hamas ne peut pas être comprise par tout le monde. Le respect de l’opinion et de la culture de minorités comme celles des chrétiens de Gaza n’a pas sa place dans leur pensée. C’est peut-être pourquoi il a été signalé par des chrétiens de Cisjordanie et par Abu Toameh que «sur les 600 chrétiens de la bande de Gaza qui sont arrivés en Cisjordanie au cours des deux dernières semaines pour célébrer Noël, des dizaines ont demandé à s’installer en Israël parce qu’ils ne se sentent plus à l’aise à vivre sous l’Autorité palestinienne et le Hamas».

Il est temps pour les églises d’Occident cessent de se mentir à elles-mêmes et cessent de duper leurs congrégations en leur faisant croire que la réduction effroyable du nombre de chrétiens au Moyen-Orient est en quelque sorte la faute de l’Etat juif. L’avenir du christianisme dans le pays où il est né sera effectivement sombre, tant que les chrétiens occidentaux éviteront de tenir les dirigeants palestiniens responsables de ce qui arrive aux chrétiens palestiniens qui sont sous leur contrôle.

Haifa Diarist
Traduction Nancy Verdier
© Copyright Europe Israël – reproduction autorisée avec mention de la source et lien actif


vendredi 10 mai 2013

La conscience et l'uniforme


Comment est-il possible que tout régime haineux trouve des hommes et des femmes pour exécuter sa sale besogne ? Comment est-il possible que des soldats perdent toute conscience pour obéir aux ordres sans se poser des questions ? Des soldats romains qui tuèrent les enfants de Bethléhem jusqu’aux soldats de Videla en Argentine qui arrachèrent les enfants à leurs parents pour ensuite liquider les parents, des soldats allemands qui pouvaient jouer du Mozart pour ensuite faire la chasse aux Juifs jusqu’aux soldats modernes, de blanc vêtus, qui arrachent les bébés aux ventres de leurs mères.
L’uniforme sied si bien et va pourtant si mal aux hommes.  Dès qu’il revêt l’uniforme, l’homme semble sacrifier sa conscience individuelle à une conscience commune soumise à l’idéologie du jour. Lui qui est si multiforme par nature devient uniforme et, osons le dire, laid. Même devant les pires atrocités il semble devenu incapable de reculer. Il agit sous ordres. Se rebeller ? Cela coûte trop cher. Il pourrait y perdre son gagne-pain, son “honneur”, voire sa vie. Il est donc devenu esclave, la plupart du temps par son libre choix. Car même lorsqu’il a été enrôlé, il peut encore dire non. On peut toujours dire non. Mais on ne peut pas toujours survivre au non.
L’uniforme n’est pas seulement extérieur. Il est même essentiellement intérieur. On choisit d’aliéner sa conscience en acceptant qu’une idéologie façonne son âme. Et après ? Le pas qui conduit de cette acceptation jusqu’au mépris de ceux qui pensent autrement est étonnamment petit. Et quand toute une société devient ainsi philosophiquement, culturellement, uniforme, le brasier est prêt à être allumé. Le régime trouvera ses exécutants parce que ceux-ci ont déjà capitulé. Ils ont été éduqués, manipulés, drillés pour être débité en exemplaires uniformes. De là à accepter l’horreur, il ne manque plus que la première fois. C’est souvent le moment du choix final. Mais, en général, on n’a plus les tripes pour en faire grand cas. Après, la cautérisation de la conscience est une question de temps et d’habitude.
Parmi les idéologies qui abrutissent on peut mentionner le communisme, le capitalisme, le national-socialisme, le patriotisme et l’hédonisme. On doit sans doute y ajouter les religions quand elles se muent en idéologie, comme le Catholicisme d’un passé à peine révolu ou l’Islamisme actuel. Leur influence et le chemin de leur inculturation ont été décrits avec lucidité par David Breese :
Il est fascinant d’étudier les moyens par lesquels une personne est capable d’en conduire beaucoup d’autres. Ce genre de contrôle s’explique toujours par l’influence de la pensée. Tout dirigeant, peu importe ses armes ou sa richesse, est obligé d’exercer son contrôle par d’autres moyens. Il doit conduire par la persuasion, qui est l’arme ultime par laquelle on peut effectuer et maintenir son influence sur une culture donnée. Le dirigeant vraiment puissant doit influencer la pensée des gens.
Dans ce but, il doit générer dans la pensée des autres quelque chose de bien plus forte et contraignante que ce que nous avons l’habitude d’appeler une idée. Cette “chose” qu’il doit générer dans la pensée des autres existe réellement sous la forme d’une construction mentale. C’est une image qu’on implante dans la pensée d’autrui qui a le pouvoir de devenir un objet de préoccupation, ensuite de concentration et ensuite—oserons-nous le dire—d’adoration. Il faut produire dans la pensée de ceux qu’on veut influencer un genre de petit dieu. Ce dieu de la pensée est une “vraie chose”, implantée dans la mentalité de gens qui ne se doutent de rien. Cette “vraie chose” peut ressembler extérieurement à Marx, Lénine ou Freud, mais, en réalité, c’est une chose indépendante. Au-delà des limites d’une personnalité ordinaire, elle prend les allures d’une divinité. C’est peut-être la raison qu’une des interdictions les plus fermes de la Bible se trouve dans l’ordre suivant : “Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi.”
[…] Des hommes qui gouvernent le monde à partir de leurs tombes continuent à nous marquer de leurs philosophies. Nous n’avons pas la présomption de les appeler “d’autres dieux”, mais nous ne pouvons nous empêcher de noter que la révérence qu’on a devant eux dépasse de loin ce que mérite un être humain. On les appelle “ceux qui ont transformé le monde”, “de grands penseurs”, “des hommes aux concepts sublimes”, “des hommes imprégnés du divin”, “des créateurs”, “les gardiens du futur” et autres noms semblables. Certains sont allés au point de répudier tout prédécesseur, en engendrant “une nouvelle école de la pensée” et même, “une nouvelle humanité”. Parmi eux, il y en a sept qui ont ouvert le chemin d’une nouvelle façon de penser qui a profondément influencé les générations suivantes. On peut les appeler les pères d’un nouveau “Zeitgeist”, d’un nouvel esprit du temps. Ils se sont glissés dans la pensée et même dans les imaginations (ce qui est parfois encore plus important) de dizaines de millions de gens en recherche, tant dans leur époque que dans les générations après eux. [1]

Est-il possible d’abandonner l’idéologie qui a capturé notre conscience, de se “désuniformiser” ? Enlever l’uniforme extérieur est de loin le plus facile – et c’est déjà difficile ! Mais reconnaître l’uniforme intérieur et s’en défaire requiert un miracle, une conversion, une libération, un séisme spirituel. Puis-je suggérer qu’il n’y a que le Charpentier de Nazareth capable d’opérer cela dans le cœur humain ? Pourquoi ? Parce qu’il y faudra la vérité et la justice et qu’il est le seul à les avoir révélées par sa vie, ses paroles, sa mort et sa résurrection. Il a dit : “Si vous vous attachez à la Parole que je vous ai annoncée, vous êtes vraiment mes disciples. Vous connaîtrez la vérité, et la vérité fera de vous des hommes libres. … Si donc c’est le Fils qui vous donne la liberté, alors vous serez vraiment des hommes libres.” (Jean 8.31,32,36) Lui seul peut purifier notre conscience salie et enlever notre culpabilité. Lui seul pardonne, renouvelle et transforme.

PS
Un Chrétien ne devrait donc pas choisir l’uniforme ? Cf. Chrétiens, et rien d’autre !, sur mon site sous l’onglet Connaître.



[1] Dave Breese, Préface de Seven men who rule the world from the grave, Chicago: Moody Press, 1990. L’ensemble de la préface se retrouve sur mon site www.croiretcomprendre.be
Breese analyse la pensée de sept hommes “qui règnent sur le monde à partir de leur tombe”. Parmi eux, je mentionnerai les cinq suivants :

  • ·         Charles Darwin, qui a avancé et codifié le principe que l’évolution est le secret derrière l’origine des espèces.
  • ·         Karl Marx, le concepteur et le moteur de la philosophie du Communisme moderne.
  • ·         John Dewey, qui a développé un système éducatif humaniste, centré sur l’expérience et au prix de toute vérité absolue.
  • ·         Sigmund Freud, qui a avancé l’idée que l’instinct sexuel est le moteur derrière toute action humaine.
  • ·         John Maynard Keynes, l’avocat des mesures pour réduire le chômage et pour développer l’économie qu’on retrouve aujourd’hui derrière la politique des déficits budgétaires de nos gouvernements.
Les deux autres sont Julius Wellhausen et Søren Kierkegaard. On aurait pu y ajouter Friedrich Nietzsche.

vendredi 29 mars 2013

L'écologie intégrale


L’écologie est, littéralement, la science de la maison. La maison, c’est notre habitat, notre maison commune. L’économie est, de nouveau littéralement, la loi de la maison. Oubliez-en le sens moderne, icije me limiterai à ce seul sens archaïque. L’écologie conduit à l’économie. Parfois, elle descend à l’économie. Elle cherche à faire loi ce qui n’est que le résultat d’une idéologie concernant notre maison commune.
L’exemple type de ce processus est tout ce qui entoure la question du réchauffement climatique. Dans ce domaine, pour que l’écologie puisse devenir loi juste, car justifiée, il faut qu’elle ait établie au-delà du doute raisonnable :

1.       Qu’il y ait réchauffement climatique, ce que les statistiques ne prouvent pas actuellement;

2.       Que ce réchauffement ait une origine humaine, ce qui est une question purement théorique, puisqu’il n’y a pas de preuve irréfutable d’un réchauffement climatique. Mais, juste pour l’argument, il paraît que l’influence humaine sur le climat est négligeable.[1]

3.       Que l’humanité puisse influer par des mesures importantes sur le climat. Ce que personne ne peut prouver actuellement. Si Kyoto était intégralement appliqué, l’influence sur la température en 2050 serait d’un piètre 0,02° ![2]

Autrement dit, les mesures énormes proposées pour réduire le CO² ne sont pas le résultat bien raisonné de l’écologie, mais d’une idéologie, d’une écologie qui tourne fou.

Ce n’est pourtant pas du climat que cet article veut parler. Le climat n’est qu’un exemple manifeste de la capacité humaine et scientifique de se laisser emballer par une question théorique. Une fois que les médias et les politiques rejoignent une telle science et libèrent des milliards de dollars pour une cause imaginaire, le train avance tout seul. Et malheur à ceux qui osent mettre en doute le credo du moment. L’idéologie a toujours eu un faible pour les méthodes de l’Inquisition.
Le danger de l’angle mort !

L’écologie est, à raison, très concernée par la survie des biotopes dans un monde géré par la seule recherche du profit. Un progrès qui se fait aux dépens des pandas, des baleines et des abeilles, pour ne parler que d’eux, est un progrès vicié à la base. Quand le progrès ne respecte plus notre maison commune, il devient un dieu destructeur.

Cependant, l’écologie a besoin d’intégrer l’ensemble du monde vivant dans son combat. Citons un exemple : Aux USA, détruire l’œuf d’un aigle peut être puni d’une amende de 10.000 dollars et de deux ans de prison. Mais “tuer dans l’œuf” un être humain est légal et tristement banal. Au point qu’aujourd’hui dans le monde environ 25% des enfants conçus sont avortés. Il est vrai qu’il est peu probable de voir une démonstration de pandas géants ou de gorilles des montagnes dans les rues de Bruxelles, réclamant que maman gorille ou panda puisse être maîtresse de son propre ventre. Nous, écologistes humains, avons décidé pour elles qu’une politique active de promotion de grossesses est essentielle. L’indifférence des mêmes écologistes pour le sort des embryons humains est une preuve tragique de myopie idéologique.

Pourquoi, les écologistes sont-ils absents des protestations contre l’avortement ? Pourquoi pratiquent-ils une écologie partielle et partiale ? Un aiglon est donc plus important qu’un être humain ? Que l’être humain se trouve broyé par la machine infernale de l’industrie de l’avortement est donc sans conséquence ? Le massacre des bébés phoques est, à juste titre, une honte pour l’humanité. Les dizaines, et probablement centaines de millions d’enfants avortés depuis le vote des lois infâmes de l’avortement, ne sont-ils pas une honte encore bien plus grande ? Lutter contre l’un et laisser faire l’autre, n’est-ce pas une forme de schizophrénie ? Notre maison commune survivrait à cela ?
 
Avoir légalisé l’avortement, le promouvoir et chercher à l’imposer à ces pays qui sont encore enfermés dans ce qu’on appelle avec dérision un conservatisme désespérément démodé est l’exemple le plus affreux d’une idéologie devenue économie. Le respect de la vie se doit d’être intégral. Nous ne pouvons défendre l’embryon humain et détruire la nature qui devra lui servir de maison. Et nous ne pouvons défendre les pandas, les baleines et les abeilles tout en restant amorphes devant le massacre des hommes. L’écologie doit être intégrale, ou elle ne sera pas.

Le respect de la nature ne peut être partial.






[1] Voir les articles du professeur norvégien Tom V. Segalstad à http://folk.uio.no/tomvs/esef/esef0.htm.


[2] L’affirmation est de Dr Hans Labohm, un économiste spécialisé dans les questions climatiques lors d’une conférence à Bruxelles il y a quelques années. Voir le site suivant : http://notrickszone.com/2012/12/07/dr-hans-labohm-on-scepticism-in-europe-the-tide-is-turning-very-much-alive-and-kicking/

jeudi 14 mars 2013

Ce que le nouveau pape ne sera pas


Prenant de court tous les spécialistes et autres “papateurs”, le conclave a accouché d’un nouveau pape presqu’inconnu. C’est une occasion rêvée pour les mêmes commentateurs de nous dire ce que sera, ou devrait être, le nouvel occupant du trône de Saint Pierre. Chez nous, cela se fait à grand renfort de spécialistes de tout aloi, même si les “modernes” ont manifestement la côte de notre RTBF national, à côté des représentants du culte laïc qui y sont tout particulièrement en odeur de sainteté.
  • Soit dit en passant pour les lecteurs non-belges : En Belgique, l’état reconnaît et subventionne plusieurs cultes. Parmi eux se trouve aussi “le culte” laïc qui organise d’ailleurs, tout comme les autres cultes, des baptêmes, des mariages, des funérailles etc. Quand on invite des responsables de culte à débattre sur une question de culte, comme les événements autour de la démission et de l’élection du pape, on invite régulièrement, et parfois majoritairement, des représentants du culte laïc dont l’opinion sur un problème catholique interne est apparemment jugée incontournable.

Permettez-moi de ne pas ajouter mon grain de sel à la discussion de ce que devrait être le nouveau pape. Je ne suis pas Catholique et ce n’est donc pas à moi d’en parler. Non pas qu’il n’y aurait rien à dire. A entendre ce que la Radio et Télévision belge juge important de faire passer comme message, j’ai l’impression qu’on voudrait surtout que le prochain pape soit tout sauf … catholique ! Qu’il parle des pauvres, très bien. Mais qu’il soit un conservateur sur le plan éthique, quelle idée épouvantable ! Pourtant, qu’on le veuille ou non, l’éthique catholique, celle qui est enseignée par le catéchisme officiel de l’Eglise catholique est une éthique diamétralement opposée à ce que nos pays occidentaux voudraient rendre obligatoire, dans un élan “démocratique” (démoncratique ?) remarquable. En tant que pasteur protestant, les positions éthiques du pape précédent, comme probablement celles du nouveau pape sont justement la chose par excellence (la seule chose ?) où entre Chrétiens d’obédience différente on peut, et on devrait, se retrouver.

Cela étant dit, j’aimerais dire ce que, de toute façon, le nouveau pape ne sera pas.

Il ne sera pas le chef de la Chrétienté
On oublie parfois un peu vite dans nos pays à arrière-plan catholique, que la Chrétienté n’est pas que catholique. Le pape est tout juste le chef de l’Eglise catholique. Une Eglise de plus d’un milliard de chrétiens? Je l’ignore. La statistique est un domaine difficile. Et le monde n’est plus ce qu’il était, y compris le monde catholique. Le nouveau pape, sera-t-il le chef de tous les Catholiques ? On devrait en douter, et notamment sous nos latitudes. Un pape “conservateur” ne sera pas suivi comme chef par les Catholiques libéraux et modernes, ni un pape libéral par les Catholiques conservateurs. Et combien y a-t-il aujourd’hui de Catholiques qui sont en fait leur propre pape ?
Qui est vraiment le chef de l’Eglise ? C’est sans doute un peu dur à admettre, mais la Bible ne laisse pas l’ombre d’un doute : Christ est le Chef de l’Eglise, et il n’a jamais confié cette position à qui que ce soit d’autre. Voici ce que dit la Bible : Le Christ est placé bien au-dessus de toute Autorité, de toute Puissance, de toute Domination et de toute Souveraineté : au-dessus de tout nom qui puisse être cité, non seulement dans le monde présent, mais aussi dans le monde à venir. Dieu a tout placé sous ses pieds, et ce Christ qui domine toutes choses, il l’a donné pour chef à l’Eglise qui est son corps, lui en qui habite la plénitude du Dieu qui remplit tout en tous. (Ephésiens 1.21-23)
Non, il n’y a eu pas de trône vacant pour un vicaire (= remplaçant) de Christ. Et si tant est qu’il y ait un vicaire, ne serait-il pas l’Esprit-Saint ?

Il ne sera pas le successeur de Saint Pierre
Le pape, celui-ci ou un autre, n’est pas et ne sera jamais le successeur de l’apôtre Pierre. Pour la simple raison que l’apôtre Pierre n’a jamais été évêque de Rome et qu’il n’a jamais eu des successeurs. L’Eglise n’est pas fondée sur Pierre. “Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise” (Matthieu 16.18) ne veut pas dire : “Sur toi je bâtirai mon Eglise.” Le Catéchisme de l’Eglise Catholique, œuvre de Jean-Paul II et du futur Benoît XVI, dit au § 424 : “… nous croyons et confessons au sujet de Jésus : ‘Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant’ (Matthieu 16.16). C’est sur le roc de cette foi, confessée par S. Pierre, que le Christ a bâti son Eglise.” Sur quel roc est bâtie l’Eglise, sur le roc de la confession de Pierre, ou sur le roc qu’est l’apôtre ? Le Catéchisme dit en fait les deux. Mais seule la première interprétation a été soutenue au travers de l’histoire et s’accorde avec le reste du Nouveau Testament. La deuxième interprétation est l’apanage de la papauté naissante afin de mieux asseoir son pouvoir.
Aucune promesse n’a jamais été donnée à Pierre au sujet d’un éventuel successeur. Comme il était marié, il a peut-être eu des enfants. Son fils spirituel était Marc, l’évangéliste.[1] Mais l’Eglise ne s’attendait nullement à ce qu’un successeur soit désigné ou découvert. Bibliquement, la question de la succession de Pierre est close.
L’Eglise n’est pas bâtie sur le fondement de Pierre et de ses hypothétiques successeurs. La Bible dit : Dieu vous a intégrés à l’édifice qu’il construit sur le fondement que sont les apôtres, ses prophètes, et dont Jésus-Christ lui-même est la pierre principale. (Ephésiens 2.20)

Il ne sera pas infaillible
Le ministère de Pierre était-il caractérisé par cette capacité remarquable ? De toute évidence, la réponse doit être négative. Là où son jugement était mis en question en matière de foi et de mœurs, en Galates 2, l’apôtre Paul le contestait et l’a forcé à changer sa position. Et lorsque le “concile” de Jérusalem, en Actes 15, s’est réuni pour une question grave de doctrine, Pierre ne le présidait même pas; la question fut finalement tranchée, non par un rappel de sa position à lui, bien que celle-ci était manifestement juste, mais par un appel à l’Ecriture.
Vatican II (Lumen Gentium 25) rappelle que “l’assentiment religieux de la volonté et de l’intelligence est dû, à un titre singulier, au magistère authentique du Souverain Pontife, même lorsque celui-ci ne parle pas Ex cathedra...” Mais quel homme peut supporter un tel poids ? L’histoire et la nature humaine nous répètent suffisamment souvent à quel point l’homme est faillible, même quand il est pape. Il a déjà été vu qu’un pape a été condamné par un concile œcuménique pour hérésie …

Il ne possèdera pas les clefs du Royaume de Dieu
En Apocalypse 3.7, bien après la mort de Pierre, Christ se présente à l’apôtre Jean comme celui qui a la clé de David avec le pouvoir d’ouvrir et de fermer. Apparemment, il n’a pas prêté cette clé à Pierre et encore moins à ses hypothétiques successeurs.
Cependant, “les clefs du royaume” sont bel et bien données à Pierre, et à lui seulement : Je te donnerai les clés du royaume des cieux : tous ceux que tu excluras sur la terre auront été exclus aux yeux de Dieu et tous ceux que tu accueilleras sur la terre auront été accueillis aux yeux de Dieu. (Matthieu 16.19) Comment en voyons-nous l’usage dans le Nouveau Testament ? Comment ouvre-t-il les portes à qui que ce soit ?
En Actes 2, 8 et 10, l’apôtre Pierre est la personne clef dans l’expansion de l’Eglise parmi les Juifs, les Samaritains et les païens (cf. Actes 1.8). Ensuite, dès Actes 13, il disparaît du récit. Ses lettres n’apportent aucune autre lumière sur cette question. N’est-il pas évident dès lors que le pouvoir des clefs concerne le rôle de l’apôtre dans l’évangélisation ? La discussion en Actes 11.1-18 ne va-t-elle pas dans ce sens ? Et en Actes 15.7, Pierre semble tirer la même conclusion.
Personne en dehors de Christ n’a le pouvoir d’exclure quelqu’un du royaume de Dieu. Personne n’a ce pouvoir judiciaire et spirituel dans l’Eglise universelle, sinon Christ seul par son Esprit. Nous serions tentés d’y ajouter : heureusement !

Sera-t-il un Chrétien ?
Quelle question incongrue ! Pourtant, il nous faut poser cette question. Permettez-moi de la poser d’abord dans l’histoire. 
Pie XII était-il Chrétien ? Sans aucun doute si la question veut seulement dire : Faisait-il partie de la Chrétienté. Mais est-ce poser la question de la bonne façon ? Un pape qui laisse son monde (ancien nonce apostolique à Berlin, il connaissait plutôt bien le régime Nazi) exterminer le peuple de Dieu, est-il Chrétien ? Pensez à la parole de Jésus : Alors il leur répondra : Vraiment, je vous l’assure : chaque fois que vous n’avez pas fait cela au moindre de ceux que voici, c’est à moi que vous avez manqué de le faire. Et ils s’en iront au châtiment éternel. Tandis que les justes entreront dans la vie éternelle. (Matthieu 25.45,46)
Jean-Paul II, était-il Chrétien ? Sa devise était : Totum tuus, tout entier à toi. Dit de Christ, cela plaide en effet en faveur d’une foi chrétienne au sens biblique du mot. Mais sa devise concernait la vierge … Alors, Chrétien, ou “Marien” ?
Le nouveau pape a quelques similitudes avec Jean-Paul I, le pape qui n’a pas survécu à ses réformes (qui, elles, ne lui ont pas survécu non plus).[2] Etait-il Chrétien ? Je l’ignore. Mais je suggère que le nouveau pape devrait écrire au-dessus de son lit : “Souviens-toi de Jean-Paul I”.
Sera-t-il Chrétien ? Ce sera son plus grand défi.

Voir sur cette question mon Le Catéchisme de l’Eglise Catholique, un autre  Evangile ? pp 37-49, librement accessible sur mon site www.croiretcomprendre.be.



[1] Cf. Marc 1.30; 1 Corinthiens 9.5, 1 Pierre 5.13
[2] Il faudrait lire absolument le livre de David Yallop, Au nom de Dieu, Christian Bourgois éditeur, 1984.

mercredi 13 mars 2013

Pire qu’une catastrophe nucléaire ? La bombe démographique.


Article supplémentaire à la fin de ce post

Il n’est guère étonnant que pour l’anniversaire de la catastrophe de Fukushima on reparle partout des possibles désastres nucléaires. Encore qu’il ne faut pas oublier que les 19.000 victimes l’ont été principalement à cause du tsunami.

Cependant, pire nous guette ailleurs. Pire qu’une catastrophe nucléaire ? N’est-ce pas exagéré ?

Mara Hvistendahl est correspondante du magazine américain Science, basée en Chine. Elle est l’auteure du livre  Unnatural Selection: Choosing Boys Over Girls, and the Consequences of a World Full of Men (La sélection non naturelle : le choix des garçons à la place des filles et les conséquences d’un monde rempli d’hommes), PublicAffairs 2011. Elle y raconte ce qui se passe actuellement dans un certain nombre de pays, dont les deux nations les plus peuplées au monde, la Chine et l’Inde. Encouragé et rendu possible par les techniques développées et exportées par l’Occident, un drame démographique se joue à nos portes.

Le rapport naturel de naissances se situe entre 104 et 106 garçons pour 100 filles. Ce rapport est tellement stable que tout changement est cause d’inquiétude. Ce rapport change, par exemple, après une guerre, mais revient ensuite aux proportions normales. Cependant, depuis un certain temps, ce taux est sujet à des changements importants et durables. En Chine, il est actuellement de 121/100. En Inde de 112/100. En Géorgie de 118/100 et en Arménie de 120/100. Mondialement, le taux est aujourd’hui de 107/100. De tels taux sont biologiquement insupportables, selon Hvistendahl. Il manque actuellement, depuis les années ’70, quelques 163 millions de filles dans le monde. Ce chiffre correspond à l’ensemble des femmes vivant aux Etats-Unis. La Chine et l’Inde ont chacune entre 20 et 30 millions de jeunes hommes en excès. Des hommes qui ne trouveront pas d’épouse. En Chine, on les appelle les Fenqing, les jeunes gens en colère.

Le résultat ? Ceux qui en ont les moyens se trouveront des femmes là où ils peuvent en trouver. Hvistendahl rapporte le cas de femmes vietnamiennes en vente sur ebay au Taiwan pour 5.400$... D’autres femmes se trouvent de plus en plus forcées dans les circuits de prostitution.

D’où vient le problème ? Il y a la politique chinoise qui limite à un seul le nombre des enfants avec des avortements forcés à la clé. Il faudrait y ajouter les avortements sélectifs devenus possibles avec le développement des échographies (en Asie, plus de 95% de tous les avortements durant ces 50 dernières années étaient des avortements sélectifs afin de choisir le sexe de l’enfant). Et que dire des politiques de Planning Familial, importées de l’Occident parce qu’il faut absolument limiter les naissances, peu importe les moyens – stérilisations forcées, avortements ? Cela ne se passe pas seulement en Orient. Aux Etats-Unis, cela s’étend à certaines couches de la population. La politique de l’avortement sélectif devient peu à peu un argument de vente, telle cette clinique de fertilité à Los Angeles qui annonce : “Soyez sûr que votre prochain enfant aura le genre que vous désirez”.

Ajoutez à cela l’effondrement général des taux de naissances dans nos pays. Le résultat n’est pas seulement alarmant, il est catastrophique. Une véritable bombe démographique est posée sous notre monde. Il n’y a pas que la colère des jeunes gens chinois. Eux ne forment que la petite partie visible de l’iceberg. Une autre colère gronde. Considérez le chiffre suivant: chaque année, environ un quart, 25%, de tous les enfants conçus sont avortés. Non pas parce que la mère est en danger grave. Non, la plupart de ces avortements sont faits pour des raisons peu avouables : le confort, la pression brutale des familles et des pères, la préférence sexuelle. Une société qui hait à ce point ses propres enfants court à la ruine. La colère qu’elle provoque n’est pas seulement celle des hommes. C’est celle de Dieu.  Ce que Dieu dit à Israël dans les prophètes, il le dit à notre monde : “Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu !”

Est-il encore possible de redresser la barre ? Cela semble peu probable. Si déjà c’était possible, il faudrait pour cela opérer un revirement total de la politique pro-avortement bien enracinée dans notre (in)culture occidentale et renoncer au rêve de l’héritier mâle en Orient. Y a-t-il encore le ressort moral pour un tel retournement radical ?  Les tendances actuelles ne nous encouragent pas à y croire. Nous sommes destinés à la perdition et avec le secours des moyens techniques modernes, le monde semble préférer y aller en TGV.

Dans la cathédrale de Durham en Angleterre se trouve un manuscrit avec une collection de proverbes en vieil Anglais, datant du XIme siècle. Un de ces proverbes dit : “L’homme fait comme il est lorsqu’il peut faire comme il veut.” Quand la technique rend possible des horreurs et que les fondements moraux sont sciemment renversés, non seulement l’homme ne fera pas mieux que ces ancêtres, il fera infiniment pire. Et un jour, il lui faudra payer. C. S. Lewis, en son temps professeur à Cambridge, écrit dans son livre Le grand divorce : “Dieu finira par donner aux gens ce qu’ils désirent. Mais ils pourraient ne pas aimer ce qu’ils recevront.”


Le désastre démographique européen – une menace pour le monde ?
Oct 09, 2016

Depuis une quinzaine d’année la France s’enorgueillissait de sa vitalité démographique. Vers la fin des années 2000, elle était un des rares pays développés à approcher le seuil de 2,1 enfants par femme en âge de procréer.

Depuis 2010, c’est reparti en baisse sensible. En 2015, le nombre de naissances en France métropolitaine a péniblement atteint 762,000 contre 802,000 en 2010. L’accroissement naturel n’a été que de 175,000 personnes, le chiffre le plus bas depuis 1945 et le taux de natalité n’était que de 11,9 pour 1000 – le plus bas depuis 1917 quand la natalité s’était effondrée parce que les hommes étaient à la guerre.

2016 ne s’annonce pas mieux avec une baisse de presque 2% des naissances sur les 8 premiers mois de l’année.

Malheureusement les chiffres ne nous donnent pas de répartition religieuse et ethnique – contrairement à la plupart des autres pays développés – donc on peut difficilement dire si cette baisse est générale ou affecte plus certains secteurs.

Il est quand même possible d’avoir une petite idée. Selon l’INSEE, le nombre de naissances dont les deux parents sont nés en France est passé de 583,600 en 2010, à 535,300 en 2015 tandis que les naissances dont les deux parents sont nés hors de l’Union Européenne (essentiellement Maghreb, Afrique etc.) sont passées de 79,659 a 96,750. Si on ajoute les naissances dont au moins un parent est né hors de l’UE – on est passé de 191,000 à 196,000. Tous ces gens hors-UE ne sont pas musulmans, mais en recoupant avec d’autres statistiques c’est la grande majorité et cela n’inclut pas les enfants des musulmans nés eux mêmes en France.

Il semble donc que l’effondrement de la natalité touche les Français dits “de souche” ou d’origine européenne qui s’alignent sur l’ultra-basse natalité générale du continent tandis que la communauté musulmane, supposément 6 à 9% de la population, représente au moins 25% des naissances.

Et dans le reste de l’Europe, la situation n’est guère meilleure. Les Pays-Bas ont une population d’environ 17 millions d’habitants, le double d’Israël, et pourtant ils ont fait en 2015 moins d’enfants que l’Etat hébreu (170,000 contre 180,000). Le pays publie des statistiques ethniques. On apprend que la part de Hollandais ethniques est tombée à 78% en 2015 et que les naissances non-européennes dépassent 20%.

L’Autriche est un pays de 8,7 millions d’habitants, à peu près comme Israël. Le nombre d’enfants n’a été l’an passé que de 84,000. La natalité s’est effondrée au début des années 70 et depuis la croissance démographique est quasi nulle. Mais le pays a quand même connu une croissance démographique de 1,2 million d’habitants. 20% des habitants de l’Autriche sont aujourd’hui immigrants ou fils d’immigrants.

Ces exemples reflètent la situation des 28 pays de l’Union européenne et de ses 510 millions d’habitants. Hors immigration, la croissance démographique naturelle était négative en 2015 – ce qui signifie qu’il y a eu plus de décès que de naissances. Malgré tout, la population a légèrement augmenté grâce à l’arrivée de près de 2 millions d’immigrés extra-européens.  Il y a évidemment des différences entre les pays, certains, à l’est surtout, conjuguent basse natalité et forte émigration, tandis qu’à l’ouest la situation est plus variée au niveau de la natalité (de très basse à juste basse) mais l’immigration (intra et extra européenne) est généralement positive.

Au vu de ces chiffres, certains s’inquiètent d’une possible islamisation de l’Europe et d’un “grand remplacement” de sa population par des immigrés à forte natalité venus d’Afrique et d’Asie. La situation est plus complexe et le risque de voir une Europe musulmane de notre vivant est quasi nulle sauf bouleversement imprévisible. Par contre, cette faiblesse démographique aura de lourdes conséquences économiques et géopolitiques qu’il est aujourd’hui difficile à évaluer.
Sur le plan économique, le Japon nous montre la voie. Premier pays du monde à avoir vu sa population baisser pour cause de non-natalité et refus d’accepter l’immigration, il connait depuis 25 ans une stagnation économique complète couplée à une dette qui dépasse maintenant 200% du PIB. Le PIB par habitant du Japon, autrefois un des plus élevés du monde, est maintenant inférieur à celui d’Israël. Chaque pays réagira différemment, mais ce qui est certain c’est que le vieillissement général entraîne une hausse des dépenses de santé et une baisse de l’innovation et de la créativité. Comme ce qui est en train de se passer est unique dans l’histoire de l’humanité, impossible d’en dire plus pour le moment.

Une chose est certaine par contre, la civilisation occidentale traverse la plus grave crise de son existence et c’est sa survie, au sens physique du terme, qui est remise ne question.



Inde : les avortements sur base du sexe restent légion

Publié le : 26/08/2020

Auteur / Source : I. Bone ; PLOS One


















6,8 millions : tel est le déficit probable de naissances de filles en Inde, pour la période 2017-2030. En cause : la pratique massive des avortements des foetus de sexe féminin.

Dès 1970, on observe en Inde un déséquilibre en ce qui concerne le ratio garçons-filles à la naissance, dû au phénomène des avortements sélectifs sur base du sexe. Selon une étude publiée le 19 août dernier dans la revue scientifique PLOS One, ce déficit se poursuivra dans la décennie à venir, pour atteindre 6,8 millions de naissances avortées de filles entre 2017 et 2030.

A travers leur étude, l'équipe de chercheurs internationaux a pu démontrer que cette tendance est très hétérogène selon les régions (les territoires du Nord-Ouest étant les plus affectés). Parmi les 16 États et territoires indiens étudiés, l'État de l'Uttar Pradesh, le plus peuplé d'Inde, contribuera le plus au déficit des naissances féminines : 2 millions des naissances de filles manqueront entre 2017 et 2030, selon les statistiques.

Préférence pour les garçons

Dans leur analyse, deux facteurs ont été mis en exergue par les chercheurs : la préférence pour les garçons et l'évolution du taux de fécondité sur la période étudiée.

Quant au premier facteur, parmi les motifs pouvant expliquer cette préférence des familles indiennes pour la naissance de garçons, figure la dot, versée par la famille de la mariée. Même si celle-ci a été interdite en Inde depuis 1961, la dot reste une pratique courante, en particulier au sein de la classe moyenne. Celles-ci représentent des transactions estimées à plusieurs milliards de roupies chaque année.

Tests prénataux et avortement

Face à cette tendance, l'Etat indien a pourtant pris des mesures visant à lutter contre l'avortement sélectif. Parmi celles-ci, l'on retrouve l'interdiction faite aux médecins de relever le sexe du futur bébé, afin que l'information ne soit pas connue des futurs parents. Plus encore, en 2016, la Cour suprême a demandé au gouvernement indien et aux propriétaires de moteurs de recherche (Google, Yahoo, Microsoft), de faire en sorte d'empêcher les publicités relatives aux tests prénataux, leur usage étant interdit lorsque celui-ci vise à connaître le sexe de l'enfant.

Les effets de ces mesures restent toutefois limités. L'on note ainsi l'existence de nombreuses cliniques privées proposant des « formules » comprenant la réalisation d'une échographie et l'avortement du fœtus, dans le cas où l'échographie révèle qu'il s'agit d'une fille. Plus globalement, le nombre d'avortements continue d'augmenter, les critères prévus par la loi n'étant pas toujours respectés – notamment du point de vue du délai. Précisons que la loi indienne autorise l'avortement sans condition jusqu'à 12 semaines, et jusqu'à 20 semaines pour des cas particuliers (principalement relatifs à l'état de santé de la mère ou du fœtus).

Eugénisme sur base du sexe ?

Il convient de s'interroger sur le fait de savoir si cette pratique mène à une forme d'eugénisme social, non proprement lié à une anomalie génétique, mais visant à éviter les coûts supplémentaires qu'une fille peut engendrer dans cette culture.

A titre exemplatif, en 2019, sur les 216 naissances enregistrées en trois mois dans 132 villages du district indien d'Uttarkashi, aucune fille n'est née.

Les chercheurs concluent leur étude en soulignant la nécessite de mettre en place des mesures visant à combattre les préjugés sexistes existantes en prenant en compte chaque contexte régional.

Selon les projections de l'ONU, l'Inde deviendra l'Etat plus peuplé du globe au milieu de la décennie 2020.

 

Sources : jurnal.plos.orgallaincevita.orgfrance24.fr